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Eau vive

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17 janvier 2008

Crise de cynistissisme

   - Docteur, j'ai besoin d'une boîte de motvules, s'il-vous plaît. Les habituels. Vous comprenez, j'ai... heu... j'ai
   - Vous avez encore dit des mots non protégés ? Mais enfin, à votre âge, vous savez bien que c'est criminel !
  - Taratata, vous allez être content, je n’ai rien dit. Mais pensé tellement fort… si vous saviez…C'était arrivé tout naturellement. Et j'avais pourtant tout ce qu'il fallait au pied du lit ! En grand format. Le Robert pour me protéger des acides. Le Larousse pour contre carrer les trop falots. Bref une vraie armada. Mais je n'ai pas fait exprès, je vous assure, j'avais presque tout oublié. Quand la réalité m'a rattrapée c'est là que j'ai eu cette crise aiguë de mots non-protégés..
Evidemment, pour ne pas avoir mal, j'ai développé une crise de cynistissisme. Et j'ai bien failli plaisanter sur le seul sujet avec lequel je sais bien qu'il ne faut jamais plaisanter, jamais... Quand j'ai senti ce drôle de mot tout acide me monter à la gorge, je l'ai presque laissé se dire. Presque. C'est pour ça qu'il me faut absolument un traitement de fond. Sinon, un de ces jours...
   - Je vois... Vous me dites que vous avez failli parler de tendresse, d'affection, d'amour même !
tant que vous y étiez ! Et pour éviter de vous laisser aller à être aimable, vous avez failli prononcer de votre voix la plus douce des mots cyniques trempés d’acide… c’est ça ? Comment avez-vous fait pour oublier que les mots sont des sens précieux à ce niveau de langage !  Ce n'est quand même pas un self-service comme sur les blogs. Bien la peine de se targuer d'aimer Yourcenar ou Proust pour sombrer au premier... (...) Bon, l’important est que vous n’ayez rien dit. Et je vous rappelle que vous avez déjà développé une allergie à certains mots, à cause de ce foutu cynisme. Il va falloir prendre un traitement de fond sur plusieurs semaines. Vous le connaissez depuis longtemps ?
   - Heu... trois mois... enfin... avec quelques blancs autour. Des pauses césures.
   - Et voilà comment on vérole la censure ! Bon, ce n'est pas irrémédiable, même si vous faites parfois n'importe quoi ! Je suis là pour tenter de réparer les dégâts. Et éviter l’apparition d’une nouvelle allergie croisée (...)
  - C’est rigolo ça ! des mots croisés !
   - (...)
  - Pardon, je me tais, continuez.
  - Alors, une boîte de Lémothyroxine®.
Posologie pour traitement de fond de cynistissisme, 1 motvule par jour. Et vous n'oubliez pas, un motvule avant chaque rendez-vous.
   - Merci Docteur, c'est promis, je suis sûre que mes mots vont réapprendre à se dire sans cynisme, j'en suis sûre ! Et je n'oublierai plus d'enfiler ma carapace de silences avant.
   - Pas trop solide, la carapace, pour laisser le Lémothyroxine® agir et vous adoucir. Vous verrez, je suis sûre qu'un jour vous arriverez à aimer, et même que vous pourrez dire ce mot.

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14 janvier 2008

Fer

Les faux-plis de ma vie,  je le sais bien, moi...
Ceux qui saillent dans mes rondeurs alanguies, ceux qui rayent ma langue de mots jamais dits, ceux qui lancinent, m'assourdissent et m'empêchent d'entendre ...
Mes faux-plis, en vagues joyeuses, voile de sucre glace scintillant. Fondant sucré qui me nappe. Et mes baisers de miel. Et mon coeur nauséeux de cette gourmandise aveugle.
Je me pare de cette vie d'émois froissés, qui cognent sans relâche à ces aspérités mal repassées.
Mon coeur a pris un faux-plis, je suis un pierrier et tu y vois une princesse au petit pois. Tu décomptes les bleus rigolos à ma peau, leurre! leurre te dis-je, j'ai le coeur lourd d'un caillot outremer.
Comme une lance, pour ce combat qui n'est que le mien, j'ai saisi le fer, me suis regardée dans le reflet brillant et brûlant. J'étais prête. Et les nuages de vapeur chuintaient.
Je me suis allongée sur la table à repasser les vies froissées.
Mais il me manque le savoir-faire.

