Eau vive

Je vous avais écrit quelques mots... vous souvenez-vous ?

11 juin 2007

Corpus [ foutus ]

Je suis fatiguée.
De l'intérieur.
corps_int_rieur
Muscles flapis, sang caillé, plasma hors d'état, foi éclaté, crâne trépané, langue aphone, gorge enrouée, cœur ponté, rate éclatée, intestins embrouillés, estomac engorgé, reins caillouteux, utérus hors-service, clitoris rabougri, vagin décrépi, thyroïde décanillée, surrénales déprimées.
À part ça, tout va bien.

rodin_andromeda
Rodin


09 juin 2007

Leçon de choses

Extraite de mes vieilleries, voici la version N° 1 d'une note d'information capitale, publiée le premier juin 2006. La version n° 2, de l'année 2007 se trouve à la fin de la première...


N° 1, printemps 2006
Voici aujourd'hui une note de salut public. Vous me remercierez après, j'en suis sûre.
Tout d'abord, il faut bien différencier les situations.
* Vous êtes seul chez vous, enfants, maris, belle-mère... tout le monde est parti ? Bien, il est donc impératif que vous fermiez votre porte à clé ET que vous enleviez la clé de la serrure. Avant, vous avez mis un double sous le paillasson à l'extérieur. Les pompiers vous remercieront. Et votre budget aussi, parce ça coûte très très cher une porte défoncée.
* Si vous avez de la compagnie ce sera bien utile aussi, nous verrons cela plus loin.
Bien, alors, en premier lieu, la tenue. Oubliez votre chemisier en dentelle ou votre polo dernier cri. Allez donc vous rhabiller ; un vieux jean, même troué, et un haut noir. Ou celui que vous enfilez pour repeindre les plafonds, et qui est décoré d'une mosaïque de tâches du plus charmant effet.
Ah, n'oubliez pas les lunettes. Teintées, de vue, ou celle qui vous servent quand vous maniez le fer à souder, elles sont indispensables.
Pour éviter de tout lâcher pour tenter d'enlever la saloperie de morceau de truc desséché qui est tombé dans votre oeil grand ouvert. Je déconseille les lunettes de ski protection glacier, vous risquez de ne pas bien voir, là haut.
Bon, maintenant, passons au matériel annexe ; une échelle -
sans barreaux vermoulus,-, un escabeau, un piquet qui sert à maintenir le parasol, avec embout crochu, un sac en plastique (Auchan, Carrefour, Leclec, ça n'a pas d'importance. Les branchés prendront leur sac Gucci), et une ceinture (mais pas élastique).
Ah, j'ai failli oublier ; vous buvez 1 litre d'eau avant, pour ne pas vous déshydrater.
Un truc indispensable à ceux qui sont tout seuls, le téléphone portable. Il doit impérativement être fixé au pantalon. Pour appeler les pompiers. C'est le 112. Voilà, vous avez tout noté ?
Maintenant je vous explique comment procéder. Vous passez la ceinture dans les anses de la poche plastique, et vous serrez au premier trou. Bien. Maintenant vous enfilez la ceinture par la tête. Oh, le joli collier que voilà, tout à fait assorti à la tenue.
Maintenant je vous explique, pour le truc de parasol. Quand vous serez bien calé à 3 mètres de hauteur, et que ces foutues cerises sublimes (
ah ? j'avais oublié d'en parler avant ? Oui, il s'agit du mode d'emploi d'une cueillette de cerises réussie) seront pile-poil trop loin... ta la ! le pied de parasol !
Un hameçon. Pour faire venir à vous les branches les plus hautes.
Je devrais le breveter, le truc.
Pour les veinards qui sont tout seuls, personne ne vous verra, tirant la langue, les jointures blanchies de serrer comme un malade l'échelle en priant pour ne pas se casser la gueule...

