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Eau vive
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9 août 2007

Femmes, lisez donc avant de craquer...

Cette note est destinée aux Femmes exclusivement [individus de race humaine, sexe femelle, n° d'identité commençant pas 2. Au fait, pas un commentaire sur le "et pourquoi le 2 et pas le 1", j'ai ai assez bavé dans un autre blog. 2 parce que 2. Point barre].
Parce que les hommes [enfin non, les hommes perspicaces] pourraient l'utiliser pour mettre à profit ses recettes. Et ça... j'aurais "un peu de mal" à le supporter. [option "c'est un euphémisme".]
Bref - j'adore les digressions, il faut vous y faire -, voici, Femmes mes consoeurs, le Reader-Digest pour comprendre comment va se passer une éventuelle aventure avec un homme marié [ou concubiné, pacsé, fliqué, bagué, pris en main, accompagné, bref un qui a déjà un individu de sexe femelle dans sa vie quotidienne.]
1] Marié ou libre ?
Si vous n'avez aucune indication sur le sujet posez directement la question, que diable ! Il y eut Honoré, par exemple. J'avais été séduite par sa personne, et il s'était bien gardé de m'alerter sur le sujet de son état matrimonial jusqu'à qu'une ampoule clignote dans ma tête et me fasse lui poser la question. "Oui, je suis marié"... Et pourtant ce monsieur était fort libre, croyez moi ! y compris les week-ends... Je n'ai pas été tendre avec lui... une vengeance envers ce mensonge par omission que je n'avais pas pardonné. Il lui aura fallu un an pour craquer. Et il ne m'aura jamais touchée. Juste regardée. J'étais charmante, je vous assure, oui, et plus encore. Une vraie peste adorable. Si vous croisez un chef d'entreprise, ou un artisan à son compte,  votre méfiance doit s'aiguiser encore davantage qu'à l'accoutumé.
2] L'erreur d'appréciation ou Le voyage du Titanic
Vous le savez, il n'est pas libre, mais vous décidez qu'une aventure est toujours bonne à prendre, au moins vous garderez votre liberté chérie. Et vous acceptez donc le verre, puis le restaurant. Et vous succombez. Délicieux n'est-ce pas ?
La différence avec un amant "normal"... c'est la suite.... vous avez prévu la bouée dans votre sac à main ? Et un kit de survie pour les nuits d'hiver seule sous la couette, du style canard rose avec deux piles LR4 ?
3] Les enfants, c'est sacré
L'amant marié est adorable. Jamais vous n'aurez plus mauvaise conscience qu'avec lui. Tout d'abord il prendra sa voix la plus douce, rauque d'émotion, pour vous expliquer que son mariage est sacré. Pour les enfants. Ce sont eux l'important. Comme dans trois cas sur quatre, vous êtes vous mêmes divorcée... vous recevez là la première flèche de la culpabilité. Il y a donc des gens qui acceptent de sacrifier leur bonheur à leurs enfants... Pas vous.
4] Vous êtes exceptionnelle
"Comment pouvez-vous aimer un homme comme lui, si banal, si lâche ? Vous qui méritez que l'on vous aime à la lumière ! " Et  ce crétin d'Ego [la ferme Ego, la ferme] vous laisse croire que c'est vrai ! Fatale erreur... L'amant marié est en train de vous manipuler de la façon la plus perverse qui soit. Il vous embobine, mes chéries. Vite fait, bien fait. Tenez, souvenez-vous de vos discours avec vos enfants, combien vous les encouragiez "oh qu'il est fort mon chéri, et sa maman est si fière de lui... et patati et patata" Sincèrement, ça valait tout ça le fait qu'il accepte enfin d'enlever ses foutues roulettes à son vélo ? Non, mais il vous a cru.. Et voilà... il vous a mis là où tout être humain rêve d'être, sur un piédestal.... Embobinée, je vous dis.... Vous êtes exceptionnelle. Et embobinée.
