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Eau vive
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3 février 2008

Une fleur parme

C'est de la faute à ces soleils charmeurs qui ont réchauffé ma peau de rayons suaves.
C'est de la faute aux nuages presque blancs, et aux oiseaux que j'ai vus dans les arbres, ceux à la gorge rouge comme un brandon. Ils chantaient, les cons, comme Ferré, sur ces gestes des pauvres gens.
C'est de ma faute, je sais bien.
J'y croyais, à cette saison nouvelle, froide et claire, où rien n'empêche la tête des jonquilles de soulever le sol dur de gelée. Comme un printemps. Avec ses stupides violettes qui parfument les jardins publics.
Mais voilà, c'est arrivé comme ça. Un putain de brouillard a franchi le col de ma mémoire. Une nappe gluante, opaque, froide, si tu savais comme j'avais froid, qui a givré mon regard. J'ai vu flou, j'écarquillais les yeux de toutes mes forces, mais je voyais toujours si flou... Alors la peur s'est abattue. La peur qui glace la vie, qui fait comme un caillot dans la poitrine, comme un filet d'eau qui s'épuise loin de sa source.
Parce que tu n'étais pas là, tu comprends, dis ?
J'étais dans cette robe en voile doux, parsemée de fleurs parme, cette robe légère que tu aimais. Parce qu'il fallait que je sois belle, pour notre adieu. Et je flottais dans un rire si léger. Je respirais encore ton parfum de poire verte, sa peau poudrée, son goût âpre.
Je voudrais tellement oublier. Tout dissoudre dans des rires. Et rester debout, bien droite et fière, et faire aussi tant de choses qui les tromperaient tous.
Tu sais pourtant que j'ai tout fait. Je croyais qu'il fallait tout faire, comme si... Même abandonner ma peau à des mains impatientes et tendres. Et jeter au loin ce poids qui courbe jusqu'au sol la joie, le jeter ailleurs, plus loin encore que dans mes mots. Là-bas, dans le silence et l'aveuglement. Surtout ne plus penser à toi.  Oublier cette chaleur irradiante dans tes bras, cette douceur salée de ta bouche aimante, cette paix dans ton regard déposé au creux du mien. Oublier le bonheur intense de nos corps enchevêtrés, de nos rires égrenés, de...
Tu me manques tant.
J'ai peur loin de toi. J'ai peur de disparaître dans ce nuage épais de givre, ce brouillard opaque qui dissout les murs familiers de ma vie, qui me laisse telle une étrangère dans des bras qui ne me serreront jamais assez fort pour t'oublier.
Que m'as-tu volé ce jour là, où je suis partie, dans ma robe parsemée de fleurs parme ?

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11 septembre 2008

Lâche

Passible de peine incompressible, je m'accuse et plaide coupable. De cette indicible douleur passée au peigne fin par des agents policés, j'avoue ma totale responsabilité. Responsable et coupable.
Vous voudriez que je plaide ? Non, avocat commis d'office, remballez donc vos pilules dorées sur tranche d'enfance joyeuse ; le coeur aux principes actif gît dans l'adolescence. J'en connais déjà le goût amer. L'enrobage glacé de leurres vifs me donne envie de le suçoter, et ma langue se couvre d'une amertume tapissante. Qu'importe la nausée. J'aurai avalé jusqu'à la lie. Sans ferrir.
C'est ainsi.
Je m'enferre, m'enferme, me ligote aux mots crevés de peines trop lourdes s'envoler en paroles. Mon silence m'empoigne et vous nargue de tant d'absolue lâcheté. Passez votre chemin, ami, la route, ici, est un cul de sac où pourrissent les espoirs.

3 décembre 2009

Ça flotte

Ça flotte dans ma mémoire
Ça flotte sur les trottoirs
Ça rigole sale
en mots boueux

M'en fous, m'en balance, vous savez. Ça rime comme ça peut.
J'veux du saxo qui swingue comme des vieux souvenirs, du qui vibre dans les basses. Saxo ténor, et cuivre jaune aux lueurs chancelantes. Chandelle assassine des rêves de mes nuits, dans la salle qui a perdu son flou nimbé de fumée.

Il flotte des gouttes froides, ça rigole boueux sur mon visage.
J'veux pas qu'on me regarde, j'veux pas de bise, pas de conversations à la con. Avec ces mots que l'on partage avec n'importe quel quidam.
J'veux être une dame de cœur. Une royale que l'on empoisonne. Une qui baise le serpent au venin si doux.

Et ça transperce ma vie à chaque goutte de flotte.

2 novembre 2015

De l'expérience managériale du morveux

Les rôles de la pièces sont décrits ici 

Quand je pense qu'il y a moins de 30 ans ce morveux était en couche, tout entier à sa proie attaché pour s'abreuver de lait. Et le voilà, maintenant, m'expliquant comment jouer de Dents tranchantes en me préservant.
Le morveux est directeur de boîte industrielle. Et redoutable en management semble-t-il. Suffisament pour qu'une équipe d'ingénieurs menace de quitter la boîte si c'était "l'autre abruti" et pas morveux qui les chapeautait.
Alors que sa propre mère l'ancêtre se mine devant une cheffe et en perd toute envie de travailler. 
Faute avouée est à moitié résolue.
--- Que crains-tu ? Une lettre de licenciement ? Impossible pour toi. Donc ?
--- Heuuuu, donc ? (...)
--- Donc, tu bosses. Irréprochable, le travail. Mais pas plus. Plus aucune initiative.
--- Aïe, mais par exemple, aujourd'hui,  j'ai bien été obligée de (...) sinon (...)
--- Erreur fatale. Si tu n'avais pas fait le bug serait arrivé. Et pas sur ton nez. Tandis que là, personne ne te dit merci, et tu ne sais même pas si tes initiatives n'ont pas été mises sur le compte de Dents tranchantes.

Le morveux a pris un sourire carnassier, me regardant droit dans les yeux. Que j'ai baissés.

Je l'ai entendu penser "elle est irrécupérable".
Et il n'a pas tort. Mais au moins cela m'a fait rire au fond de moi.

12 août 2015

Elle

Elle est...
Grande et fine, et pâle, avec une intelligence vive, et les yeux si drôlement colorés de fards.
Elle marche de ses ongles lustrés sur tout orteil pouvant ou voulant en ternir l'éclat.
Elle sait le vouloir et le pouvoir de sa vie. Au travail.
Elle y avance. De son pas vif.

Elle est...
Paupières violacées et nuages de bistre, bouche resserrée de tremblements contenus.

Elle ...
Serrant ses téléphones tels des bracelets acérés qui la retiennent de vivre.
Relisant de ses yeux rougis les horreurs bouffies de sel qu'il parsème au gré de ses humeurs.
Regardant des photos de sa main encore humide de sperme, jetée pour elle comme un os rongé par d'autre. 

Elle vacille. Se redresse. Enlève doucement les pieds qui se sont vautrés sur son coeur. Lustre ses ongles vernis. La tête fière.

Je la regarde, le coeur nauséeux de la couronne puante que cet homme tresse à ses cheveux cendrés.

Elle parle à mes mots qui sortent de leur silence et hurlent devant l'horreur de cet homme qu'elle aime.

 

 

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2 mai 2015

Le petit cri de la soie qui se déchire

Il y a eu ton geste. 
Comme avant. Il y a si longtemps.
Depuis cinq années - je crois - j'ai choisi de ne plus "coucher". Ou "baiser". Les deux mots se valent. Ils me rappellent que deux corps au hasard peuvent intimement se mélanger sans aucun fil de soie entre leurs âmes.
Le plaisir, l'abandon... oh, mais oui, bien sûr, je me souviens, tu sais ! Mais je n'avais plus envie de ces corps à corps là. Lassée, tout simplement.

Peut-être un peu de ton odeur de poire verte qui me manquait ?

Et ton bras s'est posé. Foulard soyeux sur mes épaules.
Papier de soie qui se déchire.
Douleur exquise tissant des fibres d'indicible plaisir.

Je n'ai rien oublié.

Mais ne couche plus, ni ne baise plus.
Même avec Toi.
Malgré ce désir violent dont l'assouvissement me laisserait éventrée.

Je suis fière, chêvre des hauteurs ardues, je suis celle que tu as aimée, homme aimé.

19 septembre 2011

Vice ou versa ?

Déjà ? Déjà deux ans que j'ai pris cette drôle de décision. Le ligoter, le museler, le laisser mourir. De faim, de soif, jusqu'à ce que la moindre possibilité de revivre ne subside. Et même si j'ai la mémoire qui vacille (...)

Mémoire
: non non, je vous assure, Elle, je vais très bien ! D'ailleurs votre alimentation (...)
Elle : tais-toi, Mémoire, je ne parle pas de toi, j'écris. C'est la mémoire des émois, celle qui ne peut exister ailleurs que dans mes mots.

(...) je me souviens encore, pourtant.
Au début je luttais contre le terrible déni de ce corps qui se débattait. Un jeûne, aux crampes dévorant les entrailles avant de s'évanouir, laissant place à un vide ouaté.
J'écoutais sans en rire les discours bienveillants me promettant moins de rides et une tension de jeune fille. Gare à moi si je contrevenais à la posologie ! Je répondais - sourire chevillé à la langue - aux appels des anciens, dont la sève bouillonnait au printemps nouveau.
Je me sens liane en désirs si légers, et me balance au sein de pulsations familières, sans qu'elles ne m'étourdissent davantage qu'un petit verre de vin blanc frais.
Ma foi, je survis.
Au meurtre programmé du sexe.
Je vis avec une légèreté charmante, une ivresse tendre. Je suis une virgule, une apostrophe en vice et versa, qui joue un tête-bêche avec mes petits désirs.  Ceux d'avant.
Quand je couchais.

Savez-vous pourquoi l'envie de l'écrire me vint ?
L'odeur marine de l'Océan, qui me rappella le sperme d'un que j'aimais. Et j'ai souri, souri, souri...

26 janvier 2010

Exquise

Je suis exquise.
Qu'on se le dise, se le sussure et me le murmure. Tatouez-moi dans les chairs ce mot subtil qui me colle à la peau.
Exquise.

Exquise quand... je murmure "Niqué, ton petit", au tarot. Avec un sourire carnassier.

Exquise quand...  je baisse les yeux pudiquement en réponse à cette dame au sourire siliconé qualifiant d'un ton un peu méprisant mon humeur à tout trop prendre à cœur :
"Oui, que je nettoie les wc, ou fasse des calculs statistiques avec mon tableur, que je cuisine ou récure mon nez, je le fais toujours comme si ma vie en dépendait. Connasse. "

Exquise quand... on ne répond pas à mon mail professionnel. Le rappel est en copie au chef de service. Et cela marche toujours aussi bien. Bandes de flemmards qui s'écrasent devant leur hiérarchie.

Exquise quand... un ex-amant se moque publiquement et tellement gentiment de moi. Quand, offusquée, je tourne les talons et entend "ne pars pas, que vais-je faire sans toi ? ", je réponds de ma voix la plus sensuelle, de mon sourire le plus humide ; "Une branlette".

Je suis exquise.
Et j'emmerde les faux culs, les vrais cons, les imbéciles même pas heureux.

13 janvier 2009

Bilan

Faut-il vraiment en faire un ? Bon, disons que je ne suis pas encore arrivée aux fiançailles...
Mais enfin, comment font-ils pour écrire aussi mal, pourquoi ne téléchargent-ils pas un correcteur orthographique intégré ? Ce serait presque supportable. Quoique, quel logiciel arriverait à traduire un "Cé vrément chouette votre photo. On chatte ? " en "Bonsoir, touché par la fraîcheur de votre sourire, je serais heureux d'échanger quelques mots avec vous autour d'un verre" ... En fin de compte je crains de ne pas tenir plus de 21 jours... Le 4 janvier, c'était il y a si peu de temps  ?
Mon dieu, je ne me sens même plus l'âme d'un steak à l'étal d'un boucher mais jambon sous vide au supermarché...
Où se trouve la touche "désinscription" ?

5 mars 2008

Pardon Serge...

Bien sûr, j'ai d'autres aventures
Et d'autres servitudes
Et d'autres que toi sont venus
Le sexe et les mains nus
Bien sûr !
Bien sûr j'ai oublié leur nom
Et lavé leurs affronts
Mais partagé leurs frissons.

{Refrain:}
Mais d'épisodes en aventures
De cul en cul, d’orgasmes en bref
Jamais encore, mon con le jure
Je n'ai pu aimer leurs corps…
De ces amants et même aimants
De sexe en sexe, de langue en bouche
Je n'ai pu vider ma mémoire
Je ne crois plus en rien

 Bien sûr, de moi à moi, je mens
Depuis j'ai dit : " casse toi "
Et d'autres épris sont venus
Casser leurs dents sur ma nuque
Bien sûr !
Bien sûr pour trouver le repos
J'ai pourléché leur peau
Et ils ont même cru que….

{Refrain:}
Mais d'épisodes en aventures
De cul en cul, d’orgasmes en bref
Jamais encore, mon con le jure
Je n'ai pu aimer leurs corps…
De ces amants et même aimants
De sexe en sexe, de langue en bouche
Je n'ai pu vider ma mémoire
Je ne crois plus en rien.


Bien sûr, j'ai joué de leurs larmes
Et camouflé mes armes
Du bonjour au j’me casse
Toujours pour rien, toujours par jeu
Bien sûr !
Bien sûr, que je m’en veux
De ces mots dits pour toi seul
Bordel je t’aimais.

9 janvier 2008

Tourbillons de la vie

C'est parce que vous ne m'avez pas demandé de choisir que je l'ai fait.
Je ne pouvais plus vous regarder l'un, l'autre, mon Jules, mon Jim, et ne pas avoir mal de l'absent si présent par son silence. Mal de me mépriser de moi.
Je vous aime tant tous les deux, oh ! c'est tellement bon de vous aimer tous les deux ! Vous qui savez l'existence de l'autre. Mais comment donc faites-vous pour accepter l'autre ? c'est la seule réponse que je n'aurai jamais, puisque je ne peux vous poser cette indigne question... L'un, l'autre, et mon choix inévitable à faire.
Mon Jules, qui me fait danser toute la nuit, moi qui ne sais pas danser à deux, et qui est si fier d'être à mes côtés. Toi qui t'en fous que les autres te voient me dévorer des yeux, tu l'assumes, tu m'as dans la peau. C'est beau comme du Piaf, c'est phéromonique. Et nous éclatons de rire. Oui, à la première minute, tu as su. Les hormones ont un parfum insoutenable. Et nous nous enivrons de cet attrait qui nous soude des heures durant quand tu me prends.
Mon Jim, toi dont les doigts magiques jouent dans des cathédrales de pierres froides. Toi qui fais vibrer les murs si hauts, et mon coeur aussi,  qui chavire. Toi qui m'apporte cette tasse de thé brûlant aux arômes ciselés, pour parfumer mes rêves. Toi qui caresses mon corps comme s'il était argile douce, sans relâche. Toi qui dis "je ne te demande rien, voici mes clés".
Mon Jules, je t'ai dit que je partais de ta vie, que je te devais ce respect. Et tu ris fièrement, et tu m'écris des mots beaux comme du Jules et Jim, et tu m'attends demain soir, pour ces dernières "petites affaires" à échanger. Je ris d'amertume quand tu me dis ton string léopard et ta peau de tigre pour nous clouer en régime moqueur et anéantir nos ardeurs...puisque j'en ai décidé ainsi.
Mon Jim, tu m'attends. Je suis là, tu savais bien que je ne pourrais davantage ressembler à cet homme qui me prit pour maîtresse deux années durant. Tu le sais bien, je ne suis pas capable de chantonner  comme ça, sans me noyer dans ce tourbillon ...

Jeanne moreau - les tourbillons de la vie
Extrait tiré du film "Jules et Jim" de François Truffaut (1961) , avec Jeanne Moreau, Henri Serre, Oskar Werner. D'après le roman de Henri-Pierre Roch.

7 septembre 2007

Bonsoir, vous désirez ?