Les autres supporteront les cris anxieux de la famille " fais attention, chou". Vous serez un héros.
Vous êtes donc au sommet de l'échelle, les lunettes sur le nez, le collier au cou, une main agrippée aux branches, l'autre poisseuse de jus de cerises que vous avez par mégarde écrasées dans votre main en les saisissant. Vous remplissez consciencieusement votre poche, et quand votre tête a du mal à rester droite (
à cause du poids), vous descendez la vider. Vous en profitez pour aller faire pipi en me maudissant de vous avoir conseillé de boire avant. Oui, mais c'est pour votre santé que je vous ai dit ça. Allez, remerciez moi.
Si vous avez un "chou" à proximité, il/elle s'extasiera de votre dextérité, en plein soleil, et vous fera chauffer un bon café (
ou vous pressera un citron, je ne vous oblige pas à vous intoxiquer au café, c'est une note de salut public, je vous l'ai déjà dit), pendant que vous vous douchez ; pour enlever les coulures de jus de cerises et les saletés qui se sont collées dans votre nombril.
Sinon, vous faites chauffer vous-même votre café, et arrêtez de vous plaindre, non, mais
.
Le soir, vous aurez un moment de gloire quand vous disposerez sur la table le plateau. N'oubliez pas le sourire modeste qui sera parfait avec "ce n'est rien, j'ai cueilli quelques cerises". Vous avez économisé
1) 9 € (voui, elles sont à 3€ le kilo, les choutes cerises).
2) une porte fracturée par les pompiers. Ben oui, si vous êtes tombé de l'échelle, pardi. Et que vous avez pu les appeler malgré vos multiples fractures, grâce à votre portable carrossé d'acier pour l'occasion, et qui est tombé avec vous. Et que vous aviez bien pensé à la clé sous le paillasson. Tout ça je l'ai appris grâce à mon fils ainé, le jour où il est venu par hasard me rendre visite, et qu'il m'a trouvée à 4 mètres de hauteur. Moi, il ne m'a pas dit "fais attention, m'man", il m'a passé un savon mémorable. Alors je suis prudente depuis. Obligatoire que je puisse me secourir toute seule, qu'ils ne me trouvent pas deux jours après, agonisante dans le jus de cerises... hi hi... j'adore l'image !
Et si vous êtes ad-mi-ra-ble, vous aurez même fait un clafoutis. En les dénoyautant, hein, pour un plaisir parfait. Mais bon, tout le monde ne peut pas être ad-mi-ra-ble, on vous pardonne quand même.
PS ; pour les taties Danielle de la cuisine. On me le fait pas, à moi, le gout si délicat de l'amande qui est dans le noyau et qui donne un gout exquis... Pfff... vous n'avez qu'à les faire infuser dans le lait, les foutus noyaux, et filtrer après... Sans noyaux le clafoutis, non mais !


N° 2, hiver prolongé 2007
Que vous soyez seul ou pas, aucune difficulté cette année. Vous mettez votre ciré de marin, un chapeau en plastique (
tenez, la poche de l'an dernier sera parfaite). Vous allez près du cerisier... mais non ! malheureux ! pas sous le cerisier, près du cerisier. Si c'est trop tard, regardez vos chaussures, j'espère qu'elles étaient en caoutchouc, la cerise écrasée ça tache. Donc, à une distance respectable de l'arbre, regardez toutes vos belles cerises, celles en tapis dans l'herbe, éclatées, gorgées de pluie depuis un mois. Celles qui décorent le ceriser comme un sapin de Noël qui aurait duré, piteusement, et qui pourrissent doucement, sans que vous n'en ayiez mangé plus que deux, à cause de leur goût de flotte.
Et là, vous levez la tête vers le ciel et vous vous autorisez à déverser un flot d'injures aux nuages noirs. Voilà, vous avez terminé votre cueillette. Les mains dans les poches.
JE HAIS LA PLUIE TOUS LES JOURS.
Signé ; celle qui roule en vélo, qui aime les cerises, la chaleur et le sec. Maintenant qu'il n'y a plus qu'une poignée de fruits au faîte de l'arbre, il fait beau,  fait doux... un vrai temps à croquer des cerises...

08 juin 2007

Elle va expirer

Elle a écrit ça ;

"Voilà, voilà, voilà, j’arrive…

J’ai le pois chiche du taureau dans l’arène et je ne vois que du flou rouge et mouvant . J’ai la hargne du corps huilé sur le ring avec ses poings serrés dans des uppercuts rouges. J’ai la morsure au bord d’une gueule Shark et le gout de l’océan mêlé à celui du sang dans ma bouche. J’ai l’instabilité sanguine d’un Tony Montana à la dérive d’une obsession. J’ai le magma en fusion. J’ai le rouge. Je suis dans le rouge.