5] Les mails et lettres d'amour
Vous n'allez pas en croire vos yeux enamourés, cet homme là vous écrit les plus beaux mots d'amour que vous n'ayez jamais lus [avant de relire Rimbaud ou Verlaine bien sûr]. Il est perclus d'amour pour vous, tout comme votre grand-père est perclus de rhumatismes. Bon, je vous le traduis ? Il peut écrire ce qu'il veut, c'est facile pour lui, ça le détend. Mais oui, vous avez bien lu.  Entre la tarte aux poireaux du dimanche, la belle-famille et son confit-foie gras, les sorties avec leurs copains [ceux du couple], vous êtes la seule personne à le regarder comme s'il était une merveille. Or il n'est rien d'autre qu'un mâle. Banal, et qui trompe sa femme. Vous voici donc sa muse. Bref, il se détend en vous écrivant des mots que vous relirez 100 fois, y compris la nuit, dans votre lit, toute seule. Des lettres merveilleuses  rien que pour vous [copie par mail si nécessaire]. Elle seront signées de sa seule initiale, il ne faudrait pas qu'un jour elles tombent dans des mains mal intentionnées quand même ! Le piège s'est refermé. Manque de chance, vous avez perdu la clé en ouvrant la première enveloppe.
6] Leurs emploi du temps [celui de sa femme et le sien]
Bientôt vous saurez à quelle heure elle part au marché. Et si ses enfants ont rendez-vous chez la dentiste. Il se précipite pour vous appeler, des sanglots dans la voix. Vous ferez son jogging avec lui et vous l'entendrez haleter de sa respiration au rythme de sa foulée. Vous aurez l'impression d'être à ses côtés, tant il vous décrit si bien le moindre brin d'herbe sur lequel il aurait adorer vous enlacer, là, maintenant. Parfois il sortira de Midica, incapable de résister davantage au besoin irrépressible qu'il a de vous entendre. Tant pis, il achètera la latte pour le sommier de leur lit plus tard. [Oui, je sais, une Femme normale aurait fait un bond. Comment, il ose parler du lit dans lequel il dort avec elle ? ] Mais voilà, vous n'êtes plus normale, vous êtes amoureuse d'un homme marié.... Et vous commencez à attendre... Son emploi du temps vous a phagocytée. Il y a un rendez-vous auquel il ne déroge jamais. L'appel du soir, avant de quitter son bureau. Pendant une demi-heure il vous parle de sa journée. Comme si vous étiez sa femme.... VOUS N'ÊTES pas sa femme, ne l'oubliez pas. Et quand il raccroche [je file, on mange chez des amis ce soir ] vous vous sentez épuisée. Mais pour rien au monde vous ne sortiriez de chez vous à cette heure là.
7] Les cadeaux
Généralement l'amant marié choisit avec soin ce qu'il va vous offrir. Un galet [il m'a fait penser à toi, mon amour] qu'il aura cherché pendant des heures lors de son week-end au bord de la mer, ou alors une sulfure italienne, lui qui aurait rêvé de vous amener à Florence. Ce pourra être une de ses chemises [comme ça je serai toujours avec toi mon amour], soigneusement repassée par sa femme. Bref l'homme marié choisit vos cadeaux en fonction des traces qu'il pourra laisser chez vous.
8] L'histoire dure, et dure, et dure.....
Vous avez compté sur vos doigts. Les deux mains suffisent pour les nuits dérobées. Un seul week-end, celui où belle-maman [la sienne bien sûr] a été opérée de la hanche. Vous vous regardez dans votre miroir. Et vous regardez votre reflet dans les yeux de vos amis. Deux ans ? Cela fait deux ans déjà, et ils ne connaissent toujours pas l'homme que vous aimez ?