11 janvier 2008

Tourbillon

C'est fait. Tranché, pesé, soupesé, fantasmé, projeté, goûté, choisi. Enfin ! J'ai pris ma décision, en fermant les yeux comme poupée de son, en écoutant très fort les chuchotements de ma peau, les mots d'esprit de sel, de ceux, de celui que..... Je n'avais plus le choix, drame cornélien, dilemme théâtral dont le dernier acte s'éternisait. Racine en a fait des drames terribles, sanglants et écrit des vers attachés à des proies exsangues.
Moi, non. J'étais juste épuisée.
Lui, mais pourquoi le choisir, lui ? Parce que, tout conte (oui, pas "compte", "conte", comme "de fée". Non,  pas "défait", même si, à la limite, on pourrait dire "de fait" ), bref, tout conte fait, pourquoi pas... 
Non et non, je ne reviendrai pas dessus.
C'est toi que j'ai choisi. Toi, toi, toi et toi. Pas lui. Point.
Et puis si vraiment je me suis trompée, et bien... Non et non, ce ne sera plus lui, ni l'autre. Rien. Que mes copains, mes copines, et rien d'autre. Parce que le théâtre en alexandrins, de bon matin, de tôt midi et de tard le soir... je ne peux plus. En fin de conte (je ne me répèterai pas, relisez la ligne 7. Je sais, je vous materne, c'est moi qui ai compté les lignes du conte pas compte), j'ai choisi parce que c'est trop fatigant la dualité. Et puis je suis nulle comme actrice, alors le remake de Jules et Jim, je préfère l'offrir en version originale...

Jeanne moreau - les tourbillons de la vie
Extrait tiré du film "Jules et Jim" de François Truffaut (1961) , avec Jeanne Moreau, Henri Serre, Oskar Werner. D'après le roman de Henri-Pierre Roch.

10 janvier 2008

La clé

Pas à vendre
pas à louer
pas à gérer

Pas à pas
... à ...
aimer
juste un peu
- pas trop -
- pas mal -

Pas à pas
... m'aimer ...
être à mes côtés
... mais ...
de loin, un peu
pas trop près

Pas à pas
te dis-je
... doucement ...
Je suis encore là
- derrière la porte -
tu es là
... et la clé...
aussi

9 janvier 2008

Tourbillons de la vie

C'est parce que vous ne m'avez pas demandé de choisir que je l'ai fait.
Je ne pouvais plus vous regarder l'un, l'autre, mon Jules, mon Jim, et ne pas avoir mal de l'absent si présent par son silence. Mal de me mépriser de moi.
Je vous aime tant tous les deux, oh ! c'est tellement bon de vous aimer tous les deux ! Vous qui savez l'existence de l'autre. Mais comment donc faites-vous pour accepter l'autre ? c'est la seule réponse que je n'aurai jamais, puisque je ne peux vous poser cette indigne question... L'un, l'autre, et mon choix inévitable à faire.
Mon Jules, qui me fait danser toute la nuit, moi qui ne sais pas danser à deux, et qui est si fier d'être à mes côtés. Toi qui t'en fous que les autres te voient me dévorer des yeux, tu l'assumes, tu m'as dans la peau. C'est beau comme du Piaf, c'est phéromonique. Et nous éclatons de rire. Oui, à la première minute, tu as su. Les hormones ont un parfum insoutenable. Et nous nous enivrons de cet attrait qui nous soude des heures durant quand tu me prends.
Mon Jim, toi dont les doigts magiques jouent dans des cathédrales de pierres froides. Toi qui fais vibrer les murs si hauts, et mon coeur aussi,  qui chavire. Toi qui m'apporte cette tasse de thé brûlant aux arômes ciselés, pour parfumer mes rêves. Toi qui caresses mon corps comme s'il était argile douce, sans relâche. Toi qui dis "je ne te demande rien, voici mes clés".
Mon Jules, je t'ai dit que je partais de ta vie, que je te devais ce respect. Et tu ris fièrement, et tu m'écris des mots beaux comme du Jules et Jim, et tu m'attends demain soir, pour ces dernières "petites affaires" à échanger. Je ris d'amertume quand tu me dis ton string léopard et ta peau de tigre pour nous clouer en régime moqueur et anéantir nos ardeurs...puisque j'en ai décidé ainsi.
Mon Jim, tu m'attends. Je suis là, tu savais bien que je ne pourrais davantage ressembler à cet homme qui me prit pour maîtresse deux années durant. Tu le sais bien, je ne suis pas capable de chantonner  comme ça, sans me noyer dans ce tourbillon ...

