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Eau vive
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29 juillet 2010

Je ne peux pas,

dis, tu m'entends ?

J'ai perdu le mode d'emploi qui me permettait de jouir sans y penser, mécanique dépolie aux hormones, sexe docile, mains aveuglées. Je ne sais plus tout cela. J'ai banni de mon con l'expression sacrée si galvaudée qu'ils utilisent. Presque à en hurler. L'amour, à faire, corps à corps. 
S'il vous plaît, non.
Vous m'écorchez vive, vous piétinez la tombe de mes amours défuntes. Baiser, coucher, mais pas faire l'amour !
Je ne sais plus faire l'amour, je ne sais plus qu'aimer.
Quand j'aime, ô, quand j'aimais,  ma peau électrique, mon corps chaviré. Aspirée jusqu'à me dissoudre dans le ruisseau de nos plaisirs, jusqu'à l'ivresse.

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27 juillet 2010

Verte

Oh... son odeur... ma tête juste là, à peine posée là, sur son bras, près de son épaule, près de son aisselle. Les yeux tellement fermés, pour mieux le respirer.
Sentir cette fragrance imperceptible, ce vert au bout de ma bouche.
Cette douleur dans le ventre, de tant le désirer.

Le humer, inspirer et vaciller, submergée de tendresse, boire, boire jusqu'à l'ivresse son odeur de poire verte.

26 juillet 2010

Échos de ouate

Dissoudre cette peur qui sourd
Éclats de voix
de la chair qui crépite

Me taire, m'abstraire
Éclats de mots
des feuillets palpitant

(...)

Partir dans les silences
Éclats de ouate
Des plis qui m'habitent

22 juillet 2010

Comme une princesse

Il est heureux en ma compagnie. Heureux. Pas bienheureux. Après m'avoir avoué sa décision de tout faire pour me "marabouter", moi, avant qu'un bellâtre - honni par avance - ne s'en charge.
Moi ? Moi.
Son amie, sa compagne de route, celle qui avale les km en le suivant à la trace par monts et par vaux. Moi, qu'il a vu pleurnicher, rire, bâiller sans retenue, râler, tempêter. Qu'il connait du soir au coucher au matin au réveil, après avoir partagé si souvent la même chambre dans les gîtes. Je ne savais pas jusqu'alors. Jamais su que je pouvais pousser ses pensées à l'extrême en me promenant presque sans pudeur devant lui.
Je l'aime d'une telle amitié que le choc fut rude de découvrir que ce qui nous lie si fortement était en réalité dans son cœur transformé en amour. Il est amoureux, donc. De moi. Me couvre de tant d'attentions que j'en suis tourneboulée. Les petits messages suintant de vrais, sens en déroute, le verre de ce vin frais que j'aime tant, caché dans le top case et servi sur le sable brûlant, le Cd couvert de graffitis de ses mots, de chansons qui me collent à l'humeur, les photos où je ne peux que me trouver belle, les coups de mains qui préservent parfois mon corps qui s'échine à bricoler. Tout ça pour moi.
Il est... Il est spécial. Mais me sait non conventionnelle et capable de dépasser les limites étroites de l'apparence pour savourer des petites bouchées de son cœur caramel.

Il attend, voit que je vacille parfois de tant d'attentions. Il sait, se sait tellement différent des autres. Pas beau, comme ces foutus bellâtres dans mon sillage. Avec quelques centimètres de viande de moins par ici, quelques centimètres de trop par là. Mais sa compagnie m'offre un cadeau si précieux. Je m'aime alors presque assez. Et peut-être finirai-je par l'aimer à son tour. Il le sait bien. Et attend patiemment.

8 juillet 2010

Je panse

J'avais faim d'un velouté de tendresses. Avec un s. Faim d'un corps rosé à cœur, et d'un doigt de liqueur de toi. 
Mon ventre se dévore de ton absence, et ma langue caresse son palais lisse. Et vide.
Vide.
Je n'ai plus faim, plus soif.
Je ne voulais qu'un peu d'espoir à siroter, qu'un filet de salive à humecter. Et mes doigts se recroquevillent de ne serrer que cette paume vide.
Vide.
Je ne sais plus qui tu es, qui tu seras. Je ne sais même plus.
Mes souvenirs sont encore vautrés dans cette mémoire un peu vache, qui broie, mâchouille, suçote,avale et recrache.
Je panse.
Et caillette.

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