L'absent
Il y eut ce craquement brutal. La lame de métal gris se fendit et le cerclage poli qui découpait sa paix en feuillets rougis perdit sa rondeur coupante. Dans un bruit de hache, bois mort qui éclate dans un nuage fin de poussière jaune pâle.
Le silence retomba.
Et le temps avançait. Une seconde après la nuit, une seconde après le jour. La paix se fraya un rayon dans l'obscurité, la paix aveugla le sommeil des nuages. Le temps de l'aurore, en une foutue seconde immortelle qui se fige pour annoncer la vie.
Le silence se troubla.
C'était un souffle épais, moite et gluant. De cette vapeur fugace qui naît et s'échappe pour mourir sur les bouches des vivants.
Elle dépouilla son apparence des squames ternes et huila son corps de caresses odorantes.
Il était là.
Elle ferma ses paupières fripées, ouvrit sa paume, huma le parfum perdu et chavira dans l'ivresse.
Puis elle pleura et sourit.
La violence la secoua de sanglots, de rires, de cris étouffés.
Il était là.