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Eau vive
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19 février 2009

Croquant

Quel repas délicieux ! Quelles conversations animées, pimentées à point des rires piquants de nos 4 vies mouvementées.
Le café gourmand était juste comme il le fallait, gourmand.
Cette vente par correspondance de ma personne me charmait, l'ami avait raison, qui avait des sourires sous-entendus à mon égard. L'homme me plaisait.
Quelques notes de saxo et de tromblon, quelques mesures au piano. Et le dernier verre chez moi.
- Ma femme...
- Tu es donc marié ? Et tu peux ainsi sans souci bavarder chez n'importe qui à l'heure où l'aube est proche ?
- Ma femme est lisse. Très lisse. Si lisse. Jamais un mot plus haut que l'autre. Jamais de questions qui entraîneraient un mensonge. Vingt et un ans de lisse. Et de glissements. D'ennui, évidemment.
(...)
Si lisse
(...)
Un grain de silice.
Il faut bien en rire de la silice !
Petit grain de sable égaré dans un dessert presque savouré...
Quel dommage, je n'aime guère avoir les dents qui crissent sous un grain de sable égaré...

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18 septembre 2009

Toi, mon autre

Parfois, dans ces instants de grâce où les fissures laissent la lumière s'infiltrer, parfois, éclairée d'un vrai amour pour moi, je me regarde et me console. Prenant au creux de mes mots les plus doux celle qui se pense mal et lui dit alors combien elle est autre.
Elle me regarde et je crois bien qu'elle a confiance en mes mots. Elle pleure doucement, puis sourit. Et chante en riant. Puis la fissure doucement s'opacifie, les bords tranchés se ressoudent inexorablement, et je ne la vois plus.
Elle se revêt de cet étrange habit de peurs muettes qu'elle a tissé.
Je la regarde, impuissante, même pas en colère, même pas. Juste habituée à ses absences.
Et elle poursuit sa route. Mendie aux quatre coins de ses rencontres ces mêmes mots qu'elle me refuse, à moi, sa sœur, sa jumelle, son elle-même.
Elle voudrait un inconnu, un ailleurs où je ne peux l'amener. Elle ne veut que l'absolu d'un amour au parfum si familier qu'il la rassurerait.
Toi, mon autre, écoute moi.
Nul ne pourra t'aimer tant que toi, ne voudras pas de mon amour pour toi.

31 août 2009

Marelle

C'est un jeu de pouvoir. Dangereux et malsain, comme tout tentative de prise de pouvoir. Je tente de garder le contrôle, de voir la face cachée. Je perds souvent à ce jeu dangereux. J'y oublie la confiance en l'autre.
Mais c'est le moyen que j'ai trouvé d'entendre autrement les mots qui ne seront jamais prononcés.
Ou auxquels je ne crois plus.
Ces mots que j'ai un besoin viscéral d'entendre en réalité.
C'est un bras de fer que je te demande de me laisser gagner.
Mon silence.
Seras-tu capable de rompre mon silence pour que je m'accorde une place au creux de toi ?
Seras-tu assez aimant pour comprendre que c'est une souffrance que de casser un bourgeon de peur que la fleur ne subisse la tempête ?
Je sais que la balance penche de mon côté, me laissant au sol, bien plus bas que tu ne pourrais toi-même le faire.
Brisant le mur de mon silence je saurais que tu as alors la force de me permettre de m'échapper de cette marelle qui me piège.
Je voulais juste savoir si j'ai de l'importance à tes yeux.
Tu viens jouer ? Il y a parfois le paradis tout au bout.