Et voilà, Femme, ma con-soeur [en deux mots c'est bien plus parlant], le piège étant posé, refermé, la clé jetée au loin, il ne vous reste plus que deux solutions.
----- sonner à la porte de son pavillon pour rendre à sa femme lettres, cadeaux, photos. Vous pourrez rajouter qu'elle n'a pas à se faire de souci, ils n'utilisaient pas de préservatif, mais vous n'avez aucune maladie. Pour la mycose vous avez suivi toutes les deux le même traitement, c'est drôle, non ? [façon comédie de boulevard, très défoulant mais très immoral.]
----- dignement décider d'aimer un homme qui est libre de vivre sa vie et qui sera fier de vous présenter à ses enfants et ses amis. Ou même de n'être aimée de personne mais pas à demi. Vous pleurez un bon coup, avant. Vous enfilez la robe qu'il préfère. Et vous vous dites adieu.

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2 août 2007

Plic-Ploc

Vieillerie de vacances (écrite en 2006, ça ne nous rajeunit pas mais c'est toujours d'actualité ! )


C'est formidable maintenant.
Ces carreaux de faïence bleue nuit et cette lumière qui s'allume automatiquement. Très beau, très clean et propre. Très adapté aux fauteuils roulants. Très design, jusqu'aux lave-mains. Tout est parfait. Et le Comité Hygiène et Sécurité est très content.
Oui, mais moi, je préférais les anciennes.
Les normales, avec des portes comme à la maison, sans clignotant rouge pour expliquer que l'on ne doit pas tenter d'entrer dans ces toilettes, elles sont déjà occupées. Avant, quand on tentait d'ouvrir la porte, on entendait une petite voix humaine, un soupçon angoissée, qui balbutiait "c'est occupé", en oubliant même de poursuivre ce qu'elle faisait juste avant.
Maintenant je sais, dès mon entrée dans le lieu d'aisance (je vous assure que ça le mérite), si je peux me précipiter ( j'ai un peu tendance à attendre le dernier moment) ; "stop", on attend, on ne touche pas. Il y a des humains derrière, en petite tenue parfois si rigolote (je pense à chef à moi, et je me sens mieux après, en réunion houleuse). La rangée de portes, toujours bien closes (on n'expose pas ce genre d'endroit, on n'en parle pas, vous savez bien), grâce aux vérins qui automatisent leur fermeture.... et qui me demandent d'oublier que les muscles de mes bras ressemblent à de la guimauve. Je me muscle donc tous les jours. Plusieurs fois par jour ; parce que j'écoute les conseils du ministère de la santé. Je bois. Plein d'eau. Donc je fais pipi. Sans arrêt.
Je préférais les anciennes, je vous dis. Que je pouvais ouvrir d'une poussée du genou ou du coude, voire des fesses. Et desquelles je ressortais propre et sèche. Parce qu'avant, jamais je ne m'étais indûment tacheté le pantalon de quelques gouttes indisciplinées. Avant, quand je devais moi-même pousser l'interrupteur qui me permettait de ne pas être confrontée à une cuvette dans l'obscurité. Je vous explique.
Maintenant, plus besoin de d'éteindre en partant ; économie ou hygiène, il y a un minuteur. Que la personne précédente a certainement enclenché. Et que je n'ai donc pas ré-activé. Puisque c'était allumé quand je suis rentrée.
Et là, alors que je suis concentrée à évacuer l'urine dé-concentrée par toute l'eau que je lui ai donnée en goutte-à-goutte; le black-out.
Dans 6 m2, le noir total.
Alors même que je suis dans une posture ... donc, je vous laisse imaginer (pas vous, les filles, je sais que vous savez). Et le point orangé du minuteur à allumer, là-bas, tout au fond, prêt de la porte, qui me nargue. Maintenant je sais comment fonctionne un minuteur. Donc je ne panique (presque) plus quand j'ai oublié d'allumer la lumière déjà ouverte (pas de remarque sur les flux électriques et mon verbe "ouvrir" comme un robinet, on est là pour parler, pas pour disserter). Je réussis même à attraper, toujours dans le noir, le bout de papier qui est comme toujours coincé bien collé à son rouleau d'origine sous le dévidoir dont la taille est prévue pour un troupeau d'éléphants. Ce qui va me permettre de ne pas devoir, quand la lumière aura enfin été allumée, éponger le goutte-à-goutte de mon eau dégouttée précédemment. Par terre ou sur mon pantalon. Les garçons, je ne vous demande pas comment vous faites, je sais. Hélas.