Seule une lumière jaune filtrait à travers les persiennes. Et je lisais, allongée dans le canapé. Quelqu'un venait de frapper à la porte. J'avais sursauté. Ce n'était pas une heure commune pour une visite imprévue. Il était juste suffisamment tard pour que la nuit se sente libre de noircir le silence. Je crois même qu'il était trop tard, mais je n'ai plus vraiment de certitude, et je n'avais pas pensé à regarder l'horloge.
J'ai quand même entr'ouvert la porte, après tout la lumière signait ma présence.
Il était beau, diablement séduisant. Avec un sourire... le même que certains psychopathes doivent avoir pour réussir avec autant de brio à convaincre leurs proies de les suivre. Le problème c'est que je n'ai pensé à tout ça qu'après. Sur l'instant j'avais été naïvement séduite par l'inconnu qui avait frappé à ma porte. Un jean, un polo pâle, et un sourire à faire tomber les bobinettes de sécurité les plus perfectionnées. Pourtant je n'étais pas en rouge, ni chaperonnée. Mais la bobinette chût quand même.
Quand je fis taire la jeune princesse qui attendait son prince charmant sur son beau cheval blanc, je finis pas articuler un
- Bonsoir, vous désirez ?
Une petite voix répondit dans ma tête,
- Tu fais quoi s'il te dit, je vous désire, vous hein ? tu fais quoi de ta stupide question ? 
Mais il ne répondit pas "vous"...
- Veuillez m'excuser de vous déranger à l'improviste, je suis très las. Acceptez-vous de me donner un verre d'eau ? Vous êtes ma dernière visite, la nuit ne fait que commencer, et je n'avais pas envie de vous prendre par surprise. (...)
Là, j'avoue avoir eu un battement de cœur. Me prendre par surprise ? Il m'avait entendue penser ou quoi ?
- Oui, je vous ai bien entendue.... mais je n'ai pas de cheval blanc à garer sur le trottoir en réalité.... Je me présente, la Mort. Oui, la Faucheuse. Celle là même. Mais j'ai évolué au niveau de mon look, vous savez !
Et il entra.
J'étais devenue toute molle et pas du tout glacée d'effroi. Pourtant il y aurait eu de quoi. La Mort ? Mais j'étais en parfaite santé, moi ! Même mes sacro-saintes cigarettes n'avaient pas encore eu le temps d'attaquer mes poumons depuis...
- Depuis vos 13 ans. Cela fait un sacré bout de temps, pas vrai ? Les fumeurs ne meurent pas tous d'un cancer, vous savez ! Vous ce sera le cœur. Normalement dans... voyons... deux heures. Ca nous laisse un bout de temps à papoter !
Papoter avec la Mort. Et pourquoi pas faire...
- Avec plaisir, je vous trouve très séduisante et j'ai eu une journée très pénible aujourd'hui. Des vieux accrochés à leurs couches puantes après avoir emmerdé leur monde tout au long de leur vie, un salopard qui battait femme et enfants et qui a crié "maman" quand je suis venu m'assoir à côté de lui en voiture. Bref, une journée pénible. Aucun pour me remercier de ma visite. Sauf la belle-fille d'un vieillard, mais elle n'a pas osé le dire tout haut, et elle a même fait semblant de pleurer après !
J'avais été lui chercher un verre d'eau dans la cuisine. Il m'avait rejoint de son pas souple, avec un mouvement de bassin à damner une sainte...ce que je n'étais pas ! La Mort, j'étais en train de fantasmer sur les hanches de ma Mort à moi !
Il sourit. Évidemment ! J'avais oublié qu'il lisait dans mes pensées...
Deux heures.. Bon, de toute façon je n'avais plus le temps d'écrire un testament.
- J'aime beaucoup ce que vous avez écrit sur le mur de votre chambre. Ces vers de Baudelaire... une merveille.. "Nous aurons des lits profonds comme des tombeaux...."
- Vous connaissez ma chambre ?
- Oui, j'étais passé par là un soir, mais il n'y avait personne, j'ai voulu visiter. J'aime bien savoir où vivent ceux que dois faire passer de vie à trépas. Surtout quand il s'agit d'une femme aussi séduisante que vous.
Deux heures....
La Mort me prit par la main et je crois bien que j'étais déjà nue à ce moment là. Après tout pourquoi n'aurait-il eu qu'un seul pouvoir ?
Deux heures ? Non, cela avait duré, avait implosé, avait fulguré. Et m'avait anéantie.
Je me suis réveillée ce matin, les cheveux froissés, la peau salée. J'ai souri en pensant à ce rêve sublimement érotique qui m'avait fait jouir dans mon sommeil et venait de me réveiller.
En allant dans la cuisine chercher un café, j'ai trouvé ce petit mot.
- Il est des moments de grâce qu'il faut savoir préserver hors du temps. Je reviendrai. Et je frapperai à votre porte, mais vous n'aurez pas peur, n'est-ce pas ?


Inspiré d'une nouvelle de Navajo M., avec son accord.
Règlements de contes, édité par «  Les éditions universelles »

2 janvier 2008

Papa,

        tu sais que tu es sacrément responsable d'un joyeux foutoir dans ma relation avec les représentants de la même espèce que toi, tu le sais, ça ?
[ Bon, d'accord, tu remarqueras que j'ai beaucoup de facilité à te parler depuis que tu es mort, mais bon, on fait comme on peut, à servir frappé avec un zeste de psychanalyse tout autour, hein ! ]
Bref, je te disais donc que c'est vraiment terrible parfois. Moi je croyais que tous les hommes (...)
[oui, tous ceux de ton sexe, pas l'Homme-humanité. Et puisque j'ai lancé le mot sexe, je tiens à te préciser que je n'ai pas la moindre envie d'aborder avec toi MA sexualité, je couche avec qui je veux, comme je veux, cela ne te regarde pas. C'est drôle mais ça fait du bien de l'écrire. ],
(...) tous les hommes, donc, étaient comme toi !
[ Même passé le stade œdipien, même avalée tout cru la symbolique bla-bla ].

Bref, disais-je, je croyais que tous avaient les mêmes réflexes. Quand ils me proposent leur aide, "je peux faire quelque chose pour t'aider ?" je me pince à chaque fois, tentant de me convaincre que ce n'est pas pour de faux... leur foutue cécité à ne pas voir l'égouttoir débordant de vaisselle à essuyer, ou l'évier où s'accumulent les casseroles sales pendant que je continue à préparer mes petits plats. Ah oui, je ne t'ai pas dit ? j'aime toujours autant cuisiner pour ceux que j'aime ! Vaisselle que je vais finir par laver et essuyer d'ailleurs, je n'ai pas le choix si je veux continuer à jouer dans ma cuisine. Bref, pourquoi m'as-tu laissé croire que c'était exceptionnel qu'un homme quitte sa veste, se lance dans le ballet des torchons ou la valse du balai, sans jamais que l'on ait besoin de le lui demander ? Pour moi, c'était normal. Papa travaille, maman travaille, tout le monde fait ce qui doit être fait, en étant juste attentif à ce qui l'entoure.
Et maintenant me voilà, avec leur conne de question, celle qui me met dans la position détestable de la vénérable maîtresse de maison qui devrait donner des ordres. Et comme je déteste avoir une équipe, que ce soit au boulot ou à la maison, je réponds toujours la même chose "rien". Non, il n'y a rien à faire pour m'aider.
Un jour je crois même que je répondrai rien à la place de "rien" et tendrai un petit flacon de collyre. De celui qui a l'effet magique d'ouvrir les yeux...
Bon, Papa, c'était quoi la marque de tes gouttes à voir ce qu'il y a à faire ?

1 juin 2007

Collector H2O n° 2

Sangle abdominale ; je trouve que vous y êtes allée un peu fort avec les enfants, Elle ! Regardez moi bien, pas de relâchement prononcé malgré 36 semaines de grossesses, je suis en béton !
Elle ; tu veux que j'attrape le bourrelet, pour voir ?
Sangle abdominale ; (...)
Elle ; oui, je préfère que tu te taises. Quant à ce que je dis à mes enfants, ça ne regarde que moi. Je n'y suis pas "allée un peu fort", je leur ai juste rappelé quelques vérités. Et quand je leur dis qu'ils "me gonflent" je ne parle pas d'un gonflement de mes muscles abdominaux, stupide sangle. D'abord je déteste parler vulgairement, mais c'est parce que que j'étais légèrement en colère...
Yeux ; même que nos pupilles s'étaient dilatées... "c'est pour mieux te voir mon enfant"  hi hi hi !
Surrénales ; et nous on a fabriqué plein de cortisol, au cas où.....
Foie; moi c'est le glucose, double dose ! et sans bonbons, hein !
Elle ; dites, les organes, je ne vous ai pas demandé un compte-rendu détaillé. J'étais en colère. Point.
Cerveau ; je confirme, les neurones sont restés sur le qui-vive, prêts à vous aider au cas où ...
Elle ; mais vous êtes tous fous, ou quoi ? Une simple colère ! Je n'allais pas les trucider un à un !
Cerveau ; je suis là pour vous obéir. Ils m'appellent Chef, mais je sais bien que c'est vous la PDG, Elle. Et si vous décidez de trucider, je vous obéirai. C'est mon job.
Elle ; (...) Tu m'obéirais ???? Mais enfin il n'en n'est pas question ! L'obéissance doit avoir ses limites. D'ailleurs, même quand je regarde trop longtemps les trains il y a toujours eu quelque chose pour décider à ma place. Où sont passé Morale et Conscience ?
Morale et Conscience ; nous sommes là, tout ouïe.
Conscience  ; je dirai même plus "Je pense donc je suis". Là aussi. Mais attention, Elle, si vous parlez de moi en terme de  conscience on va créer une boucle. On va tourner sur moi-même. Je vais me mordre la conscience, et vous faire une réponse en "argument circulaire"... vous savez... comme quand Excel vous écrit ça en rouge dans vos formules et que vous lui dites des tas de gros mots à votre ordinateur....
Elle ; (...) fatiguée... je suis fatiguée, moi ....
Conscience  ;  « On ne peut pas se mettre à la fenêtre pour se regarder passer dans la rue », je vous résume ça, à la Comte ! Enfantin, non, comme dirait l'Auguste ?
Morale ; tu n'es pas gentille de lui parler comme ça, tu sais bien qu'Elle a du mal avec les concepts.  Moi, je me contente de lui susurrer des trucs, mais des trucs qu'Elle aime entendre, qui lui chatouillent l'Ego quand même, juste de quoi l'empêcher de trop penser par elle-même. Tu verrais comme j'arrive à l'embrouiller ! Un jeu d'enfant !
Ego ; oh, tu ne serais pas un peu perverse sur les bords, toi ? Ne me mêle pas à ça, je te prie.
Elle ; et le revoilà ! Il ne manquait plus que lui !
Ego ; c'est vraiment trop injuste, c'est toujours moi qui prend !
Elle ; bon, en fin de compte je vais proposer aux enfants d'aller manger une glace. Si je prends de la mort-aux-rats, Cerveau, tu vas laisser ma main en saupoudrer leurs cornets ?
Cerveau ; je préfère me taire, vous êtes de mauvaise foi.
Foie ; mais enfin mon glucose était de parfaite qualité !
Cerveau ; la ferme, Foie, la ferme. Travaille, mais en silence !
Ego ; bien dit, Chef !

 


Mollets : quelqu'un a vu le rasoir ?
Yeux : ben oui, il est à côté du savon, dans la douche, comme d'habitude ! Tu as de ces questions !!! Depuis quand tu t'occupes de savoir si je vois bien ?
Mollets : attends, tu dis n'importe quoi, là ! regarde au travers des lunettes. Oui, allez, penche-toi... T'as vu ?
Yeux ; oui, c'est pas terrible, mais pas de quoi faire une révolution quand même ! même pas de quoi tresser des nattes.
Mollets : ça va pas tarder à sortir entre les mailles des dimettes. Waouh, le joli spectacle...
Mains ; attends, je touche. (...)
Mollets ; alors ?????
Mains ; mais non, c'est pas encore catastrophique, Yeux a raison, tu fais des histoires, là.
Mollets ; je veux qu'on me coupe les poils, je veux je veux je veux. Point. Ego, tu écoutes ?
Ego ; bien sûr que j'écoute, c'est mon boulot ! Tu veux que je lui en touche un mot, de tes poils ?
Mollets ; oui. Pas qu'un mot, tu lui fais la leçon. Sur tous les trucs que les autres font.
Ego ; ça va être plus difficile, Elle adore les hommes qui ....
Mollets ; je te parle des femmes, crétin, des autres femmes. Tu sais, ces individus INE=2, qui se rasent les poils, qui s'enduisent de crème et se font les ongles.
Ego ; mais c'est qu'Elle n'aime pas ça, t'es marrant, toi ! Encore, se raser, Elle le fait sans trop râler. Mais le reste....
Elle ; je ne peux pas fumer une cigarette tranquillement sans que ça papote, hein. Bon, trois poils, ça vaut vraiment que vous y mettiez autant d'énergie ?
Ego ; on parle, Elle, c'est tout, on discute, pour le bien-être de chacun. Cohabiter ce n'est pas facile, vous savez, on s'entraide.
Elle ; allez, dans la salle de bains. Hop. Un coup de lame double tranchant. Mollet, droit, Mollet gauche. Et voilà, c'est fini. Vous êtes contents ? Quelqu'un d'autre a une réclamation à faire ?
Peau ; ben oui, vous voulez bien me passer un peu de crème ? je brûle...
Elle ; ben voyons, de la crêêême hydratante à l'aloé véra triple décomposition des radicaux libres ? C'est ça ?
Peau ; (...)
Elle ; et bien vous vous contenterez d'un coup de Nivéa.
Ego ; merci Elle, et si vous alliez boire un café maintenant ? Vous l'avez mérité après tant de soins apportés à Mollets et à Peau..
Elle ; Ego, je te conseille de ne pas tenter l'ironie. C'est un conseil, un simple conseil. Et tu as intérêt à le suivre, je te le garantis.

 


Ego ; je suis le meilleur, je suis le plus fort, je résiste, je suis solide, je (..)
Elle ; la ferme, Ego.
Ego, mais enfin, Elle, vous êtes injuste !
Elle ; la ferme, la ferme, la ferme ! Tu as compris ?
Ego ; ben oui, là...
Ego à Cerveau ; dites, Chef, il y a un problème avec les hormones ou quoi ?
Cerveau ; mesdemoiselles, au rapport !
Oestradiol, Oestrogènes ; rien de vraiment spécial à déclarer, période post ovulatoire. Bof, la routine quoi. On va bientôt en mettre un coup pour nettoyer Utérus, mais là, aujourd'hui, pas de stress. Pourquoi ?
Cerveau ; Elle n'est pas à prendre avec des pincettes, d'après Ego.
Ego ; mais enfin vous l'avez entendue ? Elle m'a parlé comme si j'étais un moins que rien.
Cerveau ; écoute, on sait bien que tu es très sensible à tout ce qu'Elle peut te dire, mais fais un effort. C'est à toi à le prendre sur toi, c'est ton boulot. Qu'est-ce que tu lui disais ?
Ego ; ben... je chantais que j'étais le meilleur...
Cerveau ; toujours aussi subtil à ce que je vois ! En ce moment Elle est en pleine période difficile après son histoire avec l'autre, et toi tu chantonnes...
Ego ; mais enfin, regardez, je n'arrête pas de bosser pour la maintenir droite, et personne ne me soutient ici.
Paupières ; il faudrait que tu arrêtes de te prendre pour le centre de son monde, déjà. Parce que nous on arrête pas de cligner pour nettoyer Yeux et éviter tout débordement lacrymal. Et on y arrive. Tu nous as entendu chanter ? Il y en a qui bossent sans ramener leur fraise.
Yeux ; merci, les filles, c'est sacrément humide en ce moment, hein ! Ça lui rend le regard brillant, comme Elle dit.
Conscience ; là je suis obligée d'intervenir. Pour moi, c'est épuisant ce qui se passe. J'ai absolument besoin qu'Elle dorme un peu plus. D'habitude je me reposais 8 heures, et là, on est passés à 5. Cerveau, tu ne peux pas agir ?
Cerveau ; Elle boit café sur café, fume comme ce n'est pas permis, qu'est ce que vous voulez que je fasse ?
Ego ; me soutenir quand je chante que ça va, que je suis le meilleur, le plus fort, le plus solide, voilà, c'est tout. Le tout c'est d'arriver à la convaincre, non ?
Cerveau ; (...)
Conscience ; (...)
Cerveau ; bon, je crois qu'il n'a pas tort. Ego, on te soutient. Vas-y. Mais ne chante pas trop fort, hein !
Ego ; je suis le meilleur, je suis le plus fort, je résiste, je suis solide, je (..)
Elle ; mais enfin, tu n'as toujours pas compris ?
Ego ; c'est Chef qui l'a dit. Et on est tous d'accord pour dire que c'est vital. Même si vous n'êtes pas contente, Elle. C'est vrai, quoi, nous aussi on a le droit de vivre. Pas que de survivre dans votre ombre.
Elle ; (...) chante doucement, hein. Je me sens fragile comme du cristal ancien, moi.

 


Estomac : acide chéri, je n'arrive plus à dissoudre sereinement, que se passe -t-il ?
HCL : Elle s'emballe, je crois bien que c'est le stress, comme ils disent.
Estomac : ils, les composés humains ? ou les autres Elle et Il ?
HCL : oui, enfin, son toubib, quoi !
Estomac : Cerveau, vous pouvez-pas la faire ralentir ?
Cerveau : ne m'en parlez pas, j'ai tout tenté. La plier en deux avec une gastrite (...)
Estomac : ohhhh, pitié, plus ça, chef, c'était affreux !
Cerveau : je sais, ça a été un sale moment pour vous, mais il fallait qu'Elle comprenne qu'elle ne se souciait pas assez de nous tous, vous comprenez ? Je n'allais quand même pas laisser Cœur fibriller, de lui dépend quand même tout le système !
Cœur : j'étais à deux doigts pourtant, merci, vous avez bien géré.
Poumons ; oui, enfin tout ça c'est bien beau, mais je suis enfumé du matin au soir, moi. Un coup de ramonage serait pas mal, je tousse tant que je peux pour évacuer les goudrons, mais c'est difficile..
Cœur : je sais, on manque un peu d'oxygène en ce moment, alors je fais des cadences infernales chaque fois qu'Elle prend son vélo. Je cogne comme un galérien.. .
Ego : chutttt, Elle va vous entendre...
Cerveau : et bien tu ferais mieux de l'obliger à nous écouter, Ego, parce que je ne vais pas pouvoir faire tourner la machine longtemps, moi.
Elle : vas-y, qu'est-ce que tu attends ! Allez, débranche, espèce de lâche !
Cerveau : Ah non, hein, vous n'allez pas recommencer, Elle, c'est insupportable votre discours.
Elle : je dis ce que je veux. Tu es comme moi, tu sais. On n'a rien demandé à personne, hein !  Tenez, retournez donc à l'école, je vous donne le sujet à étudier. Une petite phrase de Claude Lévi-Strauss  « l'espèce humaine vit sous une sorte de régime d'empoisonnement interne - si je puis dire - et je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence. Ce n'est pas un monde que j'aime. »
Ego : oh la la la la, ça va pas fort, hein... Je suis sûre que si on lui donnait un Snickers Elle se sentirait mieux.
Elle : ouais, et tu le mixes avant, crétin !
Ego : oh, vous n'êtes pas gentille, Elle, vraiment pas...
Elle : Ego, va donc écrire un peu, ça va nous faire des vacances. Sur ton gnan-gnan blog. Moi je vais boire un café et fumer une cigarette. Et pas un commentaire, hein !