30 août 2009

La répétition

C'est peut-être parce qu'il m'a trouvée malgré tout attachante ? Ou que mon attitude lui a paru trop stupide pour que je le sois vraiment à ce point ?  Notre histoire méritait une seconde chance ? Je ne sais pas. Mais il a bien fait...parce que je n'aurais jamais appelé, moi.
Quand le téléphone a sonné je n'ai pas reconnu le numéro. Je n'avais pas regardé le numéro, plutôt. Sur mon fixe ce n'est pas de la haute technologie où je saurais qui... Non, je décroche et dis "Allô" sans sourciller.
Lui, en un seul mot j'ai su (...) avec son accent de l'autre bout du monde qui me fait me sentir Wanda. Ça ne s'explique pas.
J'ai écouté, ai eu de la flotte dans les yeux, ai ri, me suis renfrognée, ai dégluti. Et murmuré "oui".
C'est vrai, il avait raison. Oui, à 100%... Et c'est à cause de ma stupidité si étrange qu'il a fini par comprendre que j'avais préparé un tas de mots soigneusement inventés, que je les avais mastiqués comme un âne toute seule dans mon coin et les avais avalés. En réalité, il n'a pas dit "mots", il a employé un terme beaucoup plus crû. Mais qui était fort compréhensible. Il a dit "merde". Ce qui était vrai.
Il me les a fait répéter les vrais mots qu'il avait dits, pour que je m'en souvienne ; "On va en Espagne deux jours puis on prend l'avion pour le Portugal".
J'ai répété, même si je m'en souvenais parfaitement ! Puis ai rajouté que je n'y avais pas vraiment cru parce que, avec  ses amis Y et Z, était convenu (...) Là, presque, il s'est fâché. Et m'a rappelé que 24 heures qui étaient déjà prévus ne changeait rien à notre histoire à nous. J'ai dégluti de nouveau, dit "oui".
Avec lui j'ai l'impression que je vais devoir le répéter ce mot. Ce que les hommes n'aiment globalement pas, qu'on ne les croit pas. Et bien, je ne crois pas souvent. Surtout quand ça me fait trop plaisir.
Quand il m'a demandé de passer la nuit chez lui, j'avais donc prétexté un dîner, et un rdv le lendemain, qui n'avaient bien sûr pas lieu. Je me sentais "femme de nuit" dans sa demande... Là encore il m'a fait répéter. Et a ri. Ce qui m'a presque mise en colère. Je veux bien dormir avec lui, c'est même délicieux, mais là... j'ai cru que je n'étais avec lui que pour ça.
Alors il m'a raconté ; la bouteille de champagne était au frais, un plan du Portugal sur la table et les vélos pour aller voir le coucher de soleil sur la colline avant.
Oui... Je me suis trompée... Et merde.... Les vacances sont finies, maintenant. Pan sur les doigts, j'ai eu ce que je méritais. L'histoire se répète qui me fait tresser les promesses offertes en bouquets amers.
Alors je lui ai demandé d'arrêter, parce que c'était un peu difficile pour moi. Et il a arrêté. A dit que la bouteille était toujours au frais.
C'est là que j'ai dit "chouette". Comme une gamine. Un "chouette" qui n'avait aucune raison d'être et qu'il m'a fait répéter tant il était incongru...
- "Chouette" j'ai dit ! Chouette on va se revoir. "
Et il a ri. Je donnais dans le flirt, j'oubliais que j'étais une grande compliquée.
Ma vie à l'envers, un point à l'endroit, un point égaré.
Il a récupéré l'ouvrage que j'avais soigneusement détissé.
Maintenant il va falloir concilier la distance, ses déplacements professionnels, ma grippe et mon confinement.
Et ma tendance à ne pas croire au bonheur. Et ça, c'est le plus difficile.

22 septembre 2009

La mue du baiser

Et l'autre qui ne saura pas.
Ce poids tellement lourd qu'il m'étouffe de rage. Ce manque  drapé de plomb à la taille  frêle d'un sourire qui s'esquisse. Ce besoin si lourd, tellement lourd, d'espoir.
Prendre l'autre par son corps. Fermer les yeux, comme atteinte par la grâce, fermer tout ce qui peut me dire le mensonge que mon regard transpercerait. Croire que les peaux se desquameraient et que je serais enfin nue.
Sentir l'horreur de cette odeur qui s'infiltre et me glace. Flux insidieux. Là, il est là pour se pourlécher les sens, pas pour t'aimer. Ce manque qui crie et suinte de mes yeux, ce manque aigu qui transperce mes lèvres. Me taire. Et fuir.
Et l'autre qui ne saura pas.
Je porte la haine de ces instants de grâce, en faux-semblants d'amour. La haine de ces mots là.
Amant n'est pas aimant.
Aimer n'est pas baiser.
Et mes lèvres craquellent de ces mots qui crèvent en lettres sales.

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6 mars 2008

Colifichet

Moi je m'en fous bien de cet extra-ordinaire. Je ne suis pas une plaquette de beurre ou un croissant boulanger.
Moi, ce je voudrais, c'est être précieuse.
Comme un colifichet en toc, une bague de fer blanc, un émail piqueté par le temps. Si précieux que sa perte serait cruelle.
Je ne veux pas que l'on m'adore. Je préfère être jetée aux orties et que tes mains me passent un baume si apaisant que les cloques seraient baisers exquis.
Je ne veux être que ta compagne précieuse, celle que tu toucheras parfois sans y penser, juste pour t'assurer que mon sourire en toc te tient compagnie et qu'il est pour toi seul métal précieux.

20 septembre 2007

L'âme noire

L'enveloppe terne est là, scarifiée des traces anciennes. Et je suis nue. Mais l'écorchée qui s'apaisait de mots en baume n'entend plus qu'un silence épais. Je ne suis plus celle-là, aux soupirs chuintés, et elle me manque. J'aimais bien avoir mal de vivre, je crois que cela me maintenait vivante. Mais voilà, j'en ai perdu le sens. Une vie qui s'éteint en non-sens. Et la fumée douce s'évapore. J'ai peur, cela dure et perdure. Regarde mes plaies en crevasses.

Dépose moi sur le tapis,
mousse céladon

Je ne m'aime plus, et, quand je croise mon regard, je ne vois que l'étrangère. Pourquoi, dis-moi, pourquoi tournent-ils, lucioles folles, dans ma nuit ? Pourquoi allument-ils des étincelles grasses qui flottent dans leur iris ? Cela me révulse.

