19 septembre 2011
Vice ou versa ?
Déjà ? Déjà deux ans que j'ai pris cette drôle de décision. Le ligoter, le museler, le laisser mourir. De faim, de soif, jusqu'à ce que la moindre possibilité de revivre ne subside. Et même si j'ai la mémoire qui vacille (...)
Mémoire : non non, je vous assure, Elle, je vais très bien ! D'ailleurs votre alimentation (...)
Elle : tais-toi, Mémoire, je ne parle pas de toi, j'écris. C'est la mémoire des émois, celle qui ne peut exister ailleurs que dans mes mots.
(...) je me souviens encore, pourtant.
Au début je luttais contre le terrible déni de ce corps qui se débattait. Un jeûne, aux crampes dévorant les entrailles avant de s'évanouir, laissant place à un vide ouaté.
J'écoutais sans en rire les discours bienveillants me promettant moins de rides et une tension de jeune fille. Gare à moi si je contrevenais à la posologie ! Je répondais - sourire chevillé à la langue - aux appels des anciens, dont la sève bouillonnait au printemps nouveau.
Je me sens liane en désirs si légers, et me balance au sein de pulsations familières, sans qu'elles ne m'étourdissent davantage qu'un petit verre de vin blanc frais.
Ma foi, je survis.
Au meurtre programmé du sexe.
Je vis avec une légèreté charmante, une ivresse tendre. Je suis une virgule, une apostrophe en vice et versa, qui joue un tête-bêche avec mes petits désirs. Ceux d'avant.
Quand je couchais.
Savez-vous pourquoi l'envie de l'écrire me vint ?
L'odeur marine de l'Océan, qui me rappella le sperme d'un que j'aimais. Et j'ai souri, souri, souri...
11 septembre 2010
Mourir, mais à quel étage ?
Détour par ma librairie. Une pas vraiment "intime -rassurante-compétente", mais assez connue du milieu toulousain.
Non, pas la Fn@c quand même !
Rayon psychanalyse ?
Non.
Bon, sociologie ?
(...)
Philosophie ?
(...)
Littérature?
(...)
Décidément c'est étrange !
- Pouvez-vous m'indiquer où vous avez classé Marie de Hennezel je vous prie ?
Rayon "Santé" ? Tout en bas ?
A mourir de rire....
08 septembre 2010
Regard bleu
Je la regarde avec douceur, toute enveloppée de blanc. Sa peau fripée de sillons se teinte de bleu, en camaïeux encore pâles. Elle m'est familière, mais je ne la reconnais pas encore. Malade et gauche, ma main droite se repose dans ses draperies de gaze.
Les heures offertes pour elle seule reposer, me laissent avides d'heures volées, si douces. Livres et cendriers s'amoncellent, quel bonheur que ce temps offert à ne vivre d'autres désirs que les miens. Regarder le vent qui balance les branches fragiles. Sourire de ne pouvoir saisir le sécateur.
Tenter l'apparence, pester et rire. Puis jeter aux orties les atours vraiment trop compliqués à coller à ce corps gauche d'être immobilisé d'un seul petit bout de lui.
Sensation étrange que ce pouce dénervé, où des sillons électriques affleurent. Je joue à le voir palpiter sans en avoir la toute conscience, remercie le cerveau omniprésent de laisser les nerfs tranchés oublier qu'ils conduisaient au mal.
Ma main est bleu, et le ciel y joue une gamme à écouter en fermant les yeux.
15 août 2010
Petite leçon de mensonge
Prétexter des douleurs qui se révèleraient handicapantes sur la route. Le plus acceptable des mensonges, pour lui, mensonge acceptable, qui dit que je pourrais me mettre à mal si je venais. Pour lui que je veux préserver. Regretter - vérité criante - de ne pouvoir participer à ce séjour dans le joli pays aux courbes sinueuses à souhait. Mentir et s'y tenir. Y réfléchir, se concentrer en tentant l'absolue décontraction navrée.
Mon visage est un livre pour qui sait le feuilleter.
Rêver de cet ami, pour lequel j'ai mis des années à trouver le signe infime qui avoue le mensonge. Son regard, habituellement toujours mobile, se fige alors quelques secondes. J'ai beaucoup ri en trouvant la signature de ses infamies. Mais ne peut prendre acte de cette leçon de maître, hélas.
Je bafouille, m'embrouille, un voile de sueur aigre recouvre ma lèvre. Je ne sais pas mentir. Empêtrée dans ce vêtement trop serré pour moi, je suffoque de ne pouvoir dire la vérité.
Mentir, ne pas le blesser, m'évader de son regard aimant et désactiver ainsi la polarité. Le préserver de moi, le plus possible. Peu à peu me dissoudre dans des heures où je serai loin.