Jeanne moreau - les tourbillons de la vie
Extrait tiré du film "Jules et Jim" de François Truffaut (1961) , avec Jeanne Moreau, Henri Serre, Oskar Werner. D'après le roman de Henri-Pierre Roch.

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9 janvier 2008

Malade pour de vrai !

Je vous assure que c'est n'est pas une de mes métaphores coutumières. C'est bien un carillon qui l'annonça, silencieusement. Dans un courant d'air léger, juste par une vibration. Oui, c'était tout autant discret. Une cloche qui s'étouffait tout doucement dans de la ouate épaisse. Et faisait fermer les yeux, peu habitués à ce son étrange qui ricochait en écho rigolo sur les globes oculaires, de l'intérieur. Évidemment j'ai secoué la tête, stupide que je suis, et le carillon me fit comprendre que le plus petit mouvement lui permettrait simplement de me vriller le crâne en sonnant à toute volée tel un tocsin. Tant pis, ne pas froncer les sourcils, ne pas se lever brusquement, continuer comme si de rien n'était. Le boulot, c'est le boulot, et je n'allais pas commencer à me laisser distraire à peine remise à la tâche.
Une lourdeur étrange et impalpable pourtant, là, s'installa sans vergogne au creux des reins. Et la nuque qui se fait lourde par instants. Même pas de frissons, non, rien que de l'impalpable, qui dérange, sans rien déranger.
Puis le vent s'est levé brutalement. La carillon a tempêté, emmêlé ses fils. Et j'ai vacillé. Me tenant à la rampe d'escalier, trouvant tout à coup que chaque marche était bien haute. J'ai chipoté dans l'assiette,  frissonné et dressé mes bras en chair rugueuse. Et j'ai fini par le concéder, que, et bien oui, je crois bien que j'ai de la fièvre.
Se glisser dans le lit, après avoir avoir enfilé un pull supplémentaire, des chaussettes si douces que les doigts de pieds en frissonnaient d'aise. Et tomber. Émerger parfois, dans l'odeur acide et douceâtre du corps trempé de sueur, chercher un repli de draps encore sec et frais. Tourner et geindre. Puis boire enfin un bol de tisane brûlante. Et sourire aux enfants empressés en mâchouillant un "je suis ma-la-de" plein de tendresse pour eux.
Je crois bien que j'aime quand même être juste un peu malade, comme ça, sans nausée violente, sans rien de douloureux, juste cette chape exquise et brûlante qui fait s'effondrer le corps dans des heures comateuses.
Je crois que j'aime bien la voix qui se nappe de miel et la peau qui devient chaude comme un radiateur tout doux. Je crois bien que j'aime rester là, sous les couettes et ne plus penser qu'à la position exquise où la barre de fonte dans les reins se fondrait doucement. Là, ça y est.
Ne plus bouger.
Et dormir.
J'adore être malade pour de vrai sans l'être pour de faux, mais un peu quand même....