 


Estomac ; bon, Elle va bientôt arrêter d'avaler son comprimé tous les matins ?
Cerveau ; encore quatre jours. Pourquoi, ça te dérange ? C'est fait pour te calmer, mon chou !
Estomac ; oui, c'est sûr, je ne fais que ça, nager dans la douceur, comme si j'aimais ça ! Mon pauvre acide chlorhydrique n'a même plus droit de séjour.
HCL ; tu me manques, toi aussi. Une vraie cure de sommeil, pour moi.
Estomac ; bientôt, mon tendre, bientôt nous nous retrouverons et tu dissoudras toutes les saletés qu'Elle avale. Pour le moment je m'épuise à la tâche, tu sais. Je fais des heures sup sans aucune reconnaissance.
Cerveau ; tu n'as pas fini de te plaindre, non ? C'est deux semaines de traitement. Point. Tu n'avais qu'à pas t'enflammer, aussi.
Estomac ; dites, Cerveau, si Elle n'avait pas avalé d'autres cochonneries incompatibles avec ma paroi, aussi, je n'en serais pas là, hein !
Dents ; oui, mais nous, c'est notre support qui en avait besoin, de ces cochonneries, pour qu'on ne tombe pas toutes d'un coup. Résultat, on vacille. Mais bon, on n'en fait pas toute une histoire, nous...
Estomac ; ça va, j'ai compris, je me tais. Il n'y a vraiment personne pour me comprendre, ici. Ça va finir par me peser d'ailleurs, et je ne sais pas si c'est bon pour Elle.
Ego ; ce n'est pas le moment de vous disputer, croyez moi... Elle est très en colère, je vous conseille de vous calmer !
Cerveau ; ah bon, Elle a la rage ? Et je suis le dernier à être au courant ? contre qui ?
Yeux ; mais enfin, tu n'as pas reçu l'info ? Qu'est-ce qu'il fait Nerf optique, il dort ?
Nerf optique ; oh, on se calme, hein ! J'ai transmis. Vous n'avez qu'à demander à Neurones.
Cerveau ; bon, je peux être au courant ?
Yeux ; c'est la balance, ce matin... Elle a pris du poids depuis le début du traitement...
Cerveau ; ahhhh, c'est pour ça !!! Pfff, peccadille !
Ego ; et bien je peux te dire qu'Elle est en rogne contre tout ce qui ressemble à la nourriture.
Estomac ; oui, mais si Elle ne mange pas toutes les deux heures, je m'irrite, alors....
Ego ; justement. Croyez moi, ça conflictualise un maximum en ce moment... alors mettez là en veilleuse. Sinon, Elle attaque la gym.
Muscles, fessiers, abdominaux ; ah non ! Pas ça.....

 


1)
 Elle
; monsieur, nous n'avons été présentés, que je sache, et vos tentacules me frôlent de bien près !
Lui ; mais je ne m'approchais de vous que pour remédier à cette erreur de l'océan, croyez m'en.
Elle ; les remous que vous provoquez par l'agitation de vos bras provoquent des turbulences !
Lui ; en seriez-vous déséquilibrée ? Je m'en excuse promptement, dame poulpe. Vous êtes si charmante, avec vos yeux proéminents à souhait...
Yeux ; j'adore.... vous l'entendez, l'autre là ? Il reconnaît que je nous sommes vraiment merveilleux...
Ego ; hé, Yeux, vous y croyez encore, à ce genre de discours de pieuvre de marée ? Pfff, on croirait que vous êtes encore vierges des spectacles du fonds de l'océan...
Bras ; ouais, il a pas tort, Ego, pour une fois
Ego ; comment ça "pour une fois" !!!
Bras ; je disais ça en passant, d'habitude les romances "La petite sirène" tu y crois à tous les coups, faut le reconnaître, non ?
Ego ; d'abord, c'est pas moi, c'est Elle qui galope... enfin, qui nage... Moi j'essaye de la soutenir du mieux que je peux, c'est tout. Je ne vais quand même pas lui dire que ce sont des malotrus qui ne pensent qu'à (...)
Clitoris ; qui pensent à quoi ? Parce que là, pour le coup, on est en train de recevoir des messages drôlement émoustillants d'Hormones... alors elle aussi doit y penser !
Hormones ; oui, c'est garanti, on s'emballe, le chéri, prépare toi !
Clitoris ; oh chouette alors, chouette chouette chouette, j'adore !

Lui ; c'est la première fois que vous venez dans ce rocher ? Je n'aurais pas pu vous y croiser sans remarquer votre silhouette si fine et gracieuse.
Elle ; oui, je crois m'être égarée. Mais vous n'avez pas besoin de tant de compliments, vous savez... j'ai passé l'âge de croire à toutes ces fredaines !
Lui ; des fredaines ? L'éclat d'intelligence que j'ai perçu immédiatement dans votre regard m'en aurait empêché. Allons, parlons vrai, vous êtes très belle, et votre allure a déjà  dû faire s'emmêler bien des tentacules ! Ne me dites pas le contraire !
Elle ; et bien... il est vrai... j'ai connu de belles rencontres. Allons, même si ma raison me défend de vous croire, je vous remercie de vos mots, qui sont toujours fort agréables à recevoir...
Lui ; sensée et intelligente... quelle chance j'ai de vous avoir croisée à un moment d'égarement...

Ego ; vous entendez, les autres, Elle a pris du bon sens, quand même, elle finit par tenir compte de ce que je ne cesse de lui répéter !
Inconscient ; tu te goures, Ego, si tu savais comme elle a envie d'y croire ! C'est un véritable déménagement en ce moment chez moi ! D'un côté elle se la joue "je suis assez intelligente pour ne pas avaler ses sornettes" et de l'autre c'est "oh qu'il est charmant ce Lui là"...
Clitoris ; moi je savais déjà, avant les autres, hi hi hi !

Lui ; me permettez-vous de vous raccompagner dans votre anfractuosité ?  Je ne voudrais pas que vous fassiez de mauvaises rencontres à cette heure ci.
Elle ; et bien ce sera avec plaisir, bien que le temps ne me soit pas compté,  mes enfants sont chez leur père ce week-end...

Testostérone ; hou là, je me sens en pleine forme moi, ce soir.... dopée !
Testicules ; on dit merci qui ?
Prostate ; ça se sent, Testo chou, ça se sent que tu es dopée...
Ego ; emballée, la Elle, elle est emballée.. Allez, une bonne soirée en perspective, ça. Bon, il va falloir tenir le coup, hein, les gonades, rigolez pas. Pas de "pourvu que j'y arrive" au moment crucial. La dernière fois Lui s'en est pas remis. Il a fallu que j'y travaille un sacré moment pour lui expliquer que c'était une panne passagère. On se dope, on se dope !

 


2)

Elle ; bon, vous vous doutiez que je n'allais pas laisser passer ça. Conseil général dans 15 minutes. Et vous vous débrouillez pour que le coupable se dénonce, c'est clair ? Je vais prendre une douche brûlante, je ne veux pas vous entendre, alors vous faites ça en silence.
Ego ; bon, on récapitule, d'accord ? 
Clitoris ; moi, c'est pas de ma faute, j'étais en pleine forme, Lui avait super assuré avant.
Vagin ; ben voilà, tu n'as qu'à m'accuser, comme ça on n'en parle plus ! Moi aussi j'étais en pleine forme, monsieur. Plein d'humeurs à bonne température, parfaitement synchrone. Je n'ai rien à me reprocher.
Ego ; ah, on ne va commencer comme ça, sinon Elle va mal le prendre, je vous préviens. Le "c'est pas moi c'est l'autre", c'est pas dans son humeur du jour !
Inconscient ; il faut le reconnaître, le problème vient peut-être de moi... Mais que voulez-vous, je dois gérer 50 années de vécu, moi. Et dans "vécu", il y a "cul", ça influe...
Clitoris et Vagin ; oui, mais, quand même, nous on était super en forme, merde alors ! Sur le point de la faire se propulser au septième fond marin, et pof, tout est tombé à l'eau. À cause de toi ! Tu as pensé à quoi, espèce d'inconscient ?
Inconscient ; je ne sais pas trop, j'avais des tas de messages contradictoires, du :
- dès le premier soir... tu passes pour qui, là !
- je vois pas pourquoi il faudrait attendre !  si ça se trouve on le reverra pas.
- justement, une passe, ça y ressemble...
- mais enfin, j'ai  le droit de vivre mes désirs, c'est le minimum !
- oui, et tu te fais payer avec des mots que tu sais parfaitement hypocrites. T'es pas chère, je te le dis...
Bref, ça  a fait un embrouillaminis et voilà...
Cerveau ; et à cause des interférences je n'ai plus assuré. Désolé, Clito et Vag,  vraiment désolé, je vous revaudrai ça. Bon, qu'est-ce qu'on lui dit, à Elle
Ego ; que c'est de sa faute. Après tout, elle n'a qu'à mettre en veilleuse Inconscient à ces moments là, et se laisser aller. Personne ne lui demande de faire un suivi psychanalytique du pourquoi et du comment, mais de prendre son pied. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Tentacules ; j'aime pas trop qu'on me mêle à ça, mais je crois (...) Attention, la voilà !
Elle ; alors, le coupable ?
Cerveau ; en tant que chef d'équipe et délégué syndical, et après avoir entendu toutes les parties, il est clair qu'Inconscient a reçu trop de messages contradictoires. Votre responsabilité, Elle, est donc tout à fait établie.
Elle ; ma responsabilité ? Mais j'étais parfaitement en accord Lui, il ne m'a pas traînée par les cheveux pour... (...) enfin, pour faire.. (...) pour copuler, quoi. Et j'étais à deux doigts de jouir quand... pof, plus rien. Et vous me dites que je suis responsable ??? 
Cerveau ; peut-être qu'Ego et vous, Elle, étiez en accord, mais Inconscient, lui, devait continuer à analyser des tas de trucs bizarres qui vous passait par la tête.
Elle ; Inconscient, demain je prends rendez-vous chez la Dame au divan, tu vas voir, on va te remettre dans le droit chemin, je te le dis. En attendant, tu te tais. Et les autres aussi, compris ?
Ego ; moi aussi, Elle ? Parce que j'ai assu (...)
Elle ; la ferme, Ego, la ferme !
Ego ; et voilà, ça recommence...

 


3)

Lui ; bon, on va se prendre un solide petit-déjeuner, les gars, vous avez assuré un max ! Et j'ai une de ces faims moi, ça m'a creusé l'appétit !
Estomac ; super, je peux avoir du fromage ? J'ai une demande de protéines urgente.
Verge ; si je peux me permettre, Estomac, tu ne t'es pas trop fatigué hier soir...
Estomac ; c'est vrai, mais Elle ne m'a donné qu'une bière. C'était un peu léger.
Verge
; normal, on avait autre chose à penser qu'à tes protéines ! A mille lieux sous les mers, même...Nous on réfléchissait à comment les distribuer, alors.... hi hi hi...

Lui ; hé hé ! du fromage, pas de problème, et avec du café pour me réveiller. J'ai pas assez dormi, vous en savez quelque chose, hein, les gars ?  J'ai été parfait ! 
Verge ; oui, vous avez assuré, Lui, même si vous n'aimez pas trop les première fois !
Lui ; allez, tu mérites bien une petite caresse, toi. Tu es vraiment du tonnerre. Regardez moi ça comme elle est vaillante, la p'tite, elle devient toute droite à peine on l'effleure ! Ah, bonne soirée, ça ! Et la Elle a pris son pied, hein !
Verge ; (...)
Testicules ; (...)
Lui ; ben quoi ? Vous ne dites plus rien ?
Verge ; (...)
Lui ; Elle a simulé ou quoi ? Non... je l'aurais senti, elle a pris son pied je vous dis.
Verge ; (...)
Lui ; vous croyez vraiment que...? Merde alors, j'avais tellement la trouille de la panne que j'ai pas été assez attentif, moi ! Mais non, c'est n'importe quoi ! Il y a des bruits qui ne trompent pas.
Verge ; (...)
Oreilles ; c'est vrai, on a bien entendu des bruits.
Lui ; les Oreilles, je ne vous parle pas, là. Verge, tu as pas senti ? Quand même, c'était bien pour elle. Y'avait les humeurs et tout et tout. Vous pouvez pas dire le contraire.
Verge ; oui, c'était bien, mais je ne suis pas sûre du tout qu'elle ait pris son pied, moi je vous le dis... Et pourtant j'étais en prise directe avec Vagin. Mais je peux me tromper ! Je me souviens d'une demoiselle avec qui Vagin était imperturbable, alors qu'elle avait les seins qui devenaient sacrément bizarres. Enfin c'est vous qui le savez mieux que moi, ça...
Lui ; pas "bizarres", les seins ! roses et tout gonflés ! C'était adorable, on aurait dit une roseraie... Mais j'ai pas pu voir, pour Elle, c'était tamisé. Merde et merde, je veux savoir ! J'ai pas osé lui demander, quel bête je suis. J'ai trop vu de films où j'entendais les filles rirent avec le "Alors, heureuse ? ". Pourtant, c'est presque le seul moyen d'en être sûr, et elle ne le réalisent même pas ! Ah ça, c'est plus facile quand on se connaît depuis longtemps, on s'est apprivoisés, on a appris, deviné, senti. Mais là, au début....quelle galère ! On croit que... et non...
Verge ; oui, c'est vrai, elles sont toutes différentes ! Entre celles qui ont Clito qui se met à nous ressembler en copie-conforme, celles qui crient, celles qui se taisent, celles qui sont en apnée, celles qui se contractent, se dilatent... bon j'arrête, on va croire que vous avez dragué tous les fonds marins....Mais quand même, j'ai un gros doute, pour Elle. Parce que Vagin me serrait bien fort, de mieux en mieux, j'allais me sentir aspiré, et puis... plus rien... d'un coup...
Lui ; je veux en avoir le cœur net. Elle me plaît, Elle, elle est douce à souhait, et j'adore ses courbes, là, quand... Verge, tiens-toi tranquille, garde toi en forme... Bon, je l'appelle. Ce soir je l'invite à dîner. Peut-être aussi un bouquet de fleurs. Ouais, c'est une bonne idée, ça. Les Elle ça aime bien qu'on soit romantique. Et après, je veux qu'elle prenne son pied, non mais !
Testicules ; mangez, Lui, que je fabrique un max de testostérone. On va assurer, et la Elle elle va glou-glouter comme jamais.  Promis !
Lui ; enlacée et au 7ème ciel, la Miss, vous allez voir ! Bon, à table, et j'allume la Free pour lui envoyer un mail.

Je voudrai remercier ici les Lui qui m'ont aimée, qui m'ont parlé, qui m'ont expliqué.
Je vous assure, je ne savais pas, avant, que c'était si difficile pour vous.
Je vous ai aimés, Lui de ma vie ...  et je souhaite que vous aimiez encore et encore. Moi ou une autre, qu'importe ! mais que vous aimiez... Longue vie à vous.

