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Eau vive
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31 mars 2007

Animale

Ta main... juste ta main...
déplie tes doigts, creuse ta paume
en coque chaude...
Là, sur mes rondeurs souples,
dépose la.
Sens chaque pli de ma peau qui se défroisse,
devine l'artère qui pulse et mon désir qui vibre.
Moule ma hanche de ta main,
jusqu'au val et au mont,
bascule mes sens jusqu'aux reins.
J'ai le désir qui sourd au bord de mon sexe,
et ta force animale ordonne mon abandon.

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7 juin 2007

Soliloque sans queue ni tête

J'ai perdu le la, il me minait, le pervers,
la-minait
et troué le sol qui me porte, par dessus mes dessous, jusqu'au
sous-sol
J'ai retrouvé le si, dans des mots nus qui s'étaient enflammés et avaient rougi des
si-nus
Mais la clé, la clé de sol, où est-elle ?

 

J'ai égaré le do, au coin d'une page époustouflante
do-page
Et dominé le ré, mais au prix d'une union déprimante
ré-union.

Et la clé ? la clé de sol ? vraiment personne ne peut s'y fier, même pour
sol-fier
Il fallait bien trouver un fa, pour décrocher le gros lot, tel un gogo un peu
fa-lot

24 décembre 2008

Immonde Patron

Bien sûr, tu ne l'avais pas lue, cette lettre qui t'était destinée. Et pourtant tu oses continuer à m'écrire., à faire sonner mon téléphone que je ne décroche pas.. au cas où... Au cas où quoi, Patron ? Que je sois seule et avec des hormones en détresse ?
Je suis seule, et cultive précieusement mon jardin d'amants rares et précieux. Toi ? Tu y massacrerais tout du haut de ton absolue suffisance. -Puisque tu dis m'aimer  - cela devrait suffire pour que j'écarte mes cuisses. Oh non, bien sûr, tu n'écris pas ceci, tu enrobes le tout de siruposités fort policées ! Juste un mot sur ma sensualité. Imbécile !  Tu me blâmes de mon silence ? Tu oses insuffler que mon indépendance m'enferre dans une solitude creuse, puisque loin de toi ?
Patron, tu es le second cette semaine, a avoir semé en moi le grain de piment oiseau qui enflamme et rend fou. Le second. L'autre, il n'avait aucune visée sur moi. Juste un Pdg croisé au boulot. Un gros, gras et très important Pdg. Quand, après avoir quelque peu ri en ma compagnie [ mon dieu qu'elle est charmante, et avec de l'esprit ] il a déclamé son souci, repris de hochements de têtes par les autres membres du patronat à la tribune, son souci du manque de personnel. "Oh, bien sûr, il y a en a tant, à  l'Anpe, mais aucun qui ne soit formé à notre spécialité. Vous comprenez ? "Je comprends, insolent patron. Que vos bénéfices et vos carnets de commandes qui vous protègent pour les cinq années à venir, malgré la crise, vous rend immonde. Que vous ne lèverez pas le petit doigt pour offrir une formation personnalisée à ces foutus chômeurs formés, mais pas assez. "Ah oui, pourquoi pas, nous allons y réfléchir". Il aura fallu qu'une main se pose sur mon coude, qu'une voix murmure à mon oreille "respire, respire", pour réaliser que j'étais blême, asphyxiée de rage muette.
Alors toi, Patron. Tais -toi ! Toi et lui, vous êtes bien du même monde, aveugle à l'autre.
Et que jamais plus tu n'oses reprocher à une femme seule, avec des enfants à charge et un salaire de cadre moyen, de ne pas t'avoir appelé, alors même que tu voyages dans le monde entier. Ton fric ne t'a pas permis d'apprendre la décence. Continue d'acheter ces maisons et ces appartements tous plus grands que mon logement. Continue à collectionner les voitures de luxe. Tu n'as pas compris que tout le monde ne vivait pas dans ton opulence indécente.
Tiens, tu veux savoir ? Si tu avais fait livrer des fleurs, au lieu de m'envoyer des mails vindicatifs sur mon silence... j'aurais peut-être accepté de dîner une dernière fois avec toi pour t'expliquer que mon sens de la vie est incompatible avec le tien.

