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Eau vive
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2 septembre 2007

Chimote du soir

Il y avait les feux follets échappés des braises au parfum de couenne rôtie, et, tout à côté, la couverture rebrodée de pivoines rouges.
Il y avait cette vapeur salée des chairs qui se frôlaient et dansaient au rythmes balancés de l'Afrique et du Brésil. Et les pieds engourdis de taper le sol.
Il y avait cette confiture de lait, cette Chimote, sublime dulce de leche, dans laquelle mon doigt plongeait avec délice.
Il y avait ces femmes au ventre gonflé de désirs inassouvis, dont le regard s'arc-boutait aux yeux des hommes.
Et celui d'un homme qui se cachait derrière un calashnikkon et fabriquait des pixels de regards de braise.

Il y eut la cuillère à pot, pour gourmandise à satisfaire toutes affaires cessantes. Et le pot de dulce de leche tapissa ma langue et mon palais de sa sublime douceur caramélisée. Et l'homme regardait.
Il y eut la bougie aux phéromones, celle qui éloigne les moustiques, sauf les mâles.
Et il y eut un petit livre ancien, le petit-livre-train que je garde précieusement depuis 50 ans, depuis mes 50 ans, parce que c'est écrit dessus : "les histoires d'amour c'est comme les voyages en train". Alors j'ai appuyé sur le nez de la locomotive, j'ai bien entendu son "pouêêêt".
Je reconnaîtrai son bruit, j'en suis certaine.
Il n'y eut pas de locomotive, ni de TGV, mais cela tangait comme sur l'Océan. Peut être que les sirènes des cornes de brûme font ce bruit, pour les instants d'égarement ?
Mais j'en ai déduit que ce n'était sans doute pas une histoire d'amour comme celle du petit train. Mais une jolie petite histoire comme une bouteille à la mer. Une qui se termine en surprise-party dont on revient indemne, une qui se consume sans cendres à glisser dans des linceuls couleur d'amours défuntes. C'est certain. 
Alors j'ai été voir ma girafe qui se désarticule ; elle se tenait plus droite que jamais, c'est un signe, ça. Je l'ai embrassée sur le bout du nez et j'ai chaussé mes lunettes à double-foyer pour vérifier la date de péremption des objets soigneusement emballés. Tout était ok.
J'ai allumé mes lampions ultra-violets, pour mon bain de minuit au clair de lune. Et j'ai souri.

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Commentaires
O
Les dates de péremption étaient encore bonnes... Stock de piles remisées au frigo dans l'attente de période de disette. Les canards roses, ça aime l'hiver ?
M
je commençais à me demander si tout cet attirail allait servir... ça va... je vais en paix!
O
Rage, rage ? et pic et colégram, Naja ! Il faut démêler les fils du net, tirer sur le bon, doucement.... sinon gare à l'embrouillaminis ! Il y avait une indication, un lien nouveau dans les "douceurs". Bienvenue à Kaléïdos'Coop....
N
Et vous en postez ailleurs ! Pendant que je visionne des kilomètres de films idiots passe que quoi fouutre quand on est sec, pendant que je grignotte des kilomètres de pipe d'écrivain pour, au moins, avoir l'air, pendant que je passe des journées entières au lit passe que c'est mieux qu'assis à rien foutre devant un écran vide, pendant que je vais anxieusement consulter vos sites okazou vous auriez pondu qq chose d'intéressant, d'émouvant, de bôôôô, vous, vous en postez ailleurs ! (Kaléido-quoi, déjà ?)<br /> Rage Rage Rage Rage Rage Rage Rage Rage Rage <br /> et rage
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