 


Pieds ; Elle a oublié, encore une fois !
Mains ; oui, on sait, on a vu, ça nous concerne aussi, mais bon, qu'y faire ?
Pieds ; un jour, on se vengera.
Mains ; vous avez une idée ?
Pied gauche ; pour l'ongle incarné, j'arrête pas de le dire à Droit, mais il ne veut pas.
Pied droit ; mais t'as qu'à le faire toi même, non mais !
Pied gauche ; Elle est droitière, donc Elle appuie davantage avec toi, c'est à droite que ça portera ses fruits.
Pied droit ; les "fruits" d'un ongle incarné... bêêêrk, tu me dégoûtes !
Leucocytes ; un peu de respect pour nos morts, s'il vous plaît. On se tue à la tâche pour éviter le pire.
Pieds ; c'est vrai, excusez nous, on vous en fait voir, hein ! avec sa manie de marcher pieds nus ! Entre les débris de verre et les agrafes qui traînent....on s'en ramasse plein la plante.
Mains ; oh, et en ce moment Elle jardine à la sauvage en plus, heureusement que Leucocytes sont en pleine forme, parce qu'il y a plein de cochonneries qui passent ! Tenez, hier soir, Elle a voulu rempoter quelques cactus.... Pfffft, Elle a compris, pour les épines !
Yeux ; ah, ça, Elle nous a mis des loupes devant et à la lumière rasante les doigts... Une heure pour enlever tous les trucs quasi invisibles fichés dans la peau....et Elle n'a même pas désinfecté après ! Au fait, Pieds, c'est du désinfectant dont vous parliez, au début, pour la valise ?
Pieds ; mais non, ça Elle l'a pris, Elle part avec les enfants. On parlait des limes, polissoirs, des trucs pour nous râper la corne, nous faire beaux, quoi !
Ongles ; et du vernis, hein, faites lui penser au vernis ! Pourquoi toutes les Elles ont des jolis ongles et pas nous ?
Yeux ; vous n'avez pas de chance... pour nous Elle a pris le Kohl et le crayon vert. On aime quand Elle nous fait tout maquillés ! Pourtant ça prend pas longtemps, c'est vrai qu'Elle pourrait s'occuper de vous, mes pauvres choux.
Poils ; et la pince à épiler aussi Elle y a pensé ! Les enfants vont devoir s'occuper de la broussaille de Sourcils.
Sourcils ; ça fera pas de mal, parce qu'avec la presbytie, Elle en oublie la moitié....
Elle ; c'est pas un peu fini les messes basses ?
Ego ; ne les grondez pas, c'est pour votre bien-être. Pour que vous soyez encore plus ... enfin... plus…. enfin encore ....
Elle ; encore plus quoi ? Tu peux préciser ta pensée ?
Ego ; ben....
Elle ; séduisante ? Il faudrait que je plaise par mon apparence, monsieur Ego ?
Ego ; je vous en prie, Elle, cessez de parler de vous comme si....
Elle ; comme si quoi ? Tu veux des adjectifs pour pouvoir terminer tes phrases ? Aigrie, amère ?
Ego ; ça promet les vacances, ça promet....
Elle ; mais non, allez, je suis vilaine. Efface, va. Et les autres, là, les Pieds, les Mains.... regardez.... j'attrape la râpe et le polissoir, vous êtes contents ?
Pieds, Mains ; merci, Elle ! Vous penserez à vous en servir, hein ?

 


Sinus ; quel courant d'air ! ça fait du bien cette aération.
Mâchoire ; je dirais même plus, c'est le vent d'autan qui souffle de chez moi vers chez toi ! "Alatanus", vent qui vient de la haute mer... mais je crois que c'est plutôt de notre mère-des-organes, Elle, que vient ce vent là, puisqu' Elle a enfin pris la décision d'ouvrir la fenêtre ! Il faudrait dresser une statue à sa dentiste....
Nerfs ; nous sommes trop habillés pour sentir le souffle dont vous parlez, mais nous pouvons vous dire que nous sommes enfin en vacances ! Plus de messages désordonnés jour et nuit ! Si Elle nous avait traités aussi bien que les câbles électriques de sa maison on serait moins fatigués...On passait notre temps à envoyer des messages à Cerveau pour qu'il intervienne..
Cerveau ; jour et nuit, ça je vous le confirme. Je vous maudissais parfois ! Alors je devais réveiller Endorphine, par tous les moyens possibles, et ce n'était pas facile, croyez moi !
Elle ; je suis bien, là là là, mais bien !
Cerveau ; on a compris, ça fait deux jours que vous chantonnez ! Vous auriez mieux fait d'intervenir avant.. au lieu de jouer à la guerrière...
Elle ; je déteste les chochottes. Je ne suis pas une chochotte, c'est comme ça.
Mâchoire ; oui, alors là, vous m'excuserez, mais ça s'appelle de l'inconscience, ça !
Nerfs ; oui, on est d'accord, notre boulot à nous c'est de prévenir d'une anomalie. Et ça fait des mois qu'on lançait les signaux, nous.
Elle ; je sais, je sais, mais bon, je n'imaginais pas que c'était si important, moi ! La douleur c'est tellement subjectif, vous savez.
Nerfs ; subjectif... subjectif...est ce qu'on a une gueule de subjectivité, non mais !
Elle ; j'ai cru que vous vous affoliez pour rien, moi...
Nerfs ; c'est bien la peine de bosser autant, vous êtes.. mais alors...
Ego ; bon, ça va le système nerveux, Elle a compris, depuis le temps que ça lui vrillait la tête, la douleur !
Leucocytes ; Elle a peut-être compris pour cette fois, mais il va falloir lui rabâcher la leçon, Monsieur le Chouchou de Madââââme... Parce qu'un jour, on arrivera plus à combattre la nécrose à temps, et là, tu seras mis en veilleuse sous anesthésie générale.
Ego ; c'est très bien pour Elle de m'avoir comme ami, vous êtes jaloux parce qu'Elle ne vous parle pas... Pour ce que vous avez à raconter, je la comprends !
Leucocytes ; toi, Ego, je vais t'envoyer des Macrophages dans les Méninges, et tu vas voir si tu vas encore faire le mariole longtemps !
Macrophages ; ben, en ce moment, avec les antibiotiques, on aurait du mal... mais ça peut s'envisager dans quelques temps...
Méninges ; hé ! ça va pas ? Vous devenez tous fous, ou quoi ?
Elle ; allez, les chéris, on se calme. Je suis bien, mais bien.... plus de douleur, je vous adore tous ! J'ai plus mal.. là là là, j'ai plus mal...
Ego ; quand même, Elle, vous pourriez prendre ma défense...
Leucocytes ; ramassé, Ego, va te coucher, va, Elle n'a pas besoin de toi ! Hi hi hi !

 


Elle ; Ego, viens, il faut que je te parle.
Ego ; moi ? tout seul ?
Elle ; oui, toi.
Ego ; mais, que vont dire les autres ? Déjà que...
Elle ; viens. Il est vraiment temps que l'on parle, et tous les deux.
Ego ; oui, mais moi, ça me met très mal à l'aise, ça. Comme si j'étais chez un psycho-truc, vous savez ?
Elle ; je sais, Ego, je connais bien ces moments où l'on se doit de parler à quelqu'un qui est payé pour entendre.
Ego ; mais là, on cohabite, Elle, c'est différent, j'espère ?
Elle ; écoute-moi, compagnon de moi, j'ai besoin que tu me soutiennes. Vraiment. Que tu prennes une place qui te revient, que tu mérites. Pas la tienne actuellement.
Ego ; oh là là…j’ai déjà du mal à savoir qui je suis, alors de là à trouver ma place… vous ne m’avez pas toujours soutenu, Elle, vous vous en rappelez ?
Elle ; tu es aux premières loges, depuis toujours. Tu es mon filtre, mes lunettes de vie. C’est toi qui va me donner le bonheur ou la douleur d’entendre. C’est toi qui me donne le goût ou le dégoût, tu le sais.
Ego ; je crois que vous m’avez obligé à devenir de plus en plus opaque, Elle. J’ai du mal à laisser le soleil passer, maintenant. Je me méfie, Elle, de tout ce qui pourrait vous blesser et que je ne saurais pas…
Elle ; et bien justement. Tu dois accepter de me laisser choisir. Gandhi disait ceci ; « À suivre le principe de l’œil pour œil on deviendra tous aveugles ! » Je vois flou, Ego, de plus en plus.
Yeux ; c’est pas vrai, on est en pleine forme…
Elle ; tout le monde se tait, j’ai besoin d’être seule avec Ego.
Ego ; c’est pas souvent, alors vous nous laissez. M’enfin, quoi !
Elle ; il faut que tu m’aides. À ne pas oublier qu'il y a autre chose que moi ! Toujours le même paradoxe...t’ oublier un peu, tout en oubliant tout... sauf toi.
Ego ; gloups, j’ai du mal à suivre. Moi, je suis là pour vous protéger, Elle. Des autres. Et un peu de vous, si je peux me permettre…
Elle ; écoute, p’tite brique…
Ego ; comment vous m’avez appelé ?
Elle ; c’est pour rire, Lego, une plaisanterie stupide !
Ego ; j’ai compris ! et c’est bien ce que je pensais… vous avez fabriqué une muraille de Lego, Elle, comme une muraille de Chine…
Elle ; bon, oui, si tu veux. Et maintenant je crois bien qu’il faut l’aérer, ce bloc là. Enlever quelques briquettes, laisser la lumière passer. Tu me comprends ?
Ego ; c’est pour ça que je suis si petit ? A cause du poids ?
Elle ; oui, mon Ego, tu as bien compris.
Ego ; j’ai bien envie que l’on ouvre des fenêtres, et quelques baies, et aussi un puits de jour, et…
Elle ; doucement, on va y aller doucement ! Viens ici que je te bise l’être, mon Lego. Je t’aime, tu sais.
Ego ; oh, merci, Elle, moi aussi je vous aime….
Cerveau ; bon, ça y est, on peut reprendre les affaires courantes ? Ça commençait à jaser, ici…

 


Adrénaline ; ouf, un peu de calme, ça fait du bien.
Cœur ; ne m'en parle pas, déjà que la nicotine arrivait en double dose depuis quelques jours ! C'est pas bon pour mon aorte, ça, pas bon du tout.
Ego ; à qui le dites vous, le mauvais sang qu'on s'est fait...
Sang ; oh là ! dites, je vais très bien, moi. Lymphocytes minimes et les rouges en pleine forme, non mais !
Ego ; c'était une expression, Sang, ne le prends pas mal, tu vas tourner en eau de boudin... hi hi hi...
Sang ; mais qu'il est bête, Ego, mais bête ! Pour le coup il mériterait que je fasse un tour à ma manière, sang façon.... Mais bon, je suis indulgent, parce qu'Elle s'est fait drôlement de souci. Elle n'arrêtait pas de penser à comment je suis fabriqué, et quels taux allait avoir la ptite. C'était vraiment obsessionnel, là.
Cheveu blanc ; oui, j'ai même cru que j'allais enfin avoir un copain tout blanc. Mais non, même pas ! Elle pourrait faire un effort quand même !
Ego ; tu trouves qu'Elle n'a pas assez torturé ses méninges avec la peur, toi ? Tu es fou ? Tout ça parce que tu as envie qu'Elle ait des cheveux blancs !
Elle ; oui, Ego, j'aimerais bien moi aussi. Que l'argent rattrape le temps. Sur ma tête. Pour être en coïncidence avec mon presque demi-siècle.
Ego ; Vous savez, Elle, c'est bon pour votre image de paraître (...)
Elle ; (...) de paraître sortir de chez le coiffeur avec une couleur, oui ! Nigaud ! A mon âge... pas de cheveux blancs... Je me souviens de lui, quand il me disait "tête de feu ne blanchit pas". Je me demande s'il n'avait pas raison...
Yeux ; On peut parler d'autres choses que de futilités ? Nous, on a passé des heures sur des recherches Internet... même en anglais... pffft... Elle a passé l'âge. Remarquez, ça a eu son utilité, Elle a découvert qu'il y avait autre chose que les blogs sur la toile. Mais bon, ses recherches médicales... bêurk, on en a soupé !
Ongles ; .. soupé... pas assez en tout cas. Elle devait avoir faim parce qu'Elle nous as rongés, comme quand Elle était ado ! Une horreur !
Cerveau ; enfin, tout ça, c'est fini. Il faut remettre de l'ordre dans ses neurones. Elle a attaqué sauvagement le budget pour s'acheter une bonne conscience. Avec l'ado-malade. Ah ça, elle étaient contente, la ptite ! Jamais la carte bleue n'avait autant chauffé !
Pieds ; ça c'est vrai. On a été mis à contribution. Opération "on piétine dans les boutiques"...
Main droite ; ...suivie de l'opération "on tape le code et on valide"...
Elle ; vous savez très bien que je déteste ça ! Les boutiques et dépenser trop d'argent pour des bétises ! Mais là... Enfin, quoi, soyez indulgents !
Cerveau ; pas de problème, Elle, il faut juste revenir sur terre maintenant. Le budget, c'est le budget.
Elle ; pfffft.... vous n'êtes pas rigolos...
Ego ; moi, je pense que (...)
Elle ; Ego, en veilleuse, s'il te plaît !
Pou pou pi dou, elle n'est pas malade... la la la lère, ce n'est rien du tout... ti ta la la....

 


Elle ; dites, les Mains, vous faites un petit effort ? Vous bafouillez comme deux incompétentes. Je passe mon temps à corriger les fautes de frappe.
Mains ; nous ????? Mais enfin, on frappe sur toutes les bonnes touches ! C’est Ongles !
Ongles ; parfaitement, c’est nous, et on s’en passerait bien. Elle, vous feriez mieux de faire un petit effort et d’apprendre à nous couper. On déborde de partout. Alors quand vous voulez e, c’est nous qui appuyons sur « . On est longs. Trop longs.
Elle ; encore ? Mais enfin je vous ai taillé il y a ….
Ongles ; vous arrivez à vous en souvenir ?
Elle ; …. Heuuu… non…..
Mains ; et voilà, merci Ongles ! C’est toujours nous qui trinquons quand quelque chose la contrarie.
Coude droit ; alors là, vous exagérez ! On devrait compter les points, et je crois bien que j’en ai d’avance. Quand Elle a cassé le pot de gros sel, ce midi, Elle a dit clairement ; « encore la faute de ce satané coude depuis qu’il a été opéré. »
Ego ; il faut bien qu’Elle trouve un coupable ! Vous êtes marrant, il n’y en a pas un pour la défendre ! Avec vous il n’y a que des innocents. La notion de responsabilité individuelle, vous connaissez ?
Coude ; et, le nain, Elle n’a pas besoin d’un avocat commis d’office, ok ?
Elle ; bon, ce n’est pas la peine de vous énerver. Je reconnais que je deviens paresseuse avec l’âge. L’idée de devoir tailler les ongles et les limer en plus… ça me fatigue d’avance. Je vais finir par regretter d’avoir cessé un jour de les ronger. Quant à toi, Coude droit, je suis désolée, mais c’est vrai ! Depuis qu’ils ont tripatouillé dans ton tendon, tu déconnes, mon tordu.
Coude droit ; Ohhh !!! Je quoi ?
Elle ; je répète, j’assume. Tu déconnes. J’en suis au deuxième service de verres. Et je ne compte plus les trucs qui se sont échappés de Main droite à cause de tes gnognoteries.
Coude droit ; mes gnognoteries ? Vous voulez que je vous refasse la maladie ? Pour vous souvenir d’avant la réparation ? Madâââme n’en menait pas large avec ses attelles. Et ses infiltrations ! Vous me faites bien rigoler, tiens ! Comme si vous n’y étiez pour rien ! Tenez, Elle, ce midi, pour le pot de gros sel, vous pensiez à quoi, hein ? Je vais vous le dire ; vous bavassiez avec votre copine. Pas attentive un quart de seconde. Normal que le pot soit tombé.
Ego ; ohhhh, j’aime pas les disputes, moi, j’aime pas du tout. Pourvu que ça s’arrête vite, je déteste les disputes.
Elle ; et toi, Ego, si tu ne faisais pas toutes ces histoires aussi, ça irait mieux. Non mais, qu’est ce que c’est que cette bande de planqués ?
Cœur ; attention, réception d’une dose d’adrénaline, préparez-vous à accélérer.
Ego ; planqué ? Moi ?
Elle ; parfaitement, un trouillard et un planqué. Regarde, tu fonds à vue d’œil, avant même que je ne sois toute rouge. Je préfère encore Coude droit qui me tient tête quand je suis de mauvaise foi. Tu sais quoi, Ego ? Hein, tu sais quoi ? Tu n’es qu'un (…)
Ego ; ah non ! Ça suffit comme ça, Elle ! Vous êtes tyrannique, impolie... et... Allez fumer une cigarette et arrêtez de m’insulter, non mais !
Elle ; bon, je crois que je vais aller dans le jardin. Fumer et arracher les mauvaises herbes. J’ai besoin d'être seule.
Ego ; hou ! ça fait du bien de se fâcher un bon coup. Pourvu qu'Elle ne m'en veuille pas... oh là là... je sens que ça va être dur...

 


Main gauche ; non, je veux pas, au secours !
Main droite ; je t'aide, tiens bon!
Épaules ; c'est pas un peu fini de résister, on va se faire mal à forcer comme des brutes.
Yeux ; mais qu'est-ce qui se passe ? on est dans le noir, c'est l'horreur.
Peau ; et moi, je dois lutter pour maintenir la température à 37°. Tout le corps en plus, aucune zone au chaud. Elle m'a mis sur du verre. Complètement seul, plus rien pour me protéger.
Main gauche ; m'en fous, Épaules, je veux pas, j'ai la trouille !
Yeux ; je veux voir, enlevez ce truc...
Mains ; on peut pas, on résiste à deux.
Ego ; moi j'ai trop peur, je me bouche les oreilles.
Elle ; dites, vous allez vous détendre, le corps ? C'est infernal dès qu'il y a une nouveauté, de vrais gamins immatures...Main gauche, tu baisses le couvercle, et plus vite que ça...au prix de la minute. On ne va pas être écrasé, il y a une sécurité !
Main gauche ; ohhhhh, que je n'aime pas, mais pas du tout.... ohhhh... maman, j'ai peur....
Elle ; chut, taisez-vous, je me concentre. Tous ces boutons à rêgler c'est terrible.
Yeux ; pourquoi il fait noir ?
Elle ; c'est pas du vrai noir, ce sont des lunettes opaques, c'est pour vous protéger, mes chéris.
Fesses ; j'ai froid, Elle, c'est terrible.
Elle ; ça va venir, pas d'impatience.
Oreilles ; c'est quoi ce boucan ?
Cheveux ; un ventilateur, on flotte.
Elle ; bon, ça y est, j'ai tout branché, on se détend, je vous explique.
Mélanine ; moi je sais, j'ai trouvé ! Waouh, j'adore ! Enfin du boulot !
Visage ; dites, Elle, j'étouffe sous la serviette, vous pouvez pas l'enlever ?
Elle ; ah non, je veux que Mélanine t'oublie. Sinon, après, je vais ressembler à un pruneau d'Agen tout desséché.
Visage ; alors je suis d'accord, moi ! Je me souviens, quand vous étiez jeune et que vous alliez au ski, j'étais tout fripé après, une horreur (...)
Ego ; (...) "quand vous étiez jeune", et ben, Elle avait besoin d'entendre ça !
Visage ; la ferme Ego, Elle sait très bien quel âge Elle a.
Elle ; mais oui, ne t'inquiète pas pour ça, Ego, je suis grande et responsable, et je sais que la mi-temps est bien avancée.
Ego ; pitié, je veux pas mourir, moi.
Elle ; pfffff, ça ne m'aide pas d'avoir un trouillard pareil pour me tenir compagnie, je vous assure.... Personne ne te parle de mourir, ici !
Ego ; oui, mais plus personne ne m'aime, moi, depuis la mi-temps, plus personne...
Elle ; Ego, tu te tais ou je te décapite. C'est compris ?
Ego ; ...même Elle...
Mélanine ; j'adore, j'adore... Partout partout ça me fait des choses...
Peau ; ah, ça va mieux, il fait moins froid maintenant ! Je me détends...
Transpiration ; houps, désolée, le corps, mais on a une demande pressante du centre de contrôle de la température corporelle, on active les glandes pour rafraîchir. Ca va perler.
Elle ; pas de souci, on prendra une douche après. Bon, ça y est, tout le monde est rassuré ? Je peux penser à autre chose maintenant ? 15 minutes de paix, dans le noir, au chaud, c'est le pied !
Pieds ; Vous avez besoin de nous ?
Oreilles ; chutttt, Elle dort...
Elle ; pas encore... bientôt... je suis bien, mais bien....(!!!!!!) Non de non, qui a dit "ça sent la couenne grillée", qui ?

