31 décembre 2009
A l'eau
J'avais écouté ton message sur mon répondeur. Avais attendu, pour le faire, le plus longtemps possible. La musique qui t'est attribuée m'aide à savoir quand ne pas décrocher mon téléphone. Le petit, celui qui vibre au fond de mon sac, comme l'annonce ma voix qui n'a pas répondu. Il me faut avoir assez de forces pour le faire. Les réveillons, c'est encore trop dur pour moi.
J'ai reçu ta lettre aujourd'hui. Précieuse, avec cette carte choisie pour moi, comme son timbre.
Qui d'autre que Toi, pour m'écrire de ma ville ?
Je dictais mon numéro à un ami, et il le composait sur son clavier. A la première sonnerie j'ai décroché. Sans regarder le numéro.
Et ce souffle, ce soupir. Cet "allo" hésitant. Toujours hésitant. C'était Toi.
Je me suis cassé la gueule de ce pont sur lequel je défie mon océan familier de solitude. Ma voix s'est éraillée, comme toujours. Non non, tout allait bien. Tout. Et déjà tu regrettais d'avoir téléphoné chez moi. Tu t'étais promis qu'il ne fallait pas. Mais je suis une amie, n'est-ce pas ? Une simple amie, maintenant.
Tu avais peur de mon silence qui perdurait. Une semaine, cela est-il vraiment si long ? Tu as craint un accident de moto. Qu'aurais-tu fait, petit scarabée ? Expliqué à ta femme qu'une de tes amies proches avait besoin de ta visite ? Aurais cherché le numéro de l'hôpital ?
Que ta dernière nuit de cette année te sois belle. Comme toujours. Avec tes proches, tes amis. Ces gens que je ne connais pas.
Mes yeux ont perdu leur entrelacs salés.
Ma bouche s'est regonflée de sourires. Sculptés d'habitudes, impeccables, sans même que je n'ai besoin de les regarder.
Je vais partir les rejoindre. Eux, ces gens que tu ne connais pas.
Tu es content, tu as pu me souhaiter de passer de belles fêtes.
20 novembre 2009
Mue
Je le sais bien, nous ne faisons plus l'amour. Oh non, ce n'est pas ce mot là... tu as écrit "nous ne sommes plus amants"... quel mot coupant, quel mot cru. Pour nous, ce simple mot là.
Je l'ai décidé, pour laisser à l'inconnu "un possible". Tu vois, je suis bien optimiste. Et je sors, j'ai plein d'amis, tu sais. Plein.
Des vrais amis, qui m'aiment, et qui ne savent pas pourquoi j'ai parfois cette étrange tristesse qui me voile.
Mon corps le sait, qui laisse sa peau s'écailler de ne plus s'adoucir à tes paumes. Ma bouche le sait qui ne se gonfle plus de tes morsures. Moi tout entière le sait.
Te donner mon corps était trop facile. Et je me mépriserais encore et encore de me contenter de ce rien qui est si doux. Alors j'ai choisi.
Mais l'amour ne s'est pas évaporé de ne pas te posséder dans ta nudité... L'amour a perduré, au fil de nos mots, de nos repas, de nos balades. Entre deux verres de bon vin, et quelques livres si rares que tu sais choisir pour moi