Frémis de ma voix rauque
- gravier -
étreins mon crâne
- doucement -
et brise le.

La broue a tatoué le fruit laiteux de mon âme et la coquille flotte le long du caniveau.

13 mars 2008

Ma TriB,

    évidemment tu sais bien que c'est une lettre à toi !
Tu as été ma 2B ...à qui un troisième B colle au coeur depuis ce plan qui nous a permis de changer d'année sans perdre le Nord. Pour une fondue des Boussoles, cela te va bien.
Alors voilà. Tu aimes le B, les BonBecs, la Bière Belge, les Bons mecs et les Bons plans [ même ceux en forme de kit de survie dédié à mon juBilé ]. Et je crois même que tu m'aimes Bien, Beau, à la hauteur de tes 2B et Fort aussi, parce que tu n'es pas chiche.
Mais malgré tout non, je ne veux pas de fête, non non non. Je veux me botter le Q, je veux glisser dans un vrai  M et dissoudre la N de moi. Mais je ne veux pas de fête.
Laisse-moi être tas, me sentir lasse, pleurer des larmes de crocodiles, prendre ma voix inaudible de Dark Vador au téléphone. Je veux le repli, la solitude, la fuite, la lâcheté, la... n'importe quoi, mais pas devoir sourire, parce que pour toi je le ferais. Et que les sourires écorchent mon énergie à vivre, épuisent ma force vive. Je le fais, je suis bien obligée, parfois, de sourire. Et c'est comme un relent de vomi qui me tapisse les lèvres. Écoeurant.
Laisse-moi cuver tranquillement ma déprime, sans me parler de foutu gâteau-bougies-bière-car en sac ? 
Promis, un jour j'irai de nouveau filer un chèque toutes les deux semaines à un pro des maux de l'âme. J'irai, comme une grande personne qui se sait malade et se soigne.

9 mars 2008

Un ogre si doux

Il y avait le clapotis de l'eau dans la bouillotte. J'étais si bien, là, doucement lovée autour de sa paroi si chaude et moelleuse. J'étais l'enfant qui n'a plus peur de l'abandon, les yeux clos, contre le sein de sa nourrice gonflé de lait tiède.
Et il y eut le bruit mat de ta larme qui est tombée. Là, elle a coulé, presque sans un bruit,  comme si un désert l'aspirait. Je crois que c'est juste le soupir salé de ton chagrin que j'ai entendu.
Alors j'ai serré encore plus fort ma bouillotte de caoutchouc. Ma bouillotte en joli leurre recouvert de polaire douce. Bleue, avec ses pois multicolores qui faisaient semblant de jouer à être gais.
Et toi, vêtu de noir, avec cette saleté de trace humide sur ton visage. Mon coeur se serrait de plus en plus fort contre ma bouillotte. Barreaux de prison qui clapotaient, menottes duveteuses pour retenir tout geste vers toi.
Je ne pouvais pas. Non, non, non. Si je t'avais pris dans mes bras, tu aurais pleuré. Vraiment pleuré. Pas laissé un saleté de goutte se croire larme.
Et j'aurais éclaté en sanglots de te laisser croire que tu pouvais endormir ta peine au creux de mes bras.
Parce que le chagrin qui me dévore est un ogre qui n'aurait pas résisté à l'envie de te broyer toi aussi.

5 mars 2008

Autophage

J'ai le coeur qui a faim, et ça gronde dans mes cotes comme un train fantôme de fête foraine. C'est assourdissant, un coeur qui a faim. Ça se contracte et se tord, sécrète de l'acide pour mieux digérer la bouchée à venir. Ça attend patiemment. Le coeur qui a faim est raisonnable. Il ne prend qu'une bouchée, une seule, pour éviter la nausée fielleuse; il a dû mourir, dans une autre vie, d'une overdose.
J'ai le coeur boulimique, entre deux anorexies. Ce doit être l'instinct de survie qui lui creuse l'appétit, de temps en temps, avant que les ventricules ne percent la paroi amincie.
J'ai le coeur dévoreur.
Faut qu'ça saigne, faut qu'ça tranche, faut qu'ça palpite encore.
J'ai le coeur autophage, qui ne se dévore que peu à peu, pour ne pas mourir trop vite.

Et ça fait mal.

3 septembre 2008

Pelote

C'était toujours au même moment, quand l'après-midi qui s'avançait vers le soir sonnait au rythme de la badgeuse.
Je passais la tête "coucou", ou le pied "talon-pointe", parfois seulement la main "à deux mains", et m'enfuyais en riant après que tu ais dit, "rentre ! ".
C'était un jeu, pour adultes qui tricotaient à deux une écharpe inutile.
C'était l'heure douce amère de séparer  nos vies, jusqu'au lendemain.
C'était parfois l'heure tranchante, où il fallait enfouir dans sa mémoire le visage de l'autre, qui partait en vacances.
Le coeur battant au rythme de mes pas dévalant les dernières marches, je savais déjà qu'il était trop tard.
J'avais un jour, par mégarde, accroché un fil de moi à une aspérité de son bureau. Et je m'effilochais peu à peu, devenant transparente et frileuse à la vie.
Tu ne dois pas revenir.
Tu le sais bien, toi qui n'es pas Ulysse.
Ni moi une Pénélope qui se détisse sans fin.

