Tourbillon
C'est fait. Tranché, pesé, soupesé, fantasmé, projeté, goûté, choisi. Enfin ! J'ai pris ma décision, en fermant les yeux comme poupée de son, en écoutant très fort les chuchotements de ma peau, les mots d'esprit de sel, de ceux, de celui que..... Je n'avais plus le choix, drame cornélien, dilemme théâtral dont le dernier acte s'éternisait. Racine en a fait des drames terribles, sanglants et écrit des vers attachés à des proies exsangues.
Moi, non. J'étais juste épuisée.
Lui, mais pourquoi le choisir, lui ? Parce que, tout conte (oui, pas "compte", "conte", comme "de fée". Non, pas "défait", même si, à la limite, on pourrait dire "de fait" ), bref, tout conte fait, pourquoi pas...
Non et non, je ne reviendrai pas dessus.
C'est toi que j'ai choisi. Toi, toi, toi et toi. Pas lui. Point.
Et puis si vraiment je me suis trompée, et bien... Non et non, ce ne sera plus lui, ni l'autre. Rien. Que mes copains, mes copines, et rien d'autre. Parce que le théâtre en alexandrins, de bon matin, de tôt midi et de tard le soir... je ne peux plus. En fin de conte (je ne me répèterai pas, relisez la ligne 7. Je sais, je vous materne, c'est moi qui ai compté les lignes du conte pas compte), j'ai choisi parce que c'est trop fatigant la dualité. Et puis je suis nulle comme actrice, alors le remake de Jules et Jim, je préfère l'offrir en version originale...
Jeanne moreau - les tourbillons de la vie
Extrait tiré du film "Jules et Jim" de François Truffaut (1961) , avec Jeanne Moreau, Henri Serre, Oskar Werner. D'après le roman de Henri-Pierre Roch.