 


Sein droit ; tu as entendu ce qu'Elle a dit ? Non mais, c'est incroyable, ça !
Sein gauche ; tu veux dire quand Elle a dit "embryons" ? Tu devrais être habitué depuis le temps !
Sein droit ; ce n'est pas une raison ! Devant n'importe qui Elle nous affuble de ce mot ! Comment peux-tu le supporter ?
Sein gauche ; écoute, personnellement, je déteste l'été quand Elle se croit obligée -par décence !- de nous mettre un soutien-truc qui me serre. Sans compter ceux qui grattent ! Alors j'assume, oui ! La liberté d'être libre ! Souviens toi, quand Elle était enceinte, et après, pendant les mois d'allaitement !
Sein droit ; pour sûr je m'en souviens ! Il a fallu à chaque fois changer toute la garde robe, Elle ne rentrait plus dans aucun chemisier. On était énormes ! Pfft !
Sein gauche ; et ça nous faisait mal quand Elle enlevait le soutien-truc ! Tandis que là, pas de problème, pas vrai ? On est libres, mon roudoudou, libres !
Sein droit ; évidemment, vu comme ça...
Elle ; alors les deux miniatures, on ronchonne ?
Seins ; ah non, Elle, n'en rajoutez pas une couche !
Elle ; une couche... de silicone ?
Seins ; quelle horreur, ah non, vous n'allez pas nous faire charcuter, Elle, je vous assure, on rigolait !
Elle ; mais non, mes chéris ! Vous m'imaginez avec le poitrail gonflé de deux boudins synthétiques ? Franchement !
Mains ; on préfèrerait pas nous non plus. Quand Elle a besoin de faire la prude on cache tout très facilement !
Oreilles ; ça nous rappelle une chanson de Brassens ! Vous savez, celle avec la feuille de vigne !
Elle ; je suis très contente de vous, c'est bien de s'aimer tel que l'on est.
Ego ; heureusement que vous le leur dites, Elle, parce que le plus souvent ils évitent de se regarder dans une glace.
Yeux ; n'importe quoi, Ego, on se voit très bien dans les miroirs ! Surtout quand Elle n'a pas ses lunettes. Elle aime bien quand c'est flou.
Ego ; c'est bien ce que je disais... si on veut bien m'écouter...
Pieds ; dites, on a bien entendu, Elle s'occupe de Seins ? C'est la chaleur ? Le soleil ? Parce que ça veut dire petites chaussures, Elle...
Elle ; mais oui, Pieds, je vous libère bientôt, pas de souci !
Pieds ; on disait ça pour la corne...il faudrait y penser...
Mollets ; hé, à nous aussi ! Je ne sais pas si Elle nous regarde avec ses lunettes, mais Elle devrait... ça pousse...
Elle, gros soupir ; d'accord, d'accord ! Demain ! C'est promis. Rasoir, râpe (...)
Peau ; on peut avoir un gommage, Elle ?
Visage ; et nous, un masque à l'argile !
Elle, énorme soupir ; tout ça ? Mais pourquoi faire, je vous le demande !
Ego ; et voilà comment Elle nous sape le moral. C'est facile ! Croyez en vous, qu'il disait, l'autre, dans ses livres ! Et voilà le résultat ! Pour ça, c'est facile de lire, facile. Mais faudrait avancer un peu dans la pratique aussi !

 


Mélanine ; j'ai envie de bouger, ça me démange terriblement. J'ai l'impression que je viens de faire une cure de sommeil prolongée, non ? Bon, il va falloir me chauffer les cellules, là. Heu... y'a personne, ici ? Houh houh ?
Elle ; je crois bien qu'ils dorment tous. La fin de l'hiver. La grêle et le soleil qui joue à disparaître, tout ça, ça ne leur vaut rien. En ce moment c'est le calme plat, la Tsé-Tsé des organes a encore frappé (...)
Cerveau ; je ne dors ja-mais, Elle, ja-mais.
Elle ; oui, pour la réalité physiologique, je suis d'accord, Cerveau. Mais tu n'es pas le seul, Coeur non plus ne (...)
Cœur ; encore heureux, sans vouloir paraître ego-tiste, sans moi (...)
Ego ; ohhhh, Cœur, tu me parles ? Comme c'est gentil !
Cœur ; mais c'est pas vrai, ça, on croit qu'on a enfin la paix avec les humeurs de la chochotte bidule d'Ego, et voilà qu'il faut faire attention à tout ce qu'on dit. Non et non, Ego, ne ramène pas tout à toi, je ne te parle pas !
Ego ; ohhhhh, excusez-moi de vous avoir dérangé, Cœur, je ne savais pas que je vous indisposais, je suis désolée, je vous demande pardon.
Elle ; Ego, arrête, je t'en supplie, tu ne nous déranges pas !
Ego ; vu la façon dont Cœur me parle, vous savez ! J'ai l'impression d'être de trop, moi, vraiment. D'ailleurs, Elle, vous ne pourriez pas lui faire oublier un peu son rôle de gros dur? "Ba-boum. Ba-boum. Ba-boum. Ba-boum..." c'est un peu lassant. Je préfère quand ça bat la chamade, parfois. Vous savez, quand vous êtes amoureuse...
Cœur ; comment ça "lassant" ? Lassant ! Mais il se prend pour qui, lui ?
Cerveau ; vous savez que je suis arrivé au bout de ce que je peux supporter ? Déjà que dans la journée, avec les autres du boulot, c'est tendu en ce moment, alors il faudrait un peu de cohésion entre nous. Vous voulez quoi ? Que je sombre dans la déprime pour ne plus vous entendre ou quoi ?
Elle ; ah non et non, pas de déprime. Mais c'est incroyable, ça ! Je ne sais plus quoi faire de vous, en ce moment. Vous voulez quoi au juste ? Ego, ça ne se décide pas comme ça, d'être amoureuse. D'ailleurs je ne veux plus en entendre parler, c'est clair ? On verra. Plus tard. Et puis zut, je n'ai pas à me justifier devant vous !
Hormones ; pourtant on aime bien, nous, quand vous êtes amoureuse, Elle... On est dopées, mais dopées...
Elle ; taisez vous. Tous !
Mélanine ; moi, je ne demande pas grand chose, je voudrais faire un peu de sport. Être utile, quoi.
Cuisses ; arrête de râler, Mélanine, tu bouges un peu, avec Visage, quand on va dehors en vélo ! Nous, on est toujours dans des pantalons, on aimerait bien voir la couleur du soleil.
Pieds ; allez, je vous donne un message d'espoir ; Elle ne met plus qu'une paire de chaussettes ! On a les orteils qui frétillent d'aise. Le printemps arrive !
Plante des Pieds ; ouh là là... Elle va recommencer à marcher pieds nus !
Elle ; (soupir) Je vais me coucher. Parlez doucement, je veux dormir. Je n'en peux plus. Sarko ne pourrait pas s'occuper d'eux au lieu de..? Bon, je dis n'importe quoi, là, il faut que je me calme. Zen, zen....
Coeur, Ego, Hormones, Cerveau, Pieds, Estomac, Reins, Yeux ... ; pfffft, bon, on disait quoi, avant qu'Elle ne pique sa crise ? Et doucement, hein ! Sinon Elle va se venger !

 


Ego ; internationalement célèbre... Ta la la... et pas à cause d'égarés de Google, hein ! Un mail personnel. Rien que pour moi !
Conscience ; et il venait d'où, ton mail international ? monsieur je chante plus haut que je ne m'estime ?
Ego ; de Shopzilla, madame, et j'ai le droit de chanter, personne ne dort encore, ici.
Conscience ; ton shoptruc, c'est un moteur de recherche. Pas de quoi se prendre la tête.
Ego ; évidemment, de ce point de vue là, ce n'est qu'un moteur de recherche. Mais qui me sollicite. Moi.
Conscience ; et il te demande quoi en échange ?
Ego ; ma célébrité ta la la !
Elle ; vous êtes en train, de parler de MON blog ?
Ego ; euhhh, oui, Elle, mais, c'est à dire...
Conscience ; et vous, qui êtes quand même plus sensée qu'Ego qui gonfle comme une grenouille, vous en pensez quoi ? De ce Shoptruc ?
Elle ; évidemment j'ai été flattée. Comme une reconnaissance. Mais (...)
Morale ; (...) mais j'ai discuté avec Elle, et je lui ai ouvert un peu les yeux (...)
Yeux ; mais on était déjà grands ouverts, dites !
Morale ; c'est une image, fermez vos paupières, c'est une discussion philosophique, pas organique.
Yeux ; pfft, c'est d'un facile de nous répondre ça ! Elle, vous mériteriez qu'on louche, pour le coup. Parce que sans nous vous ne l'auriez pas lu, votre mail.
Elle ; écoutez, Yeux - et les autres aussi par la même occasion - c'est juste un échange d'idées, aujourd'hui. Demain on parlera de vous, d'accord ? Pas de jaloux, je vous aime tous très fort.
Ego ; oh, moi aussi ?
Elle ; Ego, les autres n'ont rien dit, ferme la toi aussi, s'il te plaît.
Morale ; il faut reconnaître que ça partait dans tous les sens. Conscience se sentait flattée, au début, elle s'accordait de la valeur, mais quelque chose l'a chiffonnée. Et je suis intervenue pour lui donner le petit coup d'épaules qui l'a (...)
Epaules ; nous aussi on doit se taire ?
Elle ; ***** !!!! La ferme !
Epaules ; ....
Morale ; donc, il a suffit d'un mot pour faire basculer Conscience. Lui dire que la proposition qu'Elle venait de recevoir... se résumait à lui coller une étiquette "à vendre".
Très bien tournée d'ailleurs la phrase que Shoptruc avance ; "Votre site internet est de grande qualité, c’est pourquoi nous serions intéressés par l’achat des liens-textes sur votre page d’accueil afin de promouvoir nos catégories et soutenir votre site." Pour un peu Elle aurait pu penser qu'ils ne voulaient que l'encourager... pas l'acheter. Alors on le lui a rappelé !
Elle ; C'est vrai, Morale, c'est vrai. Je crois qu'Ego s'était trop gonflé à l'hélium, il lui fallait reposer les pieds sur terre.
Pieds ; ah, il n'y a que nous pour faire prendre conscience que nous sommes ancrés sur terre.
Fesses ; dites Pieds, sans vouloir paraître arrogantes, Elle s'assoit très souvent à même le sol sur nous ...
Elle ; mais enfin, il faut distribuer des eczémas pour vous faire taire ?
Conscience ; il fallait qu'Elle n'ait pas de conflit avec moi. Elle ne peut pas rejeter la société de consommation et la promouvoir en même temps.
Elle ; vous imaginez ? On clique sur son blog, on veut se détendre, tranquillement et hop ! deux publicités au milieu ! Tsss !!!! "(...) nous vous remercions de nous envoyer vos conditions tarifaires". Certes. Tentant. Du beurre dans les épinards et ... de la bile pour finir.
Bile ; dites, je suis bien utile moi ! Il ne faudrait pas toujours parler de moi comme ça !
Elle ; mais qu'est-ce qu'ils sont susceptibles en ce moment ! On voit qu'Ego a retrouvé sa taille normale.
Ego ; oh ! vu la façon dont on me parle, ici, pas de quoi se sentir gai, hein ! Franchement...

 


Langue ; dis, Palais, je peux continuer ? C'est à cause des chocolats. Tu sais, ceux du pays des vaches mauves, avec la marmotte et tout et tout.
Palais ; ouh là, déjà que depuis ce matin tu me prends pour une piste de danse, mais alors là, tu m'embrouilles avec ta marmotte ! C'est quoi ton histoire ?
Langue ; rien, laisse tomber, trop long. Chouette ! Elle en prend un autre, j'adore me frotter contre toi pour laisser fondre le carré entre nous ....
Palais ; moi, je n'en sens pas le goût ! Je n'ai pas de papilles, ma chérie ! Mais c'est comme de la polaire, ton truc, c'est doux..
Langue ; eh ! c'est pas le chocolat qui est doux, c'est moi ! Oui ! celui-là il est aux éclats d'amandes. Tu sens ? Je les fais rouler dans ton creux...
Palais ; quel érotisme ! c'est comme la fois où (...)
Cerveau ; dites, vous deux, vous pouvez parler plus doucement ? Il y en a qui travaillent. En ce moment je fais des calculs, pas de la dégustation, moi !
Estomac ; je dis ça à tout hasard, au cas où quelqu'un s'occupe encore des affaires courantes ici, mais c'est le 28ème qu'Elle avale depuis ce matin !
Cerveau ; 28 ? Mais ça va bloquer avec Foie, ça !
Foie ; rectification "ça a bloqué"...Je ne réponds plus de rien.
Cerveau ; mais c'est pas vrai, ça ! Endorphines, vous pouvez la doper un peu ?
Endorphines ; vous êtes marrant, vous, je ne suis pas en rayonnage, moi, je me mérite ! Et Elle ne fait rien pour. Madâme préfère le chocolat.
Ego ; ce que vous êtes rabat-joie, tous ! Laissez Langue et Palais jouer. Foie n'aura qu'à faire des heures sup, ça le changera, et Endorphines dormir. Elle n'a besoin de personne en ce moment, Elle gère.
Elle ; oh qu'il est mignon, Ego, tu es un amour...
Ego ; ohhhh....
Cerveau ; Elle, vous allez finir par déclencher une grève si vous ne tenez pas compte de ceux qui sont au charbon (...)
Intestins ; du charbon, mais c'est une excellent idée ! Comme ça j'aurais moins de problèmes avec toutes les cochonneries qu'Elle avale.
Langue ; des cochonneries ? Du chocolat suisse ! Mais je me demande vraiment si nous sommes issus des mêmes gènes parfois. Quel manque de goût...
Intestins ; si tu arrêtais de faire ta "chochotte _ prout-prout _ nous n'avons pas les mêmes valeurs", ce serait plus sympa ! Je te signale quand même, la Elle, que si je sature tu en subiras les conséquences... Et pour ton frottis-frotta avec Palais ce sera difficile. Parce que tu vas charger...
Palais ; même quand elle n'est pas au top, elle est quand même adorable. Si tu crois que je ne l'aime que quand elle est rose... Pffft... quelle brute ! Il ne peut pas comprendre, évidemment, avec ses méandres...
Langue ; tu sais que je t'aime, toi ?
Palais ; chuttt, ils vont t'entendre, tu les connais, tous ces jaloux.
Côlon ; il y en a qui sont plus discrets que vous, c'est tout ce que j'avais à dire. Viens, Intestins, ignore les, ils se prennent pour son nombril.
Nombril ; oui ? On m'appelle ?
Elle ; tais-toi, trou cousu, tu arrives toujours comme un cheveux sur la soupe. Bon, quel chocolat je prends maintenant ? Gianduja praliné... Hummmm...
Ego ; quel goût Elle a ! Exquis !