30 août 2008

Le temps en point de riz

Je ne sais pas avorter mes mots. Je devrais peut-être.
Il me faudrait ne plus répondre au téléphone. Couper ce fil qui bat encore d'eux à moi. Mais je ne le fais pas. J'ai plaisir à écouter. Si seulement mon silence pouvait alors suffire ! Mais je réponds encore aux interrogations, aux questions balbutiantes sur la peine à vivre heureux de lui, ou d'elle.
Je ne devrais pas répondre, alors.
Je le fais pourtant, m'échappant de mes murailles familières, par une porte dérobée dans la frontière de ma solitude paisible.
Mais l'autre, l'autre qui espérait mes mots en cascade fraîche, mes réparties amusées... L'autre peine à croire que ma réalité est là. Dans un étrange compte à rebours. Quand ils seront partis et autonomes. C'est mon échéance. Parce que je suis responsable d'autres vies que la mienne. Je n'attends pas, ne compte pas. Le temps à l'envers s'est enclenché.
C'est un petit désespoir familier qui m'habite. Qui ronge l'avenir, et se nourrit de projets morts-nés. Une petit gnome qui m'habite sans que je ne l'ai convié à rester, et qui a posé ses pieds déchaussés sur ma paix.  Il a pris ses aises, avec une assurance tranquille, et il m'arrive même de l'oublier, le temps d'un partage d'amitiés.
Mais tout cela devrait rester tu. L'autre n'a pas à entendre ces mots qui peuvent faire peur. Non, je suis très paisible, et je n'ai mal que très doucement. En réalité tout va bien, tu sais.
Je ne vais vers rien. J'attends, tout simplement. En continuant mon bonhomme de chemin.
Un jour à l'endroit, un jour à l'envers.

14 septembre 2007

La goutte d'airain

Je le sais bien, tu n'y peux rien. D'ailleurs tu ne peux pas savoir, comment pourrais-tu ? Je ne peux pas te parler, ni rire du sacrum en piteux état, et tempêter sur la moto où les araignées vont tisser leur toiles trois semaines durant.
Pas un mot de ce week-end où la solitude me mijote des heures longues.
Tu n'as pas entendu mes sanglots, quand j'ai trouvé sa chambre vide, et sa lettre. Oui, il est parti, la vie ici était trop dure pour lui. Tu l'aimais bien. Il m'a laissé une lettre tu sais, émouvante comme seuls les gamins perdus arrivent à écrire. Et ses sms après, juste pour rajouter les jtm qu'il avait oubliés.
Mais tu ne sais pas tout ça. Tu ne sais rien, de ma vie de ces moments là. Puisque tu n'es pas là.
Et pourtant je sais bien que cet instant là est perdu, il se meurt, broyé dans un coeur trop lourd de ces heures vides. Ces secondes s'échappent, où je t'aurais donné tout ce que je suis aussi, et qui se terre si souvent en silence. Quand je reste là, si démunie et fragile. Avec mes sanglots que je ne cherche pas à taire. Avec cette cigarette qui s'embrase et mes doigts qui s'échappent de mes pensées. Devenue un simple contour, statue de marbre incolore, assise, les yeux vides. Lourde, si lourde et éphémère tout à la fois.
Je me serrais glissée dans tes bras et tu m'aurais entendue murmurer serre-moi fort, très très fort, s'il te plaît, j'en ai tellement besoin.
C'est un drôle de moment, qui me scelle d'une goutte d'airain, pour taire à jamais mes besoins.
Tu n'es pas là. Et tu me manques.

29 juillet 2007

Tocsin

Sous les pins aux écorces craquantes
- qui s'en balancent -
sous le drap du ciel pastel
- aux quatre coins, bien tiré -
Sous le vent si léger que le sable en frémit à peine
...

Je compte
....
Inlassablement, infiniment.
Grain après grain, ermite repliée au fond d'elle-même.
Inlassablement, infiniment.
...
Dans l'effluve salée, parfumée de sève chaude,
perlant des troncs basculés
Dans les éclats de bulles grasses de l'écume,

Je compte.
...
Inlassablement, infiniment.
Les heures imprévisibles de l'oubli
les jours évaporés.
Sur ma main dépliée
les doigts
5 jours
5 nuits
étrange tocsin du temps en impair
- et passe -

Le cri de la foule dans le silence capital.
Pouce qui s'abaisse et me vrille dans l'arène de ton iris.
Demain je serai l'absente
- au poing serré -
Demain.
Laisse-moi hurler.