Je me souviens bien des mots à mon encontre il y a quelques temps déjà. Je me souviens bien de la bouche bée de chacune des blessures ouvertes par tes dires. Je constate que je n’oublie rien. Rien. Jamais. Parce que ça ressort aujourd’hui, tu viens toi-même de les pointer du doigt ces mots là. et ces phrases sont prêtes à ressortir. Saches que même d’occasion elles auraient l’effet dévastateur sur toi, à cet instant. Alors je me tais. et ça brule tout l’intérieur et ça sent la soufrière.

J’inspire, et ensuite longtemps, j’expire."


Le souci, c'est que le toi, c'est moi. Et qu'elle m'attend. Je ne vois que deux solutions ;
1) faire le clams, mais je crois qu'elle a un couteau à huître dans sa cuisine.
2) garder mon casque sur la tête. Parce qu'elle parle comme elle écrit. Et que ses mots cognent forts.
J'y vais. Bon, après une dernière cigarette. 


05 juin 2007

Sentences

Mon fils ainé a l'habitude de rajouter en bas de ses mails une petite phrase.
Celle du jour de la fête des mères m'a vraiment plu ! 

«Le loto, c'est un impôt sur les gens qui ne comprennent pas les statistiques..»

Je développe un tout petit peu, je suis sa mère quand même !
Au loto, 49 boules présentes, 6 seront tirées au hasard, ce qui fait au début pour chaque boule une chance sur 49 de sortir, ensuite 1 chance sur 48 (puisqu'il ne reste plus que 48 boules), puis une chance sur 47, etc... jusqu'à la sixième.
Au total, la probabilité de gagner au loto est de 1/(49/1 x 48/2 x 47/3 x 46/4 x 45/5 x 44/6) = 13.983.816 donc
1 chance sur 13.983.816 soit, approximativement,
 

1 chance sur 14 millions

A vous de voir, vous avez tout à fait le droit d'être un fervent actionnaire du budget de l'État. Comme à la Bourse, ce sont les petits joueurs qui se font plumer....


03 juin 2007

14 °, comme un bon vin, mais plus frais.