 


Ego ; tout pou pi dou... ti la la... ti tam... la la.....
Cerveau ; quelqu'un sait quelque chose pour Ego ? Il a pris des dopamines ? Des stupéfiants à base d'Hélium ?
Yeux ; chef, vous avez pas lu, ce matin ? Vous dormiez encore ou quoi ? Remarquez, Elle aussi, Elle était au ralenti, parce que si sa copine ne le lui avait pas écrit, Elle ne comprendrait pas pourquoi ses stats s'envolent ; ça doit être de l'hélium, je ne vois que ça...
Cerveau ; ça suffit de blablater, donnez l'information, Yeux, et un peu de respect ! J'ai un boulot fou, moi, pfffffft !
Yeux ; ils l'ont mise en page d'accueil de canalblog.
Cerveau ; oui, et alors ?
Ego ; je suis célèbre... ti la la... pou pi lou... là là....
Chevilles ; ça y est, Elle craque. Nous, en tout cas, ça nous fait du repos, même si on a un peu gonflé, Elle ne marche pas, ce matin, la dame, Elle papillonne.
Main droite ; sans moi, Elle n'y serait jamais arrivé. Je travaille comme un fou dans son blog. Et que je frappe le clavier, et que (...)
Main gauche ; oh, la droite, tu te prends pour qui, là ? Les majuscules et les E, c'est moi jusqu'à nouvel ordre. Un peu moins d'égoïsme, ça ne te ferait pas de mal. Tu mériterais un bon vieux rhumatisme pour t'apprendre à ne pas te prendre pour le nombril de (...)
Nombril ; ah, on parle de moi, il était temps. Quand je pense qu'Elle parle même d'Intestins (bêêêrk) et que jamais Elle n'avait eu le moindre petit compliment pour moi. Parce que,je suis son origine, sans vouloir paraître trop (...)
Cerveau ; mais vous allez tous vous prendre la tête, comme Ego ou quoi ? Nombril, tu n'est qu'un trou recousu, faudrait veiller à ne pas l'oublier.
Nombril ; un trou ? Moi ? Oh ! Et ben alors, là, c'est quand même incroyable....
Elle ; heu, dites, les organes ? je peux dire quelque chose, moi aussi ?
Cerveau ; bien sûr, Elle, nous vous écoutons tous. Ego, mets la en veilleuse, on ne s'entend plus.
Elle ; voilà, je voulais vous dire merci à vous tous. Oui, même à toi, Nombril. Parce que vous m'avez toujours soutenue. Même enrhumée, même pleurnicharde. A 6 heures du matin comme à 23 heures. Vous avez toujours tenu le coup (mais non, Cou, je ne parle pas de ta minerve) même quand j'ai du effacer mon premier blog (maudit ex-il, maudite ex-elle). Oui, Ego, je sais, ça été un moment difficile pour toi. Voilà, c'est tout. Je vous devais bien ce Merci.
Ego ; pou pou pi dou... ti la la.... J'm'en lasse pas de l'hélium.... C'est en vente libre ?

 


Estomac ; trop d'acide, chef, par pitié, réduisez le taux, je me tords.
Intestins ; tuyaux constrictés, spasmes qui ne produisent aucun effet, chef.
Elle ; taisez-vous, les comprimés vont faire effet. J'veux dormir. Laissez-moi.
Cerveau ; désolée, les viscères, Elle se laisse aller à s'aigrir et ça coince à tous les niveaux.
Estomac, renforcez la paroi, sinon ça va trouer.
Estomac ; j'y arrive pas, je sens que même duodénum est au plus bas. Si Elle me refait un trou je ne réponds plus de rien, je vous préviens. J'en garde un souvenir cuisant du dernier accroc.
Cerveau ; mais ce n'est pas fini de se plaindre ? Comment voulez-vous que les défenses immunitaires aient envie de se mobiliser ?
Estomac ; mais c'est eux qui ont retourné leur veste et qui m'attaquent ! C'est bien la peine d'être Chef et de ne même pas avoir remarqué leur manège !
Cerveau ; dites, Estomac, c'est l'acide qui vous fait oublier à qui vous parlez ? Il existe des tas de moyens de défense, puisque vous semblez l'ignorer. La bactérie qui vous ronge a du aussi s'attaquer à votre raisonnement... On en reparlera lors de votre évaluation de fin d'année...A votre place je m'adoucirais et je réviserais...
Estomac ; évidemment, c'est facile pour vous. Je suis tordu de douleur et vous me coincez dans mes derniers retranchements. Une bactérie, pffttt, y'en a qui sont planqués par ici, j'vous assure. Mais on leur dit jamais rien à eux, ah non ! Vraiment facile de toujours s'attaquer à moi...
Défenses immunitaires ; dis donc, Estomac, tu parles de qui, précisément, avec ta voix aux relents pestilentiels ?
Elle ; vous pouvez arrêter un peu, s'il vous plaît ? Je sens que je vais vomir...
Oesophage ; ah non, pas ça, je vais finir par être tout brûlé de partout.
Bouche ; pitié, allez vous battre ailleurs, c'est insupportable d'imaginer l'acide qui remonte.
Cerveau ; pardon, on se met en veilleuse. D'ailleurs je ne sais pas ce qu'Elle a avalé, mais je me sens comme dans du coton, moi.
Estomac ; facile pour lui, de se mettre en veilleuse, pendant que je me tords, facile...
Intestins ; tais-toi, Estomac, il va t'entendre. Déjà que tu es dans son collimateur...

 


Pied droit : tu as entendu ce qu'il a dit, l'autre, là ?
Pied gauche : heureusement qu' Elle l'a remis à sa place, non mais ! "Si on emballe les pieds des chiens dans des chaussettes, les coussinets perdent leur sensibilité"... Je rêve !
Pied droit : nous comparer à des pattes de chien ! J'ai cru que j'allais en faire une crampe. Il doit être jaloux de nos chaussettes à doigts, le pauvre.
Pied gauche : Elle a bien fait de lui répondre du tac au tac, et sans aboyer ! Ce n'est qu'un rustre, qui ne connaît pas les petits bonheurs qui vous emballent un à un les doigts.
Corps : il a oublié de réfléchir avant de se moquer d'elle. Parce qu'elle ne vit pas dans un camps de naturistes. Elle s'emballe de la tête aux pieds tous les jours. Manquer de sensibilité... quelle idée !
Peau : surtout qu'elle choisit les matières les plus douces justement ! Toutes molles et soyeuses. Pas besoin de mains calleuses sur moi pour me faire frémir, non mais, ce n'est pas croyable d'entendre ça ! Peau en sensibilité 4 étoiles, je le revendique ! C'est bien un de la variété masculine, tsss !
Ego : alors là, je suis bien d'accord. Mais vous avez entendu comme Elle l'a remis à sa place ? Elle a la grande forme en ce moment.
Image d'elle : même qu'elle se regarde d'un sale oeil parce qu'elle dévore et qu'elle s'en moque ! Presque... Elle s'inquiète un peu de ne plus s'imaginer difforme parce que les autres lui trouvent bonne mine.
Ego : voui, Elle m'a dopé. Un miracle, ça ! Trois kilos en plus sans se voir obèse dans la glace. C'est le toubib qui va être content. Enfin, il a quand même intérêt à ne pas trop lui dire qu' Elle a une forme d'enfer, sinon Elle va sortir les pantalons taille 36 et se plaindre qu'ils la serrent.
Ventre : hier son ado aussi s'est moquée d' Elle. Elle disait "regarde, j'ai plein de kilos en plus, mon ventre est tout rond." Et il a répondu "c'est bien, tu as plus de peau qu'avant.".
Estomac : pour se venger Elle a pris trois tranches de cake aux épices. Après avoir fini les roses des sables en chocolat. Une horreur ! Je fais des heures sup en ce moment...
Elle ; c'est pas un peu fini de parler de moi ? Vous me donnez envie de manger un Snickers pour vous apprendre à travailler en silence.
Estomac : oh non... pas ça... pas dès le matin ! Mais c'est une calamité quand vous avez la pêche, Elle, une vraie calamité !
Ego : tais-toi, malheureux !

 


Mains ; on a des crevasses partout, c'est affreux.
Peau ; revendiquez les filles, saignez, soyez rêches, Elle finira par vous soigner.
Mains ; penses-tu, Elle a dit qu'elle "n'en avait rien à faire" de nous ! L'hiver ça lui vaut rien au moral.
Ego ; je vous l'avais dit que le soleil lui manquait (...)
Mélanine ; je suis en veille, pfft, quel ennui, vivement qu' Elle se dore un peu. Vous ne trouvez pas que j'ai sale mine ?
Ego ; un peu, mais on fait (...)
Elle ; Ego, je t'ai déjà dit de la mettre en veilleuse. Il faut te l'expliquer comment ? Je sais déjà tout ça.
Estomac à Elle ; dites, puisque vous êtes là, toute de bonne humeur, vous ne pourriez pas arrêter un peu avec les chocolats ? Enfin, si ça ne vous dérange pas trop, bien sûr. J'ai un peu de mal à les digérer depuis quelques temps..
Elle ; mon pauvre estomac, il faut que tu tiennes le coup, je n'ai envie de rien en ce moment. Alors je grignote. Des trucs pas vraiment nourrissant et un peu trop gras, hi hi, mais les douceurs ça me remonte le moral !
Estomac ; oui, je savais que ça n'allait pas fort, à cause de l'acide qui se déverse parfois. Mais je tiendrai le coup, Elle, vous verrez, j'vous aime bien, même si vous ne pensez pas toujours à moi.
Elle , tu es trop chou, estomac, je te revaudrai ça plus tard, en maison de retraite. Je mangerai é-qui-li-bré, promis.
Mains ; puisqu'on en est aux voeux, on ne pourrait pas avoir un peu de crème sur la peau ? Regardez, on croirait qu'on a jardiné, on a des éraflures partout !
Elle ; oh, j'oubliais. Pauvres chéries, je ne m'occupe pas de vous, hein ? Mais c'est que je me sens si inutile, en ce moment. Vous l'avez remarqué, vous ne touchez jamais d'autres doigts que les vôtres.
Mains ; justement, si vous nous enduisiez d'un peu de crème le soir, vous n'oublieriez pas ce que ça fait de caresser, même si ce n'est que nous.
Ego ; et voilà, réduisez lui le moral en miettes, allez-y, insistez !
Elle ; Ego, laisse les parler. Même si ce ne sont que des extrémités les mains font parti de nous. Nous devons être solidaires. Bon, je vais tenter de prendre soin de tout ça. Après tout. Ce sont les fêtes en ce moment, chacun a droit à un peu de bonheur.

 


Pied droit ; t'as vu comme en est mignon avec nos chaussettes à doigts ?
Pied gauche ; j'adore, c'est tellement doux quand elle nous enveloppe un à un les orteils ! Même si je rigole bien quand elle se trompe de doigt.
Mollets ; et c'est mieux pour nous, aussi, parce qu'elle ne peut pas mettre de dimettes dessous. Et qu'on est horribles en dimette. Surtout quand elle a oublié qu'un rasoir ça peut servir ! Les poils se mettent à rebiquer, ravissant spectacle...
Ego ; de toute façon pour ce (...)
Mollets ; Ego, on t'a pas demandé de faire des commentaires. Va dormir.
Mains ; t'as raison, il faut savoir l'ignorer celui là. Avec lui il n'y a jamais rien qui va ! Nous, en ce moment Elle nous enfile des gants et en plus des mitaines. On adore aussi. C'est tout chaud. Bon, parfois, on a froid quand elle ne garde que les "sans bouts de doigts", pour fumer une cigarette, mais on lui pardonne.
Tête ; mais pourquoi Elle ne met plus de chapeaux alors ?
Cheveux ; à cause de la cire, nigaude ! Elle nous sculpte le matin, elle n'a pas envie que ce soit tout écrabouillé, pardi ! Pfft, les os, ça ne comprend rien à l'esthétique...
Ego ; quand même vous voyez bien que ça vous tracasse cette histoire d'apparence et (...)
Elle ; Ego, la ferme !
Corps ; merci Elle! On aime drôlement quand vous lui parlez comme ça, à l'autre nain.
Elle ; et la solidarité, vous en faites quoi ? J'ai le droit de lui parler comme je veux, moi, mais vous devez tous cohabiter, alors faites un effort avec lui, quand même !
Nez ; moi je résiste, j'suis pas une mauviette. Même que je ne suis plus enrhumé malgré le froid en vélo. Je suis le plus fort, nan na na nanère !
Mémoire ; je trouve que le froid ne me réussit pas. Elle me fait travailler en boucle, comme si les souvenirs s'aggloméraient en cristaux. Vivement le dégel.
Moi et Sur-Moi ; écoute, Mémoire, on a besoin de ça pour bien analyser et comprendre. Elle ne veut pas refaire certaines erreurs, c'est la bonne saison pour l'introspection. Le froid et la pluie, le vent glacé et les frimas, ça nous laisse du temps. Les nuits sont longues, il faut réfléchir, analyser, trier. Après on fera le ménage, c'est promis.
Mémoire ; de toute façon c'est vous les chefs, hein ! moi je disais ça comme ça ! Mais ne venez pas vous plaindre que je tourne au ralenti... J' vous aurai prévenus.
Muscles ; ben il y a pas que toi qui tourne à bas régime. A cause de Cou elle avale des trucs pas possible. Plus de minerve, mais alors des molécules chimiques complètement amollissantes en échange.
Cou ; d'abord, ce n'est pas à cause de moi, mais de Vertèbre, non mais, il faudrait veiller à ne pas m'accuser à la légère. Et puis comment ça, plus de minerve ? Ben si, elle l'enfile quand ça fait trop mal ! Mais seulement au boulot ! Evidemment vous, les Muscles, vous dormez à ce moment là ! Tiens, l'autre jour, il y en a un qui lui a demandé si ça ne chauffait pas trop sous la minerve, Il cherchait le "cou-pable" si son "cou pèle". On rigole bien quand même !
Ego ; ah bon, vous rigolez ? Parce que moi je (...)
Corps ; la ferme ! Ego. La ferme !

 


Méninges ; Elle craque ou quoi ?
Néo-cortex ; on a un peu de mal à suivre nous aussi, il faudrait quelques heures de sommeil que Cerveau travaille à son rythme et remette enfin tout le gloubiboulga en place.
Cerveau ; dites, l'habillage, vous n'avez pas fini de vous plaindre ? J'y arrive très bien comme ça, moi. Le classement, je le ferai plus tard, il n'y a pas encore de toiles d'araignées entre les caisses. Elle finira bien par s'endormir sans même y avoir pensé.
Néo-cortex ; c'est vous qui le dites, que vous y arrivez, Chef, pourtant ça chauffe drôlement, je vous l'dis ! Il y a des zones qui frisent le disjonctage.
Mémoire-tampon ; exact, je sature ! Plus rien ne se stocke, Elle va même finir par oublier qu'Elle vient de se laver les dents et faire double brossage !
Gencives ; ben il vaudrait mieux pas, parce que son nouveau dentifrice arrache tout. Papilles s'en plaignaient ce matin, et je comprends pourquoi. Un vrai décapant ce truc, à croire qu'ils ont mis du Décap'four en tube.
Luette ; moi j'adore, ça me fait des frissons de partout quand Elle respire après ! J'en frémis comme... comme...
Hormones ; tu disais Luette ? D'habitude on ne t'entend pas pourtant ! Allez, finis ta phrase ; comme ... comme quoi ?
Luette ; gloups, je suis toute sèche, excusez-moi, je repars me caler au fond.
Cœur ; moi je sais pourquoi Elle ne dort pas.... la la la... moi je sais ...
Oreilles ; hé, ramène pas tes pulsations, le gros, nous aussi, on sait ! Secret de polichinelle ! Elle a eu le mari de sa copine au téléphone une heure ce matin, et ce soir la visite de son ami qui ressemble à l'autre là, le politicard ! A croire qu'il y a une épidémie de couples en péril en ce moment. Alors on a été en alerte maximum pendant des heures. La célibataire qui rabiboche les couples en péril ! Ferait mieux de s'occuper d'Elle, oui !!!
Néo-Cortex ; ah ! encore des histoires avec leurs femmes ! Ils ne peuvent pas régler ça tout seuls ? On voudrait des horaires adaptés, nous.
Ego ; et oui, Elle sait écouter, monsieur le costume cervical, Elle n'est pas que dans l'apparence, Elle. S'ils ont besoin de parler, Elle les écoute. C'est ça, être amis, non ? Mais ça lui met le moral à plat à force, et Elle n'arrive plus à dormir comme un bébé après.
Oreilles ; Waouh, Ego, tu est drôlement en forme, toi ! Tu ne nous couves pas un complexe de supériorité au moins ? J'ai l'impression que tu as doublé de taille depuis la dernière fois ! Tu ne veux pas lui expliquer qu'Elle peut se mettre en grève aussi ? "Le Samu Sentimental a déposé un préavis reconductible de 48 heures, veuillez déposer vos réclamations dans la boîte aux lettres à l'entrée". Ce serait vraiment bien, ça. Deux jours à ...
Ego ; deux jours à .... quoi ?
Oreilles ; à s'occuper d'Elle, pardi !
Ego ; pfftttt... s'occuper d'Elle.. pour quoi faire ? pour se regarder dans les miroirs ? pour se parler en monologue ininterrompu ? Sincèrement ?
Cerveau ; tient, il a à nouveau rétréci. Lui faut pas grand chose, à Ego. De toute façon, moi, je n'y comprends rien à ses histoires là. Je bosse, je trie, je classe, je nettoie, pas le temps de m'occuper de ces sornettes ! La marmotte, qu'est-ce qu'elle fait du papier, hein ? Elle le replie, et hop, emballé, on n'en parle plus.
Ego ; ohhhhhh... je crois que je vais aller dormir, j'ai besoin d'oublier que je vis dans un monde de brutes....