27 août 2008

Sans gêne

Le tambour du temps qui passe m'a aidée ; je l'ai lavé, javellisé, frotté, récuré, blanchi, reteint, repassé, défroissé de ma paume alanguie de vapeurs odorantes. J'y ai enfoui mon nez, et mon coeur, dans un corps à corps aseptisé.
Il ressemble maintenant à un chiffon pour vie passée au polish. Il s'est sali d'avoir trop voulu rester vierge de traces. Il s'est délavé de tant avoir traîné aux rayons de soleils de minuits. Les clairs de lune grège lui auraient mieux convenus, certainement.
Il a supporté les germes, les souillures et quelques accrocs mal raccommodés. Il tenait le coup, et je m'y drapais encore avec la volupté orgueilleuse des femmes libérées des jougs anciens.
Je vous le dédicace, sur un revers, à l'encre indélébile...
Aux hommes trompeurs, aux hommes sûrs d'eux, aux hommes balayés d'un revers d'un amour volage comme un désir.
Aux amants réducteurs, empressés, engagés à tout sauf à l'indicible volupté du rien.
Aux déclarations virginales camouflées sous un treillis phéromonique.

Mon amour-propre a vécu.
Paix à son âme.

20 septembre 2008

Mon mode d'emploi

Tu ne peux pas comprendre, bien sûr ! Pour toi, c'est si simple. Nous irons voir le soleil se lever, demain, sur cette mer étrange qui n'a pas d'odeur. Et c'est tout. Tu as calculé, il faudra partir à 5h30. Et j'adore cette heure où la nuit est encore noire, où le sommeil se fait violence,  cette heure qui nous amènera vers la mer, si belle et encore grise, jusqu'à la lumière à venir. C'est simple, pas vrai ? Mais moi...
Si tu savais comme mes monologues sont bruyants ! Je ne m'aime pas, non, vraiment. Comment croire que tu puisses avoir envie de ma compagnie si peu aimable ? Alors je te bafouille que, bien sûr, ce n'est pas obligé. Que partir si tôt pour faire autant de route tous deux enfermés dans une voiture, que tu peux préférer dormir encore un peu... j'imagine combien cela doit être désagréable ces heures là, à ne partager qu'avec la compagnie que je suis... moi qui ne m'aime décidément pas...
Alors tu penses que je ne veux pas, mais que je n'ose pas l'avouer...Tu penses que c'est comme un caprice, moi qui te paraissais pourtant si heureuse de cette idée, avant. Avant que mes monologues ne m'assourdissent.
J'ai la haine de ces moments où ma stupidité m'entraîne. La haine de ces pensées solitaires qui gâchent le plus simple des moments. Demain, à 5h30, je t'attendrai. Et nous partirons. Je serai comme il faut, souriante, d'agréable companie... croyant désespérément que l'on ne peut m'aimer qu'ainsi.
Et si j'étais moi, pourrais-tu m'aimer ?

29 octobre 2007

Traces

C'était une histoire carbone
- qui se raye d'un coup de gomme -

Une histoire que j'écrivis à l'encre de Chine, traçant des mots en italiques dans la suie de braises qui m'avaient consumée. J'aimais ses lettres déliées et le crissement de la plume sur le papier coloré. J'aimais la brillance du graphite qui laissait un souffle mat sur le temps volé. J'aimais ... J'y croyais, de tous mes mots, à ces italiques penchées du poids d'un amour, d'un amour lourd, d'un amour tranchant le banal, d'un amour qui n'aurait pas été bancal. Je le voulais vrai et si pur, en encre violette au parfum secret, aux pétales douces. Je le voulais en pastels souples à estomper d'un souffle humide, en aquarelle qui rend la vie si belle. Je voulais tant...

C'était une histoire fusain
- qui s'écrivit en vain -
une histoire qui avait une fin.

17 février 2008

6 mois et 14 jours

Il y avait tant de monde sur le quai. Toutes ces valises partout, les parents inquiets qui cherchaient le bus dans lequel leur enfant devait monter. C'est vrai que c'était tôt, pour un dimanche. Il était sept heures, ce matin, avec un petit vent bien frais qui s'infiltrait dans les cols. J'étais emmitouflée jusqu'au bout de mon chapeau.
Toi, tu as d'abord vu ma fille. Et tu as espéré, et craint tout à la fois.
Puis je t'ai vu, là, devant moi. Trois petits mètres entre toi et moi.
Et la foule tout autour s'est dissoute brutalement. Tu étais là, si près de moi. Il n'y avait plus que ton regard, et cet énorme silence partout autour. Me détacher de tes yeux... il fallait que je tourne la tête. Vers elle, et l'embrasser, et lui sourire.
- Bon voyage, à bientôt ma fille !
Toi aussi, tu faisais les mêmes gestes.
Et nos enfants sont entrés dans cet autocar aux fenêtres fumées.
Nous avons marché lentement, tellement lentement !  l'un vers l'autre.
Quel film ! Panoramique, zoom. Coupez, elle est bonne.

D'autres nous regardaient, qui savaient, qui nous connaissaient, d'avant que nous nous quittions, d'avant que je ne te fuis, dans cette robe aux fleurs parme.
S'approcher et pour la première fois t'embrasser sur les joues.
Six mois et treize jours , toile arachnéenne de l'absence.