7 janvier 2008

Un geste d'amour

J'ai laissé dans ton regard mon reflet qui dansait dans tes bras, dérobant comme un oiseau voleur tes espoirs qui y étaient réfugiés. Tu as voulu figer cette image, à tes côtés, pour que mon regard t'y parle des mots que tu voudrais entendre. Petit scarabée, je t'ai laissé faire, je n'avais plus le droit de te demander pardon, n'est-ce pas ? 
Quand tu as posé tes mains le long de mes bras, quand tu as enfoui ta tête dans mon cou, tu disais des mots si touchants, si beaux ! je les ai reconnus, tu sais... ce sont eux, les mots des pauvres gens. 
J'ai su que tu m'aimais.
Tu regardais mes yeux qui te disaient combien tu m'étais précieux, mais ma voix froissait le velours de ton désir si doux.
Et je suis partie.
Il fallait que je parte, tu le sais bien, pourtant. Avec dans mes pas la petite douleur aiguë de t'avoir blessé, toi que je voulais serrer dans mes bras et consoler de ce chagrin qui est aussi le mien.
Ce n'était pas que je t'aimais, ce n'était pas que je ne t'aimais pas, ce n'est rien en réalité, rien que ma vie qui a besoin d'un espoir, pour s'offrir au possible d'un amour nouveau-né. Ce n'était que mon regard, de moi sur moi, qui m'a dit de partir et de te laisser t'envoler.
Et ta voix qui disait que tu t'en moquais bien, qu'ils n'avaient pas d'importance, les autres. Juste toi ? toi et moi ? encore ?  Juste l'instant fugace d'un nous. Mais je ne peux plus. J'ai déposé ma confiance dans un coeur que j'ai envie de voir battre libre et vrai.
Je suis fière d'être partie. Puisses-tu y voir un vrai geste d'amour pour toi.

4 janvier 2008

Extr'aime-moi

J'ai le corps concassé
de caresses trépassées,
et le sexe taillé à la hache.
Les hanches sculptées
de désirs que l'on cache.

Les sens tourneboulés
et le corps chamboulé.
Mon coeur, où es-tu ?
Chapeau pointu
turlututu

J'ai la taille enserrée
de mains empressées
et le ventre palpitant
de désirs d'amants.

Quel est ce parfum de soufre
extrême ?

3 janvier 2008

Ma pierre de lune,

Copie_de_Ma_lune_en_moinstoi dont j'offre la douceur irisée au gré de mes amitiés pures, de mes émotions profondes... ma pierre de lune... ce matin, dans ma boîte aux lettres. Là, sans un mot, avec mes initiales sur l'enveloppe.
Ton éclat a tranché mon sourire, et une colère intense, rougeoyante et sanglante a envahi mon corps. La rage dans les mains, les dents prêtes à déchirer la peau la plus douce. La colère, de celle qui renverse les tables de chêne et brise les silences. J'ai la haine, qui ne peut s'expliquer que par la trahison. La haine meurtrière. La haine, comprends-tu ? Et j'ai eu envie de te saisir, de te lancer dans cet espace au vide glacé que tu n'aurais jamais dû quitter. Envie de te faire fondre sur des braises, de te voir te dissoudre dans l'acide. Envie de te vomir, de me crever les yeux. Je hais ce geste de mépris, je hais avoir été jetée comme un caillou dans une boîte de métal. Je hais être si méprisable que tout objet de moi est à bannir.
Puis la colère carminée a fait renaître les cendres... Sais-tu qui est le dernier a avoir osé ce geste ? Lui, le matador... Et j'ai fouillé les ancien textes, retrouvé cette douleur laissée en souvenir par un homme qui m'avait aimée... mal, si mal...
"L'arène. Noire de ce monde qui entourait cette plage presque vide. Le silence était étouffant.
Le taureau était déjà presque à terre pourtant. Banderilles plantées. Fines lames aiguisées, surmontées de tissus colorés, gluantes de son sang épais.
Matador en habit de lumière, matador que le taureau suppliait de se livrer à un combat à armes égales. Ils se regardaient, sans haine, avec la fierté d'accomplir chacun son destin.
La première banderille s'était fichée dans sa gorge.
L'animal avait compris qu'un combat se déroulait dans l'arène. Il ne savait pas qu'il était, lui, le deuxième acteur.
Un coup le paralysa : nul mouvement pour esquiver la lame qui se planta dans sa chair, la seconde.
"Tu es si beau, mon taureau, dans cette arène, tu es à moi."
Banderille plantée, la troisième. L'animal ne sentit pas les plaies dans sa chair, l'animal gémit d'une autre douleur.
L'homme en habit de lumière lui dit combien il était fort et beau, combien jamais il ne vit plus belle bête, combien il était fier d'être dans l'arène auprès de lui, pour toujours. Taureau vit briller ses yeux, et redressa un peu son échine pesante.
Mais il sentait la vie qui s'écoulait de ces lames fichées en lui. Chacun de ses pas le blessait davantage. Il faiblissait. Le combat serait bref. Il allait tomber. Se laisser aller au sol. Il attendait sa mise à mort.
L'homme en habit de lumière se sentait fort et puissant, malgré son corps si fin.
La foule dans l'arène trouva le combat inégal. Des voix jaillirent, encouragèrent l'animal, huèrent le matador trop sûr de lui. Et il ne sut pas s'arrêter. Il tenta de planter sa dernière banderille, mais elle ne put que se briser au sol. Taureau avait reculé violemment. Quoi, que disait-il là, cet homme si preste ? Qu'il l'aimait ? l'aimait à le torturer ? 
Il ne voulait plus de ce combat. Il comprit la stupidité de ces jeux où personne ne gagne. Il ne mit pas le matador au sol. Il le laissa là, dans cette arène inutile et vaine, seul. Il fracassa les barrières de bois qui le cernaient. Taureau lèche ses plaies dans un champ. Certains ont enlevé les banderilles fichées. Quelques cicatrices, cela va bien au cuir tanné de la bête.
Depuis, le matador au combat inutile appelle le taureau de sa douce voix. Ce n'est plus que vent dans les bois. La bête a entendu la menace derrière cette douceur exquise. Il sourit d'avoir fui du labyrinthe de l'arène. Juste à tant."