 


Estomac ; pfft, c'est l'enfer par ici, Elle nous envoie des trucs bouillants à refroidir. Et sucré en plus, Insuline va être contente.
Insuline ; moi, tu sais, je suis en période de stress avec Elle, alors, je n'ose même pas te dire que tout ce miel me fait du mal, Elle fait pire en ce moment. Quand Elle sort. Et c'est souvent.
Intestins ; c'est quoi ce truc bizarre qui est noyé dans l'eau sucrée ?
Cerveau, survolté ; du gingembre. Frais, en décoction.
Intestins ; on connaît ça, avec le poulet, à petite dose, jamais dans de l'eau ! Elle a de ces idées bizarres !
Nez ; c'est pour moi !!! Oui, je suis un peu congestionnée en ce moment. Les humains appellent ça "enrhumé". C'est dur, Elle râle ! Me tripatouille toute la journée avec des mouchoirs, ça n'arrange pas grand-chose. Mais le gingembre a l'air de marcher !
Estomac à Nez ; t'y fie pas, Elle a croqué aussi de la vitamine C et un truc truffé de molécules synthétiques pour te calmer. Va savoir ce qui est le plus efficace ?
Ego ; Elle a raison, Elle tente le tout pour le tout, On sort ce soir.
Cerveau ; pour ce qui est de l'énergie Elle en donne bien, reste à savoir comment on va gérer ça dans la nuit. Remarquez, Elle a fait une sieste, en prévision, alors on a une chance de ne pas la lâcher trop tôt !
Ego ; Elle veut, alors ça devrait marcher. C'est quand même Elle qui décide vraiment, même si Nez l'embête.
Nez ; oh, je n'y peut rien, moi ! Elle s'est baladée sans chapeau au bord de l'eau pendant des heures.
Oreilles ; c'est vrai, et on avait froid, nous, on étaient toutes rouges.
Mains et Pieds :nous on étaient assortis, tout emmitouflés dans des rayures douces et multicolores!
Ego ; rire étouffé... Elle ne voulait pas être décoiffée !
Cheveux ; Elle a trouvé un truc chouette pour avoir l'air toujours un peu ébouriffée par le vent. C'est sympa, Elle nous touche souvent, maintenant. Mais les chapeaux...
Oreilles ; Elle a intérêt à les ressortir pour le vélo, quand même, parce qu'il commence à faire froid le matin. Un jour on va se détacher, congelées...
Cerveau ; attention, Elle prépare une nouvelle décoction de gingembre ! On va avoir chaud !
Vessie et Reins ; bon, ça ne va pas durer toute la nuit ? Parce que sinon Elle ne va pas pouvoir danser, Elle va mieux connaître les toilettes que la piste !
Cerveau ; si ça se trouve Elle n'y a pas pensé, on va bien rire !
Peau ; sans vouloir faire ma "chochotte", comme dit Ego, tu pourrais lui demander de s'habiller normalement ce soir ? Je suis hypersensible au froid, moi, avec la congestion de Nez.
Ego ; mais oui, Elle y a pensé. C'est Nez qui est atteint, pas sa Conscience. Vous la prenez pour une stupide parfois. Pas de robe ou de jupe. Pantalon, tu vas être tout à l'abri. Contente, Elle chochotte ? Non, ne râle pas, c'est pour rire que je te dis ça ! Elle va drôlement mieux, je sens que je vais même prendre du poids, bientôt.
Cerveau ; ah là là, si Ego gonfle, ça va être l'enfer....

 


Lèvres ; c'est divin ce bâton tout doux qu'Elle me passe sur la bouche, du beurre de cacao, j'adooore...waouh, je me sens... si vous saviez comme je me sens bien, et (...)
Peau ; hé ! tu me donnes la peau de poule à parler comme ça ! Qu'est-ce qui se passe, quelqu'un t'a embrassée ? (...)
Hormones ; arrêtez de fantasmer, les filles, ce n'est que moi qui suis un peu en vrac en ce moment ! Un coup Elle se sent femme fatale, un truc imbuvable !
Souvenir de Thyroïde ; ah, moi, je n'y suis pour rien, je ne suis que fantôme. Mais je crois bien que les ovaires trament quelque chose, non ?
Ovaires ; ma chérie, ma chérie, tu es pleine d'intuition, toi ! Transparente comme un fantôme, mais futée quand tu veux ! Voui, on est en plein boom ici ! Et ça la booste grave... à croire qu'Elle a encore l'âge de (...)
Ego ; mais ça n'a rien à voir, son âge ! Pffft, vous êtes tellement terre à terre, vous autres ! Elle a le cœur qui bat tout simplement, de la même façon que quand Elle avait 20 ans. A chaque fois c'est pareil ! Vous ne savez donc pas que les émotions ne vieillissent jamais ? D'ailleurs Elle s'en veut beaucoup de ça. Elle aimerait oublier qu'elle a un cœur (...)
Cœur ; ben il ne manquerait plus que ça, tient, m'oublier ! ! Moi j'aime bien lui jouer un ptit air entraînant, avec palpitations et tout et tout (...)
Reins ; et nous on lui fait des trucs qui la rendent toute chose après, qu'est-ce qu'on rigole !!!
Cœur ; ah, des vrais durs, vous deux, comme moi, pas des chochotes comme cet Ego gnan-gnan, toujours en train de la ramener avec ses trucs psychologiques débiles...
Ego ; je prends soin d'Elle, tout simplement. Vous, vous êtes des machines. A-t-on déjà vu des outils penser ?
Ovaires ; laisse tomber, Ego, ne les écoute pas. Tu sais bien que ce sont des mââââles....
Oestrogènes ; heureusement que nous sommes là pour la rendre douce et compréhensive, pas vrai Progestérone ?
Progestérone ; oui, même qu'en ce moment nos taux grimpent en flèche. Elle se sent drôlement plus belle qu'avant, non ?
Ego ; je voulais vous dire merci à ce sujet, vous êtes des collaboratrices hors-pair, vous toutes (...)
Cœur ; (...) et patati et patata (...) N'empêche qu'Elle fond en larmes pour n'importe quoi avec vos salades ! Heureusement qu'on est solides, nous !
Lèvres ; vous me fatiguez avec vos dialogues de sourds. Regardez, je fais la moue, c'est joli non ?
Ego ; très joli, Lèvres, très. Mais tu es encore plus jolie quand tu souris, tu sais !
Lèvres ; ohhhhh, c'est vrai ? D'accord, tout ce que tu veux, Ego, on est si douces en ce moment... la la la ... un jour, mon prince viendra....la la la... et il m'emmènera (...)
Cerveau ; bon, les organes, tenez vous à carreau, laissez les hormones jouer un peu. D'accord vous ne savez plus comment vous comporter, mais après ça va rouler droit, c'est moi qui vous le dit !

 


Crâne ; pfft, vous entendez ? Elle n'arrête pas de dire que je pèse trop !
Cerveau ; et pourtant on ne peut pas dire que je sois trop lourd, moi. Compact et dense, parfaitement, comme un format MP3.
Crâne ; non, Elle ne se plaint pas de toi, juste de ma boîte crânienne.
Cerveau ; Elle a fumé autre chose que ses cigarettes ou quoi ? Elle fatigue en ce moment, je m'en suis aperçu !
Crâne ; figure-toi qu'Elle aurait aimé que je sois en polyuréthane... moi ! ... oui !!! Si je te le dis ! Il paraît que c'est plus léger...
Cerveau ; pfft, Elle n'y est pas allé de main morte dis-donc ! En plastique pur pétrôle ! Moi qui la croyais plutôt écolo, je suis déçu ! Heu, c'est sympa le polyuréthane remarque, ça casse pas !
Crâne ; crétin !
Vertèbre cervicale ; c'est de notre faute. Elle a mal. Enfin, de notre faute...n'exagérons rien. Si les tendons avaient été plus efficaces (..)
Tendons ; oh, on parle de nous, et pas gentiment à ce qu'on entend !
Vertèbre cervicale ; écoute, si tes attaches avaient été de meilleure qualité on n'en serait pas là.
Tendons ; mais on n'y peut rien, nous, on fabrique nos cellules avec ce qu'on trouve de disponible sur le marché, hein ! Ouais, pour le coup on assure pas le service après-vente.
Cou ; et c'est moi qui trinque ! Emballé toute la journée dans la minerve. Plus un geste possible. Privés de danse, de hochements. Immobilisé toute la journée, vous vous rendez compte ?
Ego ; oui, et en plus Elle est toute pas jolie comme ça. Les autres la regardent comme si Elle était malade. Oh la la la la, comment faire pour être gai avec tout ça !
Cerveau ; Ego, tu en fais toujours trop, je ne vois pas en quoi la minerve te gêne !
Ego ; évidemment, vous, les organes, vous n'avez aucune finesse, aucun recul. Mais Elle, que croyez-vous qu'Elle voit ? Les organes ? Bien sûr que non, Elle voit les autres humains. Et ils la regardent comme si Elle était une extra-terrestre, la pauvre. Sans compter tout ceux qui lui font des jeux de mots plus lourds les uns que les autres!
Oreilles ; ah oui, trop délire aujourd'hui ! avec ce coup dur qui lui donne le courroux ! Quel collet monté tu es Ego... Nous on a bien ri ! Courage, fuyons dans la cour... hi hi hi...allons faire des courses...on n'y coupe pas... ah que cou-cou... ha ha ha...
Ego ; mon dieu, un peu de finesse dans ce monde de brutes, c'est tout ce que je demande, moi...
Crâne ; oh là là, ça ne m'aide pas, tout ça ! Je tente de me faire léger-léger et j'ai une bande de lourdauds qui sont rattachés à moi.
Estomac ; dites, là haut, est-ce que je me plains moi ? Qui doit les digérer les médicaments qu'Elle avale, hein ? J'essaye d'avoir un peu de tranquillité pour ne pas lui ré-ouvrir son ulcère, moi. Et oui, je bosse. En silence. Il y en a qui devrait en prendre de la graine...
Ego ; et voilà, ils vont recommencer à se disputer...La pauvre chérie, devoir vivre avec tous ces conflits... Elle n'est pas aidée...
Vertèbre ; et nous, qui nous aide, Ego ? Hein ? qu'est ce que tu crois ! Avec ces screu gneu gneu d'ordinateurs qui lui prennent la tête toute la journée... pfft... Et les copains, vous avez entendu ? (...) prennent la tête (...). Pour le coup, la sanction est tombée comme un couperet, Elle abandonne le poste pour 5 jours ! Et, les gars, vous en avez d'autres ? Trop drôle, moi ça me coupe l'inspiration de trop rire...
Ego ; vos couplets sur son cou sont stupides, c'est d'un facile ! D'ailleurs vous devriez plaider coupable, tous ! Hi ! Hi ! Vous avez vu ? moi aussi je sais rire ! (...) Qui a dit que c'était un effet des médicaments ? Qui ?

 


Fessiers :on en peux plus, des mois sans bouger et là, c'est un rythme d'enfer... et vous, Cuisses , vous n'avez pas des crampes ?
Cuisses ; .. peut pas... répondre... on bosse.... au max.
Fessiers ; nous aussi, qu'est-ce que vous croyez ! Hé, les abdos, ça va, vous ?
Obliques ; cool pour nous, Elle nous a oubliés dans sa série de mouvements !
Latéraux ; Nous non, double dose ce soir. On avait oublié à quel point on existait, c'est tout dire. Elle va finir par arrêter, bon sang, on en peux plus.
Sang ; glou-glou, je suis là, vous parlez de moi ? Merci pour le compliment, c'est vrai que je suis tout bon, c'est le toubib qui l'a dit. Moi je l'savais bien, mais il faut toujours qu'ils m'en volent un peu pour passer au microscope !
Artère cardiaque ; écoute, "glou-glou", tu es super mignonne dans ta robe écarlate, mais au lieu de minauder, tu ne pourrais pas te fluidifier un peu ? On peine, nous !
Sang ; me fluidifier ? Oh là, c'est Chef qui doit décider. Si tu as son accord j'm'en occupe.
Cœur à Cerveau ; demande de fluidification du trafic sanguin pour éviter bouchon en prévision.
Cerveau à Sang ; entendu Cœur, allez-y Sang, mais vous vous arrêtez dès que Cœur bat à un rythme plus normal, entendu ?
Cuisses ; Elle va s'arrêter dans quelques secondes, je lui ai concocté une petite crampe...
Thermomètre interne à Cerveau ; dites, vous pouvez lui faire boire de l'eau ? On monte, on transpire tant qu'on peut mais j'ai besoin d'eau. Vite en plus. La crampe, elle vient de là....oui, pas la peine de vous la jouer, les Cuisses, vous n'y êtes pour rien...
Cuisses ; oh, ça va, ça va, de toute façon, avec vous, personne n'est jamais responsable de rien....ne vous étonnez pas si on se met en grève, vous l'avez bien cherché à nous toujours nous dé-responsabiliser.
Cerveau ; dites donc, les organes, vous ne pouvez pas cohabiter en silence ? Il y en a qui travaillent autant que vous et qui le font en silence.
Ego ; soyez compréhensifs, Chef, Elle s'occupe d'Elle, c'est pas souvent quand même. Et c'est dur pour eux, ils sont en première ligne, les pauvres.
Cerveau; si j'ai besoin d'un conseiller je vous ferai signe, Ego. Pour l'instant allez prendre l'air. Les autres, tous les autres, au boulot, c'est excellent cette séance d'abdo-fessiers, excellent. Oui, Ego, pour Elle aussi, mais non, on ne l'oublie pas... Soupir....
Ego ; oui j'y vais, prendre l'air, je vois bien que je gêne. Mais je vous assure que je ne voulais pas vous embêter, moi...

21 février 2008

Iké@, mon amour...

    pourquoi m'as-tu laissée là, toute seule, avec ces énormes cartons ? Tu sais bien, Iké@, que j'ai une toute petite voiture, des tous petits muscles et que cela allait être impossible pour moi toute seule.
Salaud, va !
Qui va pouvoir venir avec sa grosse voiture et ses gros bras m'aider ? Me suivre jusqu'à chez moi, en plus ? Puis sortir du coffre sa merveilleuse perceuse à percussion, et la dégainer d'un geste sûr. Tu sais bien, Iké@ mon amour, que je visse tout de guingois, moi ! Et monter des étagères et une armoire, ce n'est plus de mon âge, merde.
Et pour tes planches qui ne sont pas en basalt, je te le redis, tu n'es qu'un salaud !
Mais après, nous boirons à la santé, mon foutu Iké@, de ton amour en kit et de toutes tes foutues planches même pas numérotées.

17 juillet 2007

Et la prochaine, c'est quand ?

Il s'est jeté au sol et m'a dit :
- allez, à toi, j'attends.
Moi ? Pas question ! J'avais assez de mal à tenir debout avec tout l'attirail... alors, aller par terre !!!!
Je n'ai eu le temps de lui expliquer que, tout bien réfléchi, je pensais que... il a titillé ma cheville et vlam, moi aussi j'étais dans la même position de tas. Avec en accompagnement le premier de mes "et merde" de la soirée.
- leçon n° 1 ; apprendre à se relever.
Pour sûr je l'ai écouté, je n'avais pas le choix. J'ai suivi tous les mouvements scrupuleusement. Y compris dans la position du fox terrier devant un trou de lapin. Oui, celle la même, l'air ridicule, quoi ! Le gros moment de doute est apparu quand j'ai eu le pied droit au sol, le dos raide comme il fallait et le pied gauche toujours vautré à l'arrière. Il fallait que je me relève ? Non... ce n'était pas sérieux, j'avais autant d'équilibre qu'une savonnette sur du carrelage. Et le sol était tout aussi dur.
Ego [ mais oui, Ego, je parle de toi, là, tu peux être content. Quoi ? c'est moi qui suis ridicule ? La ferme, mon chou, la ferme, on est dans la même galère tous les deux...], donc Ego se fit tout petit [bien fait pour toi] et dût s'armer de courage.
- Debout ? Là ? Maintenant ? 
J'y suis arrivée ! Il y eut une salve d'applaudissements dans ma tête [je suis la meilleure ! je suis la meilleure ! ]. J'avais appris le B.A ba, à savoir me gameller et me relever. Ce qui est quand même l'essentiel.
Après ?
J'ai mal.
Aux fesses (allez les filles, courage, vous ne le regretterez pas),
aux mollets (malgré mon vélo quotidien, on voit bien qu'on ne pédale pas de la même façon sur deux roues) ,
aux chevilles (non, ce n'est pas parce qu'Ego avait gonflé de joie),
aux épaules... (pour elles je crois avoir compris, c'est à cause de l'amplitude de mon mouvement de balancier indispensable à mon équilibre. Quant à l'élégance, il vaut mieux l'oublier....),
à la langue et aux lèvres (à chaque nouveau mouvement "allez hop, on passe aux trottoirs", je me mordillais d'angoisse)
au dos ( "penche-toi bien",  "redresse-toi maintenant" )
Mais je me sens bien, ça doit être ça le masochisme.
Tout le monde a compris qu'hier j'ai pris ma première leçon de roller grandeur nature. Sans rien me casser ! Et nul bleu à l'âme [tais toi Ego, ça existe, j'en suis sûre], juste un sur les fesses....
Heureusement qu'après il y a le apéro'ller !
Dans une odeur de chaussettes surchauffées, rien n'est meilleur qu'un pâté de tête persillé sous la lumières des spots d'un parking envahi de fous qui tentent de rouler sur quatre minuscules roues accrochées sous des chaussures qui écrasent les petits os fragiles des pieds....

28 mai 2007

Vous en reprendrez bien un verre ?