- Bonjour. Oui, allons boire un café.
- Deux doubles s'il vous plaît et deux croissants. Oh, c'était bien ça que tu voulais, au moins ?
Nos rires. Et nos larmes.
- Je t'aime.
- C'est le plus dur, tu sais. Être aimée c'est si facile ! Mais aimer... Oh, que c'est dur de t'aimer. Six mois sans te voir, sans t'entendre. J'avais tellement peur d'avoir oublié ta voix.
- Tu ne m'as donc pas oublié ?
- J'avais peur que tu ne m'aies oubliée.
- Laisse moi embrasser ta nuque, là, juste derrière l'oreille.
- Ton odeur de poire verte !
- Tu me manques tant.
Je pense à toi. Chaque jour.
- Je regarde toujours, là, sur le pont... si jamais...
- Je regarde toujours, là, le long du canal... si jamais....
- Tu es dans mes pensées, chaque seconde.
- Tu es en moi. Là, sans cesse en moi.
Oui, allons dans un autre café. Comme avant. Quand nous étions (...) Rien, nous n'étions rien, viens..
- Es-tu déjà retournée là-bas ?
- Oui, une fois, et elle m'a dit que, toi aussi...

La semaine prochaine, sur le quai, je fermerai les yeux pour ne pas te voir.
Toi, que j'aime et qui manque à ma vie.

 

15 novembre 2007

Le germe de la fronde

Victoire ! J'ai enfin trouvé l'arme choc pour convaincre la direction de me laisser quitter ce poste que j'occupe depuis trois ans [trois ans, c'est long parfois, comme 30 minutes chez le dentiste, c'est très très long !]. Parce que...

Je ne veux plus d'équipe.
Je suis un mauvais chef d'équipe.
Je hais manager une équipe.
Les problème existentiels de mon équipe me gonflent.
Je sature de devoir faire comme ci avec diplomatie.
Le comme ça me convient davantage.
Plus d'équipe, merde !

Une seule échappatoire m'était apparue, au début ; saboter le boulot pour faire plonger les indicateurs dans un tsunami dévastateur. Il faudrait bien ça en réalité pour les faire bouger. Mais ils m'ont rétorqué que je n'avais pas assez mauvais esprit pour le faire. Soit, ils n'ont pas tort. Mais quand même... je pourrais, si je voulais...
Et puis j'ai pensé tomber malade pour de vrai. Mais le stress ne me fait perdre que quelques touffes de cheveux. Avec pistes d'atterrisage pour mouches hélicoptées sur mon crâne. Comme tracées au compas. Du plus bel effet... et cette foutue pelade ne pénalisait que moi. Eux se moquent comme de leur dernière râpe à fromage que j'ai la tête en trou de gruyère, du moment que les neurones s'activent.
Mes plaques d'eczéma ne les contrarièrent pas outre mesure, puisque je n'avais pas trépigné pour obtenir un grattoir à multi vitesses.
Bref je ne savais plus comment sortir de cette foutue impasse d'équipe à gérer.
Le travail, ça va... sauf qu'il y a quatre individus dont je dois réguler le débit de production afin de m'abreuver au mieux. Ru, torrent ou rivière, voire goutte à goutte, je ne sais pas réguler, et m'épuise à ouvrir ou fermer des vannes qui m'opposent une résistance tranquille. Merde de merde. Je veux juste des chiffres, moi ! Pas lutter pour les obtenir. [PS ; s'il y a un coach qui se sent d'humeur à me répondre, qu'il s'abstienne. La solution préconisée par un de ses collègue est tout aussi insupportable que la situation actuelle. Je n'ai jamais contrôlé le travail de mes 4 enfants, ce n'est pas pour le faire aujourd'hui avec 4 adultes].
Et voilà que j'ai trouvé ! Il suffit que ce soit eux qui ne veulent plus de moi ! Évident, non ?
Alors j'ai semé la mauvaise graine....
Les évaluations... après tout, c'est strictement individuel, une évaluation. J'y ai donc rajouté leurs résultats chiffrés. C'est bien le seul avantage de ce boulot, je peux chiffrer très exactement leur production individuelle. Fini de ne parler que du résultat du groupe... Un par un... Et là... ils rigolent moins. Avant c'était tranquille. On atteignait tous ensemble l'objectif, ou on le ratait tous ensemble. Fini. Lui ? à -20 points. Elle ? à +14 points.
Le germe de la fronde est semé.
Avec un peu de chance ils vont tous demander à partir. Et là le choix va être rapide à faire pour la direction. C'est moi, ou quatre personnes à remplacer !
Elle est pas belle la vie ?
Vive la manipulation ! [ je suis immonde et je m'en fous ].
   