Je viens de comprendre, qu'à nouveau ma route avait croisée celle qu'un homme qui m'aurait offert la douleur d'aimer jusqu'au bout du mépris de moi. Et je suis fière d'avoir su quitter son arène juste à tant. 

2 janvier 2008

Papa,

        tu sais que tu es sacrément responsable d'un joyeux foutoir dans ma relation avec les représentants de la même espèce que toi, tu le sais, ça ?
[ Bon, d'accord, tu remarqueras que j'ai beaucoup de facilité à te parler depuis que tu es mort, mais bon, on fait comme on peut, à servir frappé avec un zeste de psychanalyse tout autour, hein ! ]
Bref, je te disais donc que c'est vraiment terrible parfois. Moi je croyais que tous les hommes (...)
[oui, tous ceux de ton sexe, pas l'Homme-humanité. Et puisque j'ai lancé le mot sexe, je tiens à te préciser que je n'ai pas la moindre envie d'aborder avec toi MA sexualité, je couche avec qui je veux, comme je veux, cela ne te regarde pas. C'est drôle mais ça fait du bien de l'écrire. ],
(...) tous les hommes, donc, étaient comme toi !
[ Même passé le stade œdipien, même avalée tout cru la symbolique bla-bla ].

Bref, disais-je, je croyais que tous avaient les mêmes réflexes. Quand ils me proposent leur aide, "je peux faire quelque chose pour t'aider ?" je me pince à chaque fois, tentant de me convaincre que ce n'est pas pour de faux... leur foutue cécité à ne pas voir l'égouttoir débordant de vaisselle à essuyer, ou l'évier où s'accumulent les casseroles sales pendant que je continue à préparer mes petits plats. Ah oui, je ne t'ai pas dit ? j'aime toujours autant cuisiner pour ceux que j'aime ! Vaisselle que je vais finir par laver et essuyer d'ailleurs, je n'ai pas le choix si je veux continuer à jouer dans ma cuisine. Bref, pourquoi m'as-tu laissé croire que c'était exceptionnel qu'un homme quitte sa veste, se lance dans le ballet des torchons ou la valse du balai, sans jamais que l'on ait besoin de le lui demander ? Pour moi, c'était normal. Papa travaille, maman travaille, tout le monde fait ce qui doit être fait, en étant juste attentif à ce qui l'entoure.
Et maintenant me voilà, avec leur conne de question, celle qui me met dans la position détestable de la vénérable maîtresse de maison qui devrait donner des ordres. Et comme je déteste avoir une équipe, que ce soit au boulot ou à la maison, je réponds toujours la même chose "rien". Non, il n'y a rien à faire pour m'aider.
Un jour je crois même que je répondrai rien à la place de "rien" et tendrai un petit flacon de collyre. De celui qui a l'effet magique d'ouvrir les yeux...
Bon, Papa, c'était quoi la marque de tes gouttes à voir ce qu'il y a à faire ?

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