Maladie mortelle
Elle est parfaitement invisible aux rayons X. Et il n'y a guère de marqueurs à décompter, ni de cellules à greffer. Nulle chimiothérapie, radiothérapie, protocole et autre. Il n'y aura pas de rémission.
Les cellules sont atteintes d'un carcanserre malin, qui les fait se rétracter jusqu'à l'asphyxie. Une à une. Jusqu'à la mort.
Une à une.
Soixante milliards de cellules.
La maladie est mortelle, longue et douloureuse. Mitose cellulaire inversée qui hypertrophie de façon galopante, les anticoeur nauséeux au garde à vous, prêts à déposer les armes.
De toute façon, quand on a la santé, la maladie, on s'en fout, pas vrai ?
On a les joues roses, les dents blanches, la peau brugnon et les oreilles en dessin de foetus. Les doigts de pieds avec des crampes banales, les genoux qui s'articulent, la taille marquée et les fesses raffermies. Les lèvres souples, la langue rose, les paumes chaudes. Parfait pour pédaler. Et rire, boire, danser. Sans jamais vomir.
Mais le carcanserre malin est là, avec ses cellules insidieuses, bien ordonnées, qui crèvent une à une. Lentement. Parfaitement lentement.
Souriez, vous êtes vivant.