Voilà, et là, je ne vous ai parlé que de son usage fondamental et premier. Maintenant il y a le reste.
Parce que si vous voulez boire votre litre et demi, d'eau évidemment, vous devez remplir votre bouteille, le matin. Ceux qui payent pour avoir de l'eau sous plastique, ne lisez pas, ça ne vous concerne pas. Donc vous vous dirigez vers les vasques design. Aux superbes mitigeurs. Très jolies, les vasques. Mais pour deux mains à laver, seulement deux mains. Donc, maintenant, vous vous dirigez tous les matins vers les toilettes, la bouteille de verre sous le bras gauche, et l'indispensable demi-bouteille en plastique à la main gauche. Important, la main gauche, parce que vous aurez besoin de toute la force de votre bras droit pour ouvrir la porte au vérin suffisamment résistant pour contenir un troupeau d'éléphants qui tenteraient de s'échapper du lieu.
Tous les matins, donc, vous jouez donc à transvaser de l'eau, de la petite bouteille vers la grosse. Sans en renverser à côté, hein, parce que le plan est design et il n'y a pas de rebord pour contenir un débordement. Ça ne se fait pas de tremper ses chaussures de bon matin. Pour moi, en tout cas, maintenant, j'y fais attention. Quoique, elles avaient fini par sécher avant la fin de la journée, la première fois. Ça détend de jouer avec l'eau. Je vous assure, c'est très zen le remplissage des bouteilles.
Il y a un seul truc rigolo, c'est qu'ils avaient oublié les femmes de ménage. Qui ne pouvaient plus remplir leur seau. Mais on ne va pas demander aux architectes de penser à ces choses si bassement matérielles, hein ?
Elle sont si belles, les nouvelles toilettes.
Et puis ils leur ont mis à disposition un petit tuyau d'arrosage, pour leurs seaux. C'est très rigolo. Et aussi ils leur ont donné une grande grande rallonge électrique. Pour l'aspirateur. Parce qu'ils avaient oublié que ça se nettoyait, les lieux d'aisance. Et pourquoi donc y installer des prises ? les messieurs n'allaient pas s'y raser !
Je chipote, je le sens bien. Que voulez-vous, ce doit être la nostalgie. De la cabane au fond du jardin.
Oh, j'ai oublié de vous raconter un truc rigolo. Ce sont les toilettes pour handicapés. Immenses. J'aime bien y aller aussi.
Et la première fois que je m'y suis retrouvée dans le noir absolu, et que j'ai sautillé, le pantalon aux genoux, jusqu'à l'interrupteur... je suis passée devant le sèche-mains électrique, qui est très bas, bien sûr, dans ces toilettes là... juste à la hauteur ... de mes fesses. Je vous assure que j'ai ri après, parce que c'est drôlement chouette de passer ses fesses sous l'air chaud. Surtout dans le noir, quand on ne s'y attend pas. Bon, j'ai un peu hurlé sur le moment, mais après plus jamais.
Pour vous montrer à quel point je suis insupportable, et bien je râle même contre les miroirs qu'ils ont installés dans chacune des cabines à pipi. Maintenant, bien à l'abri des regards, et bien, je me vois en gros plan. Avec un spot bien éclairant (enfin, quand j'ai pensé au minuteur). C'est inhumain, ça. Personne pour entrer et admirer le spectacle de ma langue poussant la joue... là... mais, c'est un bouton ça... Et voilà comment je ressors avec un truc tout rouge et hideux, un peu sanguinolent, au milieu du visage. Alors qu'avant, et bien je ne l'aurais même pas vu....le bouton qui a pris des allures de volcan à la lumière rasante.
Elle sont très belles, les nouvelles toilettes.
Mais je préférais quand même les anciennes.