16 décembre 2008

Clepsydre

Je suis le bol de poterie vernissée, mesurant les siècles en fêlures. La louche en métal étamé ternie du calcaire du temps. Je suis le poing resserré et le bambou évidé, peu à peu blanchi.
Celle qui se laisse saisir, en filet d'eau salée.
Je suis dans un temps en goutte à goutte évaporé depuis trop longtemps. Un désert ignoré des cartes terrestres, petit point doré que seules les étoiles mortes, au loin, là-bas, dans leur espace glacial, reflètent comme braise.
Je suis petit rien, attente bruyante d'éclats factices, bulles crépitantes de gaz alcoolisé. Petit rien, en mèches soyeuses et main moites.
Mais je suis tienne, et vole un instant du temps s'écoulant dans le sablier tapi au fond de tes yeux.

L'Océan goutte à goutte en sa clepsydre pleure;
Tout Sahara, tombant grain à grain, marque l'heure
Dans son effrayant sablier.

HUGO, La Légende des siècles

10 décembre 2008

Tranchée par moitié

- "Laide comme un pou"
- "Jolie comme un cœur"
Quand, en 48 heures, deux amis déposent dans ma hotte deux avis aussi différents...
Je souris d'être laide, ce qui doit me rendre jolie.
J'ai donc choisi. Tranché plus précisément... sans savoir si les parts sont égales... cela devra dépendre de l'appétit d'autrui. Parce que cela ne nourrit pas Ego, ces avis couleurs amis. Seul m'importe l'éclat gourmand d'un amant, l'éclat terne ou scintillant dans sa prunelle quand je peux y deviner mon visage... Pou ou cœur ? Faim ou non ? Gourmand ou avide ?
- "Laide comme un nappage parsemé de vermicelles multicolores goût crottes de souris"
- "Jolie comme un cœur au chocolat fondant".
Bon, je crois que je vais choisir un fromage blanc au miel.
Et devenir jolie comme un cœur de pou.

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24 août 2007

À +

C'est simple, la prochaine fois que tu signes un de tes mails de ce foutu " A +", celui sans accent sur le A, bien sûr - c'est plus rapide à taper - je te colle illico dans ma liste noire.
" À + "
+ quand ? plus tard ?
+ de quoi ? de monde tout autour ?
Ça te paralyse les neurones de me voir toute seule ?
Pour ne surtout pas me proposer une ballade à deux mais en attroupements ?  C'est la deuxième fois (
tu vois, je n'écris pas la seconde, je pressens qu'il y aura une troisième). Tu as besoin de foule et de rendez-vous publics pour moi ? Tu as peur de quoi ? De t'emmerder en ma compagnie ?
C'est la dernière fois que tu signes ton message de ce A + qui n'est suivi de rien.
La dernière, avant la liste noire, celle qui te fermera l'accès à ma bal.


Quant à toi qui me propose de chasser mon spleen, en visionnant tes cd ... d'éclairs... alors là on ne me l'avait jamais faite, celle là. Des cd, même d'éclairs. C'est ta passion mon grand, et je veux bien croire que ça doit être très beau, que c'est certainement beaucoup pour toi de m'offrir ce spectacle télévisuel, mais as-tu pensé à me proposer un verre avant ? Dehors ? Sans foule ni attroupement ? Tu sais,comme avant. Quand les gens se rencontraient et se fixaient un rendez-vous. Pas directement devant un canapé à visionner des cd.
D'ailleurs je suis sensée animer un débat, avec toi, une soirée-palabre publique, la semaine prochaine. Comme c'est moi qui en ais trouvé le thème, tu veux absolument que nous soyons en équipe. Malgré mes réserves. Certes, tu veux. Et nous allons continuer à débattre du sujet encore longtemps par mail ?
Tu te souviens d'avant ? quand les gens parlaient ? Tu crois vraiment que je vais continuer encore longtemps à t'écrire, lire tes réponses, avancer ma contradiction, relire la tienne... etc ? tout cela par mail ?


Dites moi, les garçons, vous avez 50 ans, les femmes vous font donc si peur que ça ? Ou alors ce n'est que moi. Et cela m'emmerde, quelque soit la réponse qui est la vôtre.

 

6 mai 2016

Il suffit de si peu (...)

(...) Le sourire, dans une de nos cantines familières, la petite phrase presqu'intime qui m'a accueillie
" Il est là "
Toi. Lié à moi par le regard d'une presqu'étrangère. Toi, comme si nous étions deux, encore Toi et Moi.
Il suffit de si peu pour fendre de trois mots les pierres au ciment trop salé pour ne pas s'effriter.

Il suffit de si peu (...) 

