Promenade
J'aime le goût si doux de poussière de pierre, qui tapisse les lêvres posées sur les roches brûlantes de soleil. La langue desséchée happe alors l'air et se gorge des limons de la source embourbée. Pubis des mousses bombées... où plonger le doigt et fermer les yeux, écoutant l'eau qui y bruisse en secret. Puis s'enivrer de l'odeur, celle de la feuille craquante, jaune, raidie dans sa fin de vie, que l'on pulvérise en la serrant dans la paume.
Et les bruits, partout, éclairant les silences opaques, les bruissements, les claquements sous les pas des grépins assemblés en tapis. Comme des plaintes aigües frémir aux grincements des pins aux écorces nappées de bulles parfumées.
Partir, et retrouver ce monde étrange aux odeurs acides d'un bitume noir aux accents d'arc-en-ciel.