Oeil_Doux   Là. Vous voyez, tout en bas, l'eau ? Au fond du gouffre de l'Oeil Doux, dans le massif de la Clape ? Et bien je m'y suis immergée ("Mettre entièrement dans l'eau ou dans quelqu'autre liquide", même le TLF va dans mon sens, et ne parlons d'Archimède). Si si. Immergée. Pas baignée quand même ("tremper et maintenir dans de l'eau ou tout autre liquide un corps"), je ne suis pas fada, moi. Dans un lac où l'eau est à 14°. Des pieds à la tête. Je vous assure, et ça a duré presque trente secondes. Remarquez, quand un public de copains est là, on hésite un quart d'heure, et on finit par oser. On appelle ça "se jeter à l'eau". Même si on ne s'y jette pas pour éviter que quelqu'un de tout habillé vienne récupérer un corps congelé mort d'hydrocution.
Je vous raconte tout depuis le début, pour que vous suiviez bien chaque moment de cet instant historique. Nous étions environ 8. (Je dis "environ" pace que, au retour on avait dit "on se retrouve au péage de Toulouse". Et qu'il y a un Toulouse Nord et un Toulouse Sud. Une fourche, quoi. On s'est fait de grands signes, mais on n'a pas osé traverser les 8 voies rapides pour la dernière bise entre le Nord et le Sud. Pas de quoi en faire une guerre de sécession.. Alors il en manquait peut-être un.)
Bref, nous avions décidé de faire une petite ballade, après avoir pique-niqué sur une digue de rochers en équilibre (les rochers, en équilibre. Remarquez, vous n'avez pas tort, nous aussi).
A Saint Pierre les Mers, ou la Mer, je ne sais plus bien, mais là où a été tourné le mythique 37,2°. Excellente épreuve éliminatoire, ce pique-nique. Manger et faire circuler les bouteilles sans rien faire tomber dans les gros trous entre nous. Bon, on a un peu grillé notre couenne, parce qu'il y avait un soleil sublime mais je vous assure qu'il n'y avait personne pour nous déranger là où on était. Et après, on a décidé de faire une randonnée. C'était même prévu de longue date, pour penser aux chaussures de montage. Oui, on a été super organisés. (Sauf pour le vinaigre pour les salades, mais c'est aussi très bon à l'huile.)
Bref, repus et bien hydratés (sauf des épaules qui avaient pris un coup de chaud) nous sommes partis dans les sentiers parfumés de la garrigue audoise. (remarquez la poésie. On peut titrer 14° et être poétique). Et tout d'un coup, un panneau pour vous dire que si vous allez tout droit, vous tombez à pic. Pour les fanas des plongeons extrêmes, il vaut mieux prendre son élan, pour éviter la falaise. Vous aurez été prévenus. Voilà, on était arrivés en haut du gouffre. Alors on est descendus.
Arrivés en bas, Elle a décidé que, "quand même, on n'était pas des gnan-gnan". Et elle a enfilé son maillot de bain. Les autres sont restés dubitatifs, admiratifs, sceptiques. Et n'en avaient absolument rien à faire d'être ou pas des gnan-gnan, eux. Elle m'a regardé, de son oeil vert de fille du Nord qui en vu d'autre. Même de ses deux yeux verts, c'était impressionnant. Mais moi je suis du Sud, du Sud-Sud, même. J'ai bien tenté d'expliquer que mon maillot était resté dans le coffre de la voiture... rien à faire. Oui, j'avais bien quelque chose sous mon jean. Et c'est là que j'ai pris la décision d'aller m'acheter des culottes Petit-bateau en coton épais. Pour ce genre de w-end. Parce que je portais un shorty. En tulle noir. Vous connaissez le tulle ? Oui ? Bon, vous avez donc tout compris. (La tenue idéale devant tous ces crétins de randonneurs du dimanche qui prenaient des photos du haut du gouffre, avec leur téléobjectifs....j'y ai pensé APRÈS).  Le seul avantage de la matière c'est qu'elle a séché même sous mon pantalon. J'avais quand même gardé le débardeur pour la baignade. Un reste de pudeur. Mal placée. Surtout en sortant de l'eau, quand chaque centimètre de peau est au garde à vous de peur de replonger dans l'eau réfrigérée. Oui, chaque centimètre, y compris les embryons de seins qui sont sortis de leur sieste. Voilà comment on arrive à se faire flasher en tenue 37,2 au sortir de 14°. Et bien vous savez quoi ?
Béatrice Dalle, elle est drôlement sexy, elle. 37_2 Mais si ça se trouve elle est gnan-gnan.
Photo du gouffre F. Legende

26 avril 2007

Ballade exquise

Même si j'suis pas une p'tite anglaise
Mais bien d'Codom, la ville française,
Je viens vous chanter la ballade,
La ballade des capotes emballées

Marre d'être des roues de secours,
Qui traînez au fond de mon sac...
Je vous console avec la ballade,
La ballade des capotes emballées

Quand d'aventure vous vous exitez
D'être par deux, au fond d'ma poche,
Allez-y, chantez la ballade,
La ballade des capotes frustrées

J'voudrais bien vous dézipper
Et vous faire voir aussi du monde
Rencontrés dans ma ballade,
Ma ballade pour emballer...

La la la la la la la la la la la la la la
La ballade des condoms heureux...
La la la la la la la la la la la la la la
La ballade des capotes lubrifiées...

Cette chanson est dédiée à un ami très cher.

Qui a eu cette délicatesse si belle de passer me voir, le 31 décembre au soir, pour m'offrir une rose. Pour que l'année ne se termine pas dans mon coeur comme un chardon planté dans un soliflore. Parce que cet ami si cher a su supporter mes sanglots qui ne voulaient pas finir, quelque nuit auparavant. Parce qu'il n'a raccroché le téléphone que quand ma respiration était redevenue normale.  Parce qu'il m'a vu préparer mon sac à main le soir du réveillon. Et y glisser deux préservatifs. Au cas où. Et que nous en avons ri. Merci, mon ami, je crois que tu es un homme tellement bien que je ne peux plus dire "les hommes sont". Il suffit que je pense à toi pour savoir que d'autres hommes peuvent être aussi comme toi.