Préparer la grotte familière.
Où je me terre pour ne pas dire.
14 août 2010
Chronique d'une mort annoncée
En bavardant, incidemment, entre cigarette et café...
-- Pourquoi les hommes plus jeunes sont-ils attirés, et bien plus de nos jours qu'auparavant, par des femmes plus âgées ?
En dehors de toute raison "physique", qui admet que
l'âge serait de nos jours stoppé par toutes ces crèmes qui ne sont plus
antirides mais anti-âge...
Et la raison qui sectionne le point d'interrogation glissé entre deux volutes, incidemment, cigarette et café...
-- De nos jours on vit une histoire pour quatre, cinq ans... alors, l'âge, quelle importance ?
Cesser de respirer, blêmir un peu, écraser la cigarette, fermer les
yeux. Au téléphone, cela ne se voit guère. Comprendre enfin le pourquoi,
ce drôle de pourquoi dont je ne cernais pas la réponse, la raison du
malaise devant leurs étranges désirs sans frontière d'âge. Enfin
comprendre que leur parfum est celui d'une mort annoncée.
Je n'aime pas les maladies qui traînent en longueurs.
Incidemment, entre cigarette et café... choisir d'en rire, soulagée.
12 août 2010
Persiennes
J'avais laissé traîné le trousseau de clés, et il en avait fait un double.
Toutes mes clés, là, à sa portée : celles qui ouvrent des portes noires, d'encre et celles de ma chambre des amours défuntes. Les portes de ma mémoire, de mes désirs, de mon amour pour lui. De mes nuits avec eux. Les clés de mes désirs cachés, de mes gourmandises éparpillées au gré de mots. Mes mots.
J'avais laissé traîné les clés, pourquoi craindre un ami ? Mon ami. Mon proche, mon fidèle, mon compagnon de virées, de verres bus en trop, de confidences, de "les hommes, c'est fini". Je n'avais pas peur de lui.
J'avais oublié qu'il était un homme. Je vous jure, je ne savais pas qu'il m'aimait. Et il a essayé toutes les portes, une à une. Jusqu'à me voir derrière mon miroir.
Doucement a su tous les mots qui me rayaient l'âme.
Je me piquète, et mon tain se dévore d'être mis à nu.
Maintenant j'ai peur de mes peurs anciennes.
Je vois une étrange lumière s'échapper en fêlures de son regard, rayons lumineux baignées de larmes.
03 août 2010
Âmeçon
J'ai appris : à lui dire je, à lui dire mon vrai, à ne pas fuir ma réalité.
Quand j'ai vu , derrière la bonhomie amie, l'homme hormonal, lui aussi.
Oh, ces foutues hormones qui sont la vie.
J'ai su lui dire, doucement, fermement, que non, je ne peux pas fermer les yeux et boire jusqu'à oublier l'absence de désir.
Non, je ne peux pas.
L'ivresse de ses mots me suffit. Son amitié me comble.
Et un jour je le perdrai.
Fuyant la bonhomie amie, l'homme reprendra la route, avec un bout de mon âme accroché à son oubli.
29 juillet 2010
Je ne peux pas,
dis, tu m'entends ?
J'ai perdu le mode d'emploi qui me permettait de jouir sans y penser, mécanique dépolie aux hormones, sexe docile, mains aveuglées. Je ne sais plus tout cela. J'ai banni de mon con l'expression sacrée si galvaudée qu'ils utilisent. Presque à en hurler. L'amour, à faire, corps à corps.
S'il vous plaît, non.
Vous m'écorchez vive, vous piétinez la tombe de mes amours défuntes. Baiser, coucher, mais pas faire l'amour !
Je ne sais plus faire l'amour, je ne sais plus qu'aimer.
Quand j'aime, ô, quand j'aimais, ma peau électrique, mon corps chaviré. Aspirée jusqu'à me dissoudre dans le ruisseau de nos plaisirs, jusqu'à l'ivresse.
27 juillet 2010
Verte
Oh... son odeur... ma tête juste là, à peine posée là, sur son bras, près de son épaule, près de son aisselle. Les yeux tellement fermés, pour mieux le respirer.
Sentir cette fragrance imperceptible, ce vert au bout de ma bouche.
Cette douleur dans le ventre, de tant le désirer.
Le humer, inspirer et vaciller, submergée de tendresse, boire, boire jusqu'à l'ivresse son odeur de poire verte.
26 juillet 2010
Échos de ouate
Dissoudre cette peur qui sourd
Éclats de voix
de la chair qui crépite
Me taire, m'abstraire
Éclats de mots
des feuillets palpitant
(...)
Partir dans les silences
Éclats de ouate
Des plis qui m'habitent

Oviv, façon 