11 novembre 2007

Sirupeux impétueux

Tu glisses tes mots lisses, si lisses, si lisses (...) sur ma peau, et tes raisons suavement policées glissent sur mes sens lissés de toute aspérité.
Je souris, te toise de mon regard et te laisse me saisir à bras le corps.
Tu me dis moqueuse ?
Parle donc vrai, si tu veux que je le sois à mon tour. Tu entortilles dans les méandres de discours suaves la seule idée impétueuse qui t'envahit quand tu croises mon regard. Non, ce ne sont pas de banals compliments, mais bien un sirop gluant d'hypocrisie qui dégouline alors de tes lèvres
Je te sens, te hume et tu prends ce frémissement de mes narines pour un signe de sensualité ? 
Moqueuse ...Comme l'adjectif me sied dans ta bouche ! Tu n'en as guère perçu la résonance glauque et gluante.
Je te sens, te dis-je, toi, au parfum de phéromones entêtants laissé en sillage à mon passage. 
Tes mots policés écorchent la douceur de mes courbes. Oui, tu écorches mon désir librement consenti de te laisser rejoindre ma couche, de laisser nos corps se croiser. Tu peux me pétrir et glisser tes paumes sous mes reins. Tu te contentes de croquer un leurre...
Je n'aime pas que tu me crois dupe.

4 novembre 2007

Paume de minuit

A peine entrée dans l'établissement, drapée dans sa cape de satin rouge, les cheveux argentés et dressés en pics de diable, elle avait poussé un cri quand il s'était approché doucement d'elle. Le masque. Il lui avait fait peur. Elle avait soulevé le film de silicone, le front encore plissé de la première frayeur de la nuit. Non, elle ne le connaissait pas, avait souri, s'était présentée et était partie rejoindre des amis.
Les spots pulsaient des battements rouge sang.
Elle dansait, les yeux clos, des mèches fines collées sur son front perlé de sueur. Elle dansait. Seule. Elle aimait laisser son corps désaxer ce dos. Elle aimait laisser ses hanches tracer des ellipses, et courber sa tête qui tanguait alors au sommet de sa nuque.
Quand ses paumes se collèrent à son bras tout entier, elle recula. Elle avait été troublée par l'étrange mouvement de possession de la main inconnue. Mais les paumes se refermèrent doucement, enserrant son bras, maintenant sa taille. Il n'attacha pas d'importance aux mots qu'elle avait chuchoté, le souffle haletant sous la vague de désir qui avait pris naissance sous la main inconnue "je ne danse pas à deux", il avait souri, "non, il ne voulait pas danser, juste la préserver dans ses bras des danseurs trop brusques qui la bousculaient". Ils avaient collé leurs corps le temps de quelques danses. Elle refusait d'ouvrir les yeux sur le sourire sensuel de l'homme. Elle ne l'avait pas reconnu sans son masque effrayant.
Elle parvint à s'échapper, à se glisser dans des bras amis, dont elle ne sentaient que les doigts doucement posés contre son corps, qui suffisaient à la maintenir proche d'eux. Elle avait ri, plaisanté, fuyait cet homme qui la regardait en souriant, plus loin. Il allait bientôt choisir une autre proie.
Elle dansait, seule, les yeux clos. Son corps libéré des contraintes. Mais il revint d'un pas feutré, d'une main envahie par le désir de toucher sa chair derrière la peau. Sa paume. Encore tout entière. Elle vacilla, le regarda enfin. Dans ses yeux elle lisait un impétueux désir d'elle. De ses mains, de sa bouche, de son corps tout entier.
Quand vint l'heure, il la prit par la main et elle le suivit.

9 janvier 2008

Malade pour de vrai !

Je vous assure que c'est n'est pas une de mes métaphores coutumières. C'est bien un carillon qui l'annonça, silencieusement. Dans un courant d'air léger, juste par une vibration. Oui, c'était tout autant discret. Une cloche qui s'étouffait tout doucement dans de la ouate épaisse. Et faisait fermer les yeux, peu habitués à ce son étrange qui ricochait en écho rigolo sur les globes oculaires, de l'intérieur. Évidemment j'ai secoué la tête, stupide que je suis, et le carillon me fit comprendre que le plus petit mouvement lui permettrait simplement de me vriller le crâne en sonnant à toute volée tel un tocsin. Tant pis, ne pas froncer les sourcils, ne pas se lever brusquement, continuer comme si de rien n'était. Le boulot, c'est le boulot, et je n'allais pas commencer à me laisser distraire à peine remise à la tâche.
Une lourdeur étrange et impalpable pourtant, là, s'installa sans vergogne au creux des reins. Et la nuque qui se fait lourde par instants. Même pas de frissons, non, rien que de l'impalpable, qui dérange, sans rien déranger.
Puis le vent s'est levé brutalement. La carillon a tempêté, emmêlé ses fils. Et j'ai vacillé. Me tenant à la rampe d'escalier, trouvant tout à coup que chaque marche était bien haute. J'ai chipoté dans l'assiette,  frissonné et dressé mes bras en chair rugueuse. Et j'ai fini par le concéder, que, et bien oui, je crois bien que j'ai de la fièvre.
Se glisser dans le lit, après avoir avoir enfilé un pull supplémentaire, des chaussettes si douces que les doigts de pieds en frissonnaient d'aise. Et tomber. Émerger parfois, dans l'odeur acide et douceâtre du corps trempé de sueur, chercher un repli de draps encore sec et frais. Tourner et geindre. Puis boire enfin un bol de tisane brûlante. Et sourire aux enfants empressés en mâchouillant un "je suis ma-la-de" plein de tendresse pour eux.
Je crois bien que j'aime quand même être juste un peu malade, comme ça, sans nausée violente, sans rien de douloureux, juste cette chape exquise et brûlante qui fait s'effondrer le corps dans des heures comateuses.
Je crois que j'aime bien la voix qui se nappe de miel et la peau qui devient chaude comme un radiateur tout doux. Je crois bien que j'aime rester là, sous les couettes et ne plus penser qu'à la position exquise où la barre de fonte dans les reins se fondrait doucement. Là, ça y est.
Ne plus bouger.
Et dormir.
J'adore être malade pour de vrai sans l'être pour de faux, mais un peu quand même....