31 juillet 2007

Roll or stop

Roll_or_stop

17 juillet 2007

Et la prochaine, c'est quand ?

Il s'est jeté au sol et m'a dit :
- allez, à toi, j'attends.
Moi ? Pas question ! J'avais assez de mal à tenir debout avec tout l'attirail... alors, aller par terre !!!!
Je n'ai eu le temps de lui expliquer que, tout bien réfléchi, je pensais que... il a titillé ma cheville et vlam, moi aussi j'étais dans la même position de tas. Avec en accompagnement le premier de mes "et merde" de la soirée.
- leçon n° 1 ; apprendre à se relever.
Pour sûr je l'ai écouté, je n'avais pas le choix. J'ai suivi tous les mouvements scrupuleusement. Y compris dans la position du fox terrier devant un trou de lapin. Oui, celle la même, l'air ridicule, quoi ! Le gros moment de doute est apparu quand j'ai eu le pied droit au sol, le dos raide comme il fallait et le pied gauche toujours vautré à l'arrière. Il fallait que je me relève ? Non... ce n'était pas sérieux, j'avais autant d'équilibre qu'une savonnette sur du carrelage. Et le sol était tout aussi dur.
Ego [ mais oui, Ego, je parle de toi, là, tu peux être content. Quoi ? c'est moi qui suis ridicule ? La ferme, mon chou, la ferme, on est dans la même galère tous les deux...], donc Ego se fit tout petit [bien fait pour toi] et dût s'armer de courage.
- Debout ? Là ? Maintenant ? 
J'y suis arrivée ! Il y eut une salve d'applaudissements dans ma tête [je suis la meilleure ! je suis la meilleure ! ]. J'avais appris le B.A ba, à savoir me gameller et me relever. Ce qui est quand même l'essentiel.
Après ?
J'ai mal.
Aux fesses (allez les filles, courage, vous ne le regretterez pas),
aux mollets (malgré mon vélo quotidien, on voit bien qu'on ne pédale pas de la même façon sur deux roues) ,
aux chevilles (non, ce n'est pas parce qu'Ego avait gonflé de joie),
aux épaules... (pour elles je crois avoir compris, c'est à cause de l'amplitude de mon mouvement de balancier indispensable à mon équilibre. Quant à l'élégance, il vaut mieux l'oublier....),
à la langue et aux lèvres (à chaque nouveau mouvement "allez hop, on passe aux trottoirs", je me mordillais d'angoisse)
au dos ( "penche-toi bien",  "redresse-toi maintenant" )
Mais je me sens bien, ça doit être ça le masochisme.
Tout le monde a compris qu'hier j'ai pris ma première leçon de roller grandeur nature. Sans rien me casser ! Et nul bleu à l'âme [tais toi Ego, ça existe, j'en suis sûre], juste un sur les fesses....
Heureusement qu'après il y a le apéro'ller !
Dans une odeur de chaussettes surchauffées, rien n'est meilleur qu'un pâté de tête persillé sous la lumières des spots d'un parking envahi de fous qui tentent de rouler sur quatre minuscules roues accrochées sous des chaussures qui écrasent les petits os fragiles des pieds....

14 juillet 2007

Pas cher....

J'aime bien mon boulanger. Et ma boulangère.
D'accord, je dépose mon vélo dans leur magasin le temps d'acheter ma flûte quotidienne, mais ils sont d'accord, hein ! Et là...j'avais juste besoin de faire une course à côté....

