Elle va expirer
Elle a écrit ça ;
"Voilà, voilà, voilà, j’arrive…
J’ai le pois chiche du taureau dans l’arène et je ne vois que du flou rouge et mouvant . J’ai la hargne du corps huilé sur le ring avec ses poings serrés dans des uppercuts rouges. J’ai la morsure au bord d’une gueule Shark et le gout de l’océan mêlé à celui du sang dans ma bouche. J’ai l’instabilité sanguine d’un Tony Montana à la dérive d’une obsession. J’ai le magma en fusion. J’ai le rouge. Je suis dans le rouge.
Je me souviens bien des mots à mon encontre il y a quelques temps déjà. Je me souviens bien de la bouche bée de chacune des blessures ouvertes par tes dires. Je constate que je n’oublie rien. Rien. Jamais. Parce que ça ressort aujourd’hui, tu viens toi-même de les pointer du doigt ces mots là. et ces phrases sont prêtes à ressortir. Saches que même d’occasion elles auraient l’effet dévastateur sur toi, à cet instant. Alors je me tais. et ça brule tout l’intérieur et ça sent la soufrière.
J’inspire, et ensuite longtemps, j’expire."
Le souci, c'est que le toi, c'est moi. Et qu'elle m'attend. Je ne vois que deux solutions ;
1) faire le clams, mais je crois qu'elle a un couteau à huître dans sa cuisine.
2) garder mon casque sur la tête. Parce qu'elle parle comme elle écrit. Et que ses mots cognent forts.
J'y vais. Bon, après une dernière cigarette.