14 janvier 2008

Fer

Les faux-plis de ma vie,  je le sais bien, moi...
Ceux qui saillent dans mes rondeurs alanguies, ceux qui rayent ma langue de mots jamais dits, ceux qui lancinent, m'assourdissent et m'empêchent d'entendre ...
Mes faux-plis, en vagues joyeuses, voile de sucre glace scintillant. Fondant sucré qui me nappe. Et mes baisers de miel. Et mon coeur nauséeux de cette gourmandise aveugle.
Je me pare de cette vie d'émois froissés, qui cognent sans relâche à ces aspérités mal repassées.
Mon coeur a pris un faux-plis, je suis un pierrier et tu y vois une princesse au petit pois. Tu décomptes les bleus rigolos à ma peau, leurre! leurre te dis-je, j'ai le coeur lourd d'un caillot outremer.
Comme une lance, pour ce combat qui n'est que le mien, j'ai saisi le fer, me suis regardée dans le reflet brillant et brûlant. J'étais prête. Et les nuages de vapeur chuintaient.
Je me suis allongée sur la table à repasser les vies froissées.
Mais il me manque le savoir-faire.

19 décembre 2007

Lumens

Je ne me perdrai plus, plus jamais ! tu m'entends ?
J'ai suivi un sens unique qui m'a conduite au beau milieu du carrefour de ma vie décomposée.
Et là, j'ai enfin réalisé.
Décomposée...
Tu trouves le mot violent ? En putréfaction, en puanteurs, c'était bien ça pourtant. Un apparence de vie. Je m'étais perdue, et je n'ai cru qu'à un moment d'égarement à tes côtés. Je ne voyais plus la réalité, mes globes rongés par les vers de tes paroles douces. Tu volais tout de moi et je ne le savais pas. Et là, soudain, cette voie qui s'est ouverte devant moi. Je l'ai suivie, bien sûr, que voulais-tu que je fasse d'autre ? Les yeux fermés, sans savoir où elle me guidait,  je ne savais déjà plus où j'étais, comment croire me perdre davantage ? Je n'ai plus eu peur du noir, ce ne pouvait être un enfer plus douloureux que de t'avoir tant aimé.
Jamais plus ne m'égarerai au bord du chemin qui mène à toi.
Des mains patientes ont dénoué les noeud de Gorgone qui m'étouffaient et frotté ma peau à de nouveaux émois. Moi qui ne m'aimais plus, je me suis vue me recomposer. Drôle de puzzle en trois dimensions. Moi, moi, moi !
J'avais envie de crier !
Moi, moi, moi ! J'existe donc à la lumière ?   
Maintenant je sais.
Je riais en te disant "on ne peut pas se perdre puisqu'on est ensemble"..
Mais si, je l'ai fait : me perdre jusqu'au bout du mépris de moi...
Plus jamais...

14 décembre 2007

Ce n'est rien,

      je t'ai tant écrit, ici, j'avais tant de choses à te dire ! Alors je t'écris, encore, encore. Des lettres... c'est drôle, toutes ces gouttes d'émois qui suintent de mes doigts... ces cris en écrits déchirant l'étole de soie de ton absence, ces silences qui se sont noircis... ce n'est rien.
Il a bien fallu que je te l'écrive, à toi dont je ne sais plus rien. Que voulais-tu que je fasse de cette chaleur qui irradie mon coeur et qui me consume ? J'y ai trempé ma plume, dans la suie de cet amour vain. Et scellé la clé ici. Je n'écris que pour toi, tu le sais bien... Ce n'est rien, un peu d'amer qui se dilue dans la mer, un peu de chagrin qui se resserre en rangs policés. Un peu de toi qui se trace en bleu, en noir.
Sais-tu ce que l'on m'a dit ? que j'étais une éponge. C'est étrange, comme animal, l'éponge. Tellement dure et douce à la fois. Tu sais que l'on connaît très peu de prédateurs de l'éponge ? sauf l'homme, bien sûr ! l'homme est toujours le grand prédateur des espèces animales, et qu'elle est presque immortelle... un vrai cauchemar, ça. Crois-tu que je pourrais survivre à ton absence une éternité ?
Tu vois, il n'y a rien. Et je t'écris. Même sur ce rien où je me dissous.
Je suis là, toujours là, je te survis.

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