V_lo___vendre

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11 juillet 2007

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J_12

La feuille est tendre, la sève palpitante. La goutte s'évaporera.
Il est des décomptes qui sauvent, des glas qui sonnent joyeusement.
Des heures à dorer dans un rayon de soleil.
Des souvenirs à noyer dans une petite goutte emplie de mémoire.
Quintessence.
Douze jours, comme ces douze phalanges qui servaient à décompter d'une seule main.
Douze jours. Douze heures. Douze fois douze.

La chignole du temps à venir perfore l'oubli.
Je suis prête.

7 juillet 2007

La paix chamarrée

J'ai recouvert mes idées noires de rayures vertes, chiffonnade de laitue acide pour limace tenace. J'ai décapé mes colères froides au White-spirit, laqué ma morosité d'un rouge brûlant, vernis de jaune ma peur, et drapé de lilas mes cauchemars. Les rayures fraîches et odorantes cinglent mon humeur de leurs éclats collants, et mes empreintes ont gravé de colimaçons le silence qui éclate.
J'ai peint, pour mon demain dont je n'ai plus peur, les couleurs d'un printemps artificiel, aux mots chamarrés de vérités, aux désirs consentis à la lumière de la vie.
Peu m'importe que tu sois troublé ou déboussolé, et que tes insomnies gonflent en montgolfières tes pensées érotiques adultères.
Je suis en paix et mes pinceaux rayent le bois d'odeurs fortes, de couleurs vraies et primaires.
Comme moi.

3 juillet 2007

Le cyclope

C'est un géant. Qui s'amuse de sa stature, de ses épaules, et de ses pieds qui butent sur les marches toujours trop étroites pour son 47 au bout des orteils. Il fait un drôle de métier, il est photographe d'évènements. Mais ce soir là, il était un ami parmi d'autres. Quand il  vous parle, ses yeux vous regardent sans bouger, mais sa main a une autre vie, et danse de son regard brillant de curiosité. Toujours pourvue d'un  appareil photo, elle vole, s'abaisse, se lève, et les déclics jouent leur samba. Il a plusieurs yeux ce géant là.

L'on s'habitue très vite aux éclairs incessants, ceux qui ne sont là que pour distrairent l'attention, sont le leurre propre à faire oublier le flash qui saisira l'expression, le mouvement du rire ou de la danse, la larme qui perle et s'évapore aussitôt. Des centaines de fois, son doigt appuiera. Pour quelques clichés dont l'éclat de vie sauront émerveiller.
Il y avait le saxophoniste, et les braises du barbecue dont les brandons éclaboussaient la nuit. Il y avait les assiettes de carton et les brochettes de chamallow pour les enfants. Une soirée comme tant d'autres, dans un joli jardin de banlieue.
Les flûtes furent amenées sur les tables de papier où des épis de blé, symbole de vie, étaient posés. Le géant déposa son appareil, souleva une grande bouteille de champagne, les conversations moururent dans quelques soupirs. "Pour vous, quelques bulles, pour fêter la belle nouvelle. Il y a quelques jours mon dernier scanner a montré que mon cancer était guéri. Buvez mes amis, à la santé, à la vie, à ma compagne qui m'a toujours soutenu."
C'était une belle soirée dans un jardin de banlieue. Certains se levèrent, dirent leur douleur, leur combat, leur fatigue. Tous unis par cette envie de partager. Un peu de réconfort, une flûte de champagne, quelques gâteaux entre deux chimio.

Alors, tu vois, petit papillon bleu, je voulais te dire que j'ai bu pour toi, parce que tu es toujours vivante, ici, à l'abri de mon coeur. Quand tu me parlais de ton groupe de paroles tu pétillais de joie : ils étaient si importants pour toi, là bas, ceux qui étaient là, quand ça n'allait pas. Avant que tu ne reviennes ici t'évader de ton cocon.
Papillon bleu, j'espère à mon tour pouvoir donner un peu. Tu vois, je garde tes derniers mots toujours vivaces "donne, l'amour ne doit pas se garder".