C'est super, la pluie ! Pensez donc, nos nappes phréatiques sont enfin à 100 %. Et puis vous avez vu ces magnifiques tons de vert dans nos campagnes ? Les forêts, les champs, tout est superbement vert.  C'est sûr, c'est de la voiture bien chauffée qu'on les apprécie vraiment.  C'est normal, en mai, on fait ce qu'il nous plaît. On s'emmitoufle dans des petits pulls, on remplit les poêles à pétrole qui s'ennuyaient, on mijote des petits plats à servir brûlants. J'adore. Et les parapluies qui s'égouttent sur la terrasse, c'est un spectacle digne de Mary Poins, un vrai régal.
Et puis ma vigne se taille toute seule grâce au vent et à la pluie. A coup de grandes tiges qui ployaient déjà sous les grappes en avenir. Toujours ça de moins à faire. Et ma rocaille tapissée de mousse est sublime. Je la vois bien de la fenêtre du bureau. Bon, je ne peux pas l'ouvrir, sinon ça mouillerait le lit, mais j'y vois bien à travers les carreaux.
Tenez, hier, j'ai voulu faire ma mariole. Il y avait un vrai morceau de bleu dans le ciel et j'ai vu le soleil. Si si, je l'avais bien vu ! Et j'ai pris ma moto. Parce qu'elle se sentait un peu délaissée, et que son foutu pointeau de m**** avait enfin été changé. Fini de consommer autant qu'une Porsche avec ma 125, l'essence reste dans le réservoir. Ça se fête, ça ! Bref me voilà partant faire un petit tour. Avec les lunettes de soleil pendant au moins dix minutes. Si, puisque je vous le dis !
Je suis allé voir ma copine, puis la maman de ma copine, à la campagne. Avec sa voiture. J'ai même ramené des pieds de marguerite : super facile de les déterrer, la terre est meuble grâce à la pluie. C'est au retour, en moto, que j'ai compris que j'avais fait la mariole. Quand il y a eu les trombes d'eau. Le rideau opaque, vous voyez ce que je veux dire ? Même les voitures roulaient à la même allure que moi sur la rocade. Pas plus de 100.  Mon blouson, il est super extra : étanche et tout et tout. Le bas de pantalon un peu moins : il a tenu trois minutes, je pense.
J'ai senti une fraîcheur exquise s'infiltrer dans mon pantalon, suivre une petite rigole le long de ma culotte (non et non, jamais de string en moto), descendre à l'intérieur des cuisses et se couler sur les mollets. C'était très rigolo. Presque comme si un amant avait voulu suivre mes contours. Bon, remarquez, si ça avait été un monsieur, je l'aurai envoyé prendre une douche brûlante avant, mais bon, je fantasme, ça ne peut pas me faire de mal. Et j'ai enfin vu la bretelle de sortie qui allait me conduire chez moi. C'est là que j'ai bien ri. Parce que j'ai du rétrograder, avec le pied gauche, et freiner, avec le droit. Et bien c'était comme si j'avais été à la piscine ! Il y avait une flaque dans chacune de mes chaussures. J'ai senti mes doigts qui flottaient doucement, un vrai bonheur.
Tant que j'y étais à faire la mariole, j'ai continué en arrivant à la maison... Il a fallu m'aider à me déshabiller ! Comme un vieux croûton ! Parce qu'enlever un jean trempé ce n'est pas facile. Et défaire le double nœud des chaussures non plus. Parce que mes mains étaient toutes fripées !
C'est super la pluie, pas vrai ? Quand il pleuvra un peu moins j'irai planter les marguerites au fond du jardin.

18 avril 2007

Baiser ?

Tu veux savoir pourquoi je dis ce mot qui choque tant ?
Parce que je l'aime ce mot là.
Tu me vois murmurant "j'ai envie de faire l'amour ? " alors que l'amour je ne sais même pas si ça en a le goût et l'odeur ? À la limite je pourrais tenter un "tu me fais la tendresse ? " ou alors "tu me fais la douceur ? " Mais pas l'amour, merde. C'est autre chose. Ce ne sont pas que des humeurs qui s'accordent un moment.
C'est peut-être un raccord de moeurs, un accord de peaux, un corps à coeur, un cor qui gémit au fond d'un lit à la nuit noire, un accord plaqué de plaisirs en ré majeur. Mais c'est encore autre chose que ça.
C'est aussi le rire qui éclate comme un ballon de foire trop gonflé, c'est le regard qui s'égare comme dans le brouillard, les frissons sous le soleil et le corps qui semble s'évaporer en ruisseaux. Mais pas que ça, non.
Remarque, je te fais une liste de supermarché, mais je le sais bien, moi, que ça se reconnaît l'amour.
Entre mille larmes à la con, il n'y en a qu'une qui vient droit du coeur.
Entre mille odeurs à la con, il n'y en qu'une qui est celle de toutes les saisons réunies.
Alors, quand je te dis "on baise ?", écoute bien tout ce qu'il ya dans ce mot, de baiser.

Il y a l'amour qui s'est déguisé et qui a posé sur sa bouche un gros mot pour te parler. Comme dans la cour de récré. On baise en devinant le goût défendu de nos corps qui vont tout entier se baiser suavement. On baise en sachant que si l'on ne s'aimait pas, on ne pourrait pas se baiser.  Et j'aime que tu prennes ta tête dans tes mains, que tu saisisses mes poignets pour les emprisonner, et que mon abandon tout entier te porte dans cette baise si douce et violente de nos corps.
Je te baise de tout mon amour

29 septembre 2009

Rire

Ce n'est pas de faute, je le sais bien.
Quand tu aimes me parler avec tes mains,  j'entends en rime putain.
Tu ne sais pas alors combien je deviens sous tes paumes vulgaire catin.

Alors j'écris.

Pour ceux qui ne poseront jamais leurs mains sur ma peau satin.
Pour eux qui ne connaissent pas mon sexe écrin.

Je t'ai dit le besoin des mots, écho de tes mains.

Des mots velours.
Des mots presque d'amour.
Pour voiler de volupté les humeurs de tes doigts et me parer de décence.
Pour apaiser mes douleurs crues teintées de cendres.

Et tu as ri.
Ri.

26 janvier 2009

Gabelle

De blessure en griffure, peu à peu délavée du sébum où les mots acides déperlent, je m'étiole. Transparente à vos yeux aveugles. Non, vraiment, ce n'est pas parce que je suis votre mère que vous devez tout dire de moi.
Non, je ne veux plus. Je ne peux plus.
Quand verrez-vous que chaque mot que vous m'assenez au nom de la vérité voit ma paix vaciller et s'embuer de douleurs qui strangulent ma voix ? J'étouffe et meurs accrochée à une vie dont je ne veux plus.
Jamais je n'aurais cru entendre tout cela. Jamais. J'aurais tant aimé que vous compreniez un peu. Un tout petit peu.
L'amour qui a déserté ma vie depuis si longtemps a créé une béance que vos mots creusent encore un peu plus.
J'ai fait comme j'ai pu. Je ne pouvais pas faire plus.
Je me suis rongée, j'ai affronté la peur, les comptes où chaque franc égaré résonne en crampe. J'ai essayé de vous donner la volonté de faire votre vie à l'image de celle dont vous rêviez. J'ai cru que vous y arriviez. Vous l'avez fait. Vous avez construit votre voie, pourquoi me jugez-vous  ? Pourquoi ne me laissez-vous pas en paix ? S'il vous plaît.
Ne voyez-vous pas que si j'ai voulu déjà vous attribuer le pécule peu à peu amassé, si je vous ai déjà tout donné, partagé à égalité, c'est parce que je n'ai même plus la force de me créer une vie loin de tout, et loin de vous.
Vous me dites, "mais ne pleure pas, ce n'est rien". Et le sel qui ronge mes yeux me brûle encore davantage de cette légèreté que vous accordez à mes larmes.

24 janvier 2009

Culbuto

Une nausée me berce, écoutant ta voix au tempo vacillant, aux accents douloureux. Tu me manques, tu me manques, tu me manques. Je ferme les yeux, mes souvenirs oscillant en un balancement imperceptible.
Douleur familière que j'avais presque oubliée... Comment être sourde à ce tempo qui enchaîne maintenant tes mots culbuto ?
Je l'ai connue cette ivresse lourde, qui entraîne le corps dans un déséquilibre pesant. Je m'en souviens, dans les cals rugueux qui parsèment encore mes chairs. Comment oublier ces instants ? Où mes muscles bandés sous la prééminence d'une pirouette légère, mes yeux rivés au point de chute à venir, quand je n'avais pour seul but que de cette fuite en cabriole, je retombais toujours,  légère et nauséeuse, vers ce sol près de Toi.
Culbuto aimanté à Toi et Moi.
J'ai lutté de toutes mes forces contre ce déséquilibre qui m'empêchait d'avancer vers un autre demain. Je t'ai fui  avec rage, avec violence, allant dans un chagrin qui me rivait à des lumens terrifiants. J'ai eu peur, eu mal. Le temps avait été mon chemin pour enfin savoir.
Je t'aimais encore, c'était ainsi, et ce le sera. Je suis revenue d'un pas chassé, le corps libéré de cette attache d'espoirs  pesants, plus dangereuse que des chaînes, qui me maintenaient rivée à Toi. Les espoirs insensés et vains se sont dissous peu à peu, laissant un nouvel amour, léger et pur, naître pour Toi.
Toi, dont j'entends maintenant dans la voix cette douleur oscillante. Tu as mal de tes pensées sans cesse attachées à Moi. Ton cœur s'en balance, encore et encore, qui m'aime et s'enchaîne à mon absence. Ton cœur qui jamais ne prendra le mien par la main vers demain. C'est ainsi, petit scarabée. C'est ainsi. Je t'aime, et je l'accepte. Ta vie ne sera jamais près de Moi. Ni dans la joie ni dans les peurs. J'ai appris à vivre seule.
Quel chemin vas-tu devoir parcourir pour te libérer de Moi ? Vas-tu toi aussi me fuir avec violence, tranchant cet aimant qui nous retient ? J'accepterai toutes tes décisions, tout comme tu avais accepté les miennes. C'est aussi cela t'aimer.

20 janvier 2009

Autopsie d'une chute

Quand la gamelle est survenue je n'ai pas eu l'impression de la vivre. C'est presque dommage, j'aurais pu en tirer des leçons. Non, je roulais à faible allure, 50 km/h, comme indiqué sur les panneaux puisqu'il était impossible de rouler plus vite, il bruinait et le rond-point approchait. Tous les motards (...) non, tous les vieux motards  savent que leur vrai nom est "piège". Piège à gasoil, piège à gravillons, piège à rochers esthétiques et fracassants posés en décor en leur centre. Bref, un rond-point en vue, on ralentit.
Je ne dis pas tout ça pour me trouver des excuses, de toute façon je n'ai rien vu de la chute, je suis tombée. Et relevée dans la quasi seconde. Pour couper le contact de ma moto couchée et toujours pétaradante. Bon, le genou gauche, j'ai de suite compris qu'il avait pris un choc. Pour le reste, ne pas penser, ne pas se regarder et stopper la voiture qui arrive. Le gentil conducteur a pensé à relever ma moto et j'ai bien compris en voulant l'aider que j'avais mal de ci delà. Mais pas au point de rester à fumer une cigarette en me remettant de mes émotions. Elle est en état de marche, il faut repartir et la ramener à bon port. 23 km, ce n'est pas si loin.  Repartir de suite, avant que les douleurs n'arrivent. L'avantage de l'adrénaline c'est qu'elle anesthésie.
La seconde chance c'est la solidarité de ce monde des pétaradants. Des amis motards, qui m'ont croisée en voiture m'ont suivie jusqu'à chez moi. M'ont déshabillée. Ri de mes genoux aux allures de chou-fleur, massée à l'Arnican.  Raconte ! C'est drôle de ne pas savoir. On roule, puis on est au sol. Comment ? Je ne sais pas.
La première nuit... non, là, on ne dort pas, on a mal. On rigole un peu des bleus sur les jambes, on s'étonne d'avoir quand même mal à la main. Le matin, on ne rigole plus du tout. Douze heures ont passé, on grimace à chaque pas. Mais tout va bien en réalité, c'est de la bobologie bénigne. Qui rappelle que les chairs aiment les caresses, pas l'écrasement.
Pour finir on a une attelle à cette main droite dont le pouce a du rester bloqué quelque part lors de la chute et a fini par provoquer un arrachement osseux. On maudit d'ailleurs que la main toute entière soit solidaire d'un banal pouce. On regarde un couteau, une cuillère et on s'aperçoit que tout va devenir compliqué pendant trois semaines. Mais on boitille, on ne boîte déjà plus. Le problème des boutonnières se règle grâce aux pantalons souples empruntés aux ados de la maison.
Au deuxième jour on réalise que, tiens, l'épaule gauche en a pris un coup elle aussi. La douleur gère ses priorités manifestement. Et on réalise que jamais on aurait pu ramener sa moto à bon port si on avait attendu un peu trop au bord de la route. Grande route. Puisque à l'aller de ma balade j'avais trouvé les routes de campagne pleines de débris, mottes de terre grasses, animaux écrasés... bref pleine de dangers potentiels. Et là, on ri ! Autopsie d'une survivante en milieu urbain..
Je risque de beaucoup ralentir à l'approche des ronds-points...

11 janvier 2009

Le poison de l'amitié

C'est parce qu'elles m'aiment, je le sais bien. Elles m'aiment comme je suis. Celle qui a tellement besoin d'aide de par la souffrance qui en émane parfois.
Que diable, trêve d'hypocrisie, la critique, tout le monde sait qu'elle peut être très positive. Et constructive.
Même moi je le sais ! C'est peu dire. J'ai un super Ego avec lequel je fabrique de belles murailles.

 C'est étrange, ces amitiés qui veulent toujours me faire du bien.

C'est un poison familier dont je m'immunise peu à peu, l'absorbant, seule avec moi-même, ne voulant plus infliger ma souffrance insupportable à l'autre. Qui m'aime.
L'autre qui me dit amicalement tout ce qui ne va pas chez moi, qui suis une personne tellement formidable et aimable.
Tellement.

S'il vous plaît, lisez donc ceci, puisque je préfère me taire dans mes silences envers vous, qui m'aimez jusqu'à tout m'avouer de mes travers. Pour mon bien.

La politesse est plus généreuse que la franchise,
car elle signifie qu'elle croit à l'intelligence de l'autre

Roland Barthes

30 décembre 2008

Le chemin des silences

Je ne sais pas la vie, et la mort n'existe pas au bout de mes pas.
Je ne sais pas.
J'ai oublié l'alphabet, et écrit un monde en silences libres de ne pas vouloir vivre.
Ni mourir.

Pourtant, je sais.

La mort a le dernier mot, et ma vie le choisira.
La quintessence du mot, en goutte à goutte de lettres indiscrètes suintantes.
Les lèvres closes en un sablier effrayant.
Je chuchoterai ce mot qui tranchera l'outre des silences.
Et toi, toi qui dors dans un désert, tu m'entendras dans l'éclat qui troue le ciel noir.
Et toi, toi qui bois, et ris et aimes, tu me goûteras sur les papilles de ta langue parfumée.
Si tu le veux, je serai là, dans tes silences.
Je les prendrai par mon poing blanchi de rage et nous marcherons vers demain comme deux, qui ne savent rien.

26 septembre 2008

Goutte d'eau sale

Ça a été comme un coup de couteau. Je n'en ai jamais reçu, mais je suppose que la douleur doit être la même. Aiguë et violente. Avant de perdre connaissance.
Je me suis dit ça, bêtement, me rappelant la fois où j'ai laissé un petit bout de doigt tomber dans l'herbe du jardin. La douleur avait été très brève, juste sur le moment. La lame avait tranché net. Ce ne fut qu'après les soins que les nerfs amputés m'avaient vrillée.
Là, ça a été pareil. Il y a eu ce mot qui a fusé. D'une vulgarité insoutenable. Une insulte à mon égard. Pour une poussière bizarre, dans un verre d'eau ; il s'était énervé et moi j'avais souri. Qu'est-ce qu'une saleté ? Rien. On vide le verre, on a cette chance, ici, de ne pas devoir aller au puits. Je souriais. Nous étions tous là, j'avais mis les petits plats dans les grands, pour fêter la fratrie réunie. Et il m'a insultée. Violemment. Dans un silence qui m'a anesthésiée. Je n'ai plus souri, plus rien dit, moi qui parle déjà si peu. J'ai été fumer une cigarette de plus, dans le jardin, en respirant comme on halète.
Mon fils. Oui, c'est bien ton fils, et tu as ta part de responsabilité. Son caractère lui est propre, et il est dur, oui, tu le sais, bien, sa maladie l'a endurci. Mais il t'a insultée. Avec une rage violente. Et c'est bien toi qui l'a éduqué.
Sans un remords, sans un regret, sans un mot d'excuse après. L'insulte était méritée, tempête dans un verre d'eau. Je n'ai pas su lui apprendre à respecter - au moins - sa mère.
Depuis je le regarde, aller à la fac, manger. Je le regarde parfois, quand il est trop visible. Et je réponds aux questions. Oui, non.  Et j'ai honte, une honte terrible, d'avoir éduqué un enfant qui peut insulter sa mère.
La sœur aîné a rajouté ceci ; "le silence aussi est une violence."
Le soir, à l'abri de la nuit, j'ai pleuré.
Je crois bien que je continue depuis, sans plus aucune larme, avec cette absolue douleur de ne pas comprendre ce qui sera pour toujours incompréhensible pour moi.

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