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Eau vive
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20 juin 2007

Rien, vraiment plus rien qu'elle, ma colère

              J'ai la colère froide et dure. La colère qui tranche et laissera la plaie claquer en bulles rouges sang.
J'ai la colère noire comme une nuit à la belle étoile, et les mots en lance de sagaie. Je plante dans ta bonne conscience mes flèches. Qu'importe si tu en as mal. Qu'importe ! Lui, dort avec dans sa tête une tempête qui ne se parle pas. Lui, il n'a plus de mots, et sa vie est déjà lourde de trop de maux.
J'ai la colère qui te claque la porte au nez. Qui te tourne le dos, la tête haute, la tête si haute d'avoir trop attendu. D'avoir obéi à tes ordres de ne pas m'en mêler. M'emmêler... comme lui ? Dont la vie est un noeud coulant.
Entre toi et lui, j'ai maintenant du choisir. Tu as refusé de m'écouter toutes ces années.
Je m'en fous de passer pour une "madame je sais tout", pour une "donneuse de conseils", je m'en fous, tu comprends ? Il va mal, ton fils, il va mal à en crever. Je m'en fous de savoir que sont les responsabilités des uns ou des autres. J'ai la colère sourde et aveugle.
Je ne sais plus où le joindre, ton fils, qui dort parfois dans la rue, si plein d'alcool que les trottoirs lui sont devenus familiers.
Mais je sais que parfois, encore, il va dans un cyber café.

Un message l'attend, dans ce café branché. Un numéro de téléphone.
Je prendrai ma voiture et j'irai le chercher.
Avant, je passerai chez toi, prendre ces sacs poubelles où ses affaires sont entassées.
Tu pourras me fermer la porte au nez. Ta vie est construite, la sienne est en tas de briques.
Il a 18 ans. L'âge de mon fils.

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