24 juin 2007

Un regard étrange

Je m'étais assise à la tablée cosmopolite de cette auberge espagnole. Le casque et le blouson rangés, le sourire dépoussiéré des ailes de moucherons, la certitude d'être attendue et accueillie en amie. J'avais déballé le cake salé, distribué les arachides simplement grillées, le gingembre confit. Ils étaient de partout, de la Réunion et de l'Ariège, de l'Afrique de nulle part. Et moi, parmi eux.

Jetant son encre vers les cieux
Suçant le sang de ce qu'il aime
Et le trouvant délicieux
Le monstre inhumain
c'est moi-même !
G. Apollinaire

Une soirée étoilée des brandons d'un feu follet, une soirée aux musiques arabes, au parfum rougail, aux poètes disparus, au vin frais et aux glaçons chantants.
J'avais vu son regard, à l'homme à la barbe grise qui aime tant le tango argentin. Son regard, quand nous parlions de tout, de rien, de l'amour et du sexe, des livres et des hommes, de la vie qui va et de la mort qui vient.
Mais je ne savais pas qu'il m'avait vue, derrière mon blouson aux plaques rigides, qui empêche les routes de laisser les gravillons de se planter dans les chairs. Il m'avait vue. Nue comme au jour premier, monstre inhumain de transparence, cachée dans une encre qui se trace, qui s'efface. Et me l'a écrit ce matin.
Il y a des gens, à la barbe grise et au regard étrange et pénétrant,  dont je suis heureuse qu'ils ne sachent pas que j'écris ici ce qu'ils n'ont nul besoin de lire pour tant connaitre de moi.

12 juin 2007

Est-ce bien raisonnable ?

Mardi midi ; rendez-vous avec les cop' copines autour d'un kébab. Sauce blanche et beaucoup d'oignons pour moi s'il vous plaît. Oui, un demi avec, merci. 
Mercredi soir ; l'ami de passage a prévu de faire monter de quoi grignoter dans la chambre du joli hôtel qu'il a réservé (merci Monsieur ou Madame Internet) ... Hummmmm...Donc, mardi soir ; tournée de revue complète des poils anarchiques, gommage, masque. Et séance de grille-pain pour fesses blêmes. Que du bonheur en tranches.
Jeudi midi ; repas de service. Ciel, on y attend mon gâteau de légumes ! A prévoir mercredi soir, avant. Pfff, ça va être juste juste au niveau du timing, ça....
Jeudi soir ;  "chaussures pointues et tenue éblouissante" a-t-elle rajouté. Je dois donc m'atteler à la tâche pour l'accompagner au Crowne Plazza, munie d'une invitation huppée. Soirée marathon de mots, version ticket chic, petits fours et discours.
Vendredi  journée au bord du canal. Qui a dit que ça se voyait que j'avais un conflit avec ma direction ? Parce que je prends des congés en pointillés ? Comment ça on a rendez-vous avant pour le petit-déjeuner ? Mais moi je ne prends jamais (...) D'accord, à 9 heures, avec du pain frais. Vendredi soir ; pique-nique "tenue rouge exigée" (certains ont de ces idées....) en bord de Garonne. Penser à acheter des chips (double ration).
Samedi midi ; second pique-nique. Tiens, c'est rigolo, c'est de l'autre côté de la Garonne cette fois. Et non, je ne veux pas que ça se prolonge jusqu'à pas d'heure, parce que (...)
Dimanche ; sortie "p'tit cube pas que pour l'apéritif". Avec ma 125 je vais aller par les routes vertes, arrêt guinguette ou sandwich. Départ à 10 heures.

Et que l'on ne me parle plus de manger !
Et surtout pas du pain avec des trucs dedans.
sandwich
Ni de "il faut que tu sortes"...

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