14 juillet 2007

Pas cher....

J'aime bien mon boulanger. Et ma boulangère.
D'accord, je dépose mon vélo dans leur magasin le temps d'acheter ma flûte quotidienne, mais ils sont d'accord, hein ! Et là...j'avais juste besoin de faire une course à côté....

V_lo___vendre

13 octobre 2007

C'est Noël

Elle est à moi ! Depuis quelques heures.
Et non, il ne faut pas enlever le texte publicitaire.... "c'est aussi son charme" m'a dit le Monsieur....
Demain je l'étrenne pour de vrai dans le Gers...
P'tain qu'elle est belle ma moto !

Honda_CBR125R_repsol

29 décembre 2008

Bris

Ecran_oviv_aa

5 décembre 2007

Lune froide

Texte_Lune_en_feu

31 juillet 2007

Roll or stop

Roll_or_stop

14 octobre 2009

Châtaignes

Cheveux

25 décembre 2008

P.S.

Joyeux Noël à mon seul lecteur, j'espère qu'il fait beau à Nice....

4 septembre 2008

Adulte

Quand tu étais petit, je suis sûre que tu arrachais les ailes des abeilles encore vivantes.
Quand tu étais petit, tu t'étonnais alors de ton pouvoir de vie et de mort, de ton pouvoir immense de causer des souffrances inutiles jamais punies.
Te souviens-tu que tu as grandi ?

7 novembre 2007

Canal du Midi

Dans le glacis vert céladon
de tes eaux figées.
Dans l'ombre
tremblante de ton Autan
caressant les feuilles d'or.
Mes yeux, vitres dépolies par l'oubli,
mes yeux cherchent son ombre.

Il est midi dans ton nom,
il est minuit dans ma vie.
Et dans l'émail de tes reflets
ma douleur se fige.

19 mars 2008

En fin de conte


En faim de conte

En fin de compte, j'aime bien le silence.

Les mots font vraiment trop de bruit.

9 juillet 2008

En fin de je ne sais plus quoi qui se compte

J'ai bien trop besoin de parler. Et d'entendre. Et puis je viens de finir les trois tomes de Millénium, et la personne qui me les avait prêtés m'a appelée Lisbeth.
Lisbeth  aime trop le silence.
Je ne m'appelle pas Lisbeth.

17 mai 2016

Lutte descriminatoire

Flagrant délit de discrimination dans le potager.
Les courgettes s'entêtent à porter six fleurs mâles pour une femelle.
Mon honneur défaille devant ce nouvel affront.
Toutes griffes dehors je vais leur couper (...)

(...) la tête.

26 juillet 2010

Échos de ouate

Dissoudre cette peur qui sourd
Éclats de voix
de la chair qui crépite

Me taire, m'abstraire
Éclats de mots
des feuillets palpitant

(...)

Partir dans les silences
Éclats de ouate
Des plis qui m'habitent

17 septembre 2009

)

La lune
- virgule -
pupille de chat
silencieux

Au coin du ciel
- silence -
la lune
- soupir -


25 décembre 2008

Pantoise

"Joyeux Noël, ne sachant que choisir nous avons décidé que tu déciderais. "
Trois enfants, qui tendent une enveloppe à leur mère.
Merci.
Je crois que je vais aller m'offrir des fleurs.
Je ferai faire un emballage cadeau.

12 mars 2008

Ouate muette

Il était si tard.
Elle savait les heures et les jours.
Et les nuits aussi.
Son silence superposait des transparences,
une à une
jusqu'à l'opacité.
Elle ne dit rien, rien, rien, rien.
L'écho de sa voix mutilée se répercutait, mots de ouate muette.

10 janvier 2008

La clé

Pas à vendre
pas à louer
pas à gérer

Pas à pas
... à ...
aimer
juste un peu
- pas trop -
- pas mal -

Pas à pas
... m'aimer ...
être à mes côtés
... mais ...
de loin, un peu
pas trop près

Pas à pas
te dis-je
... doucement ...
Je suis encore là
- derrière la porte -
tu es là
... et la clé...
aussi

16 septembre 2009

Horreurscope

Il est du signe chinois chien.
Il sait accueillir ceux qu'il aime en remuant la queue.
Et mord quand il est inquiet.

Elle est du signe chinois coq.
Les ergots plantés dans le fumier elle chante afin que nul n'oublie qu'elle existe.
Et passe à la casserole avec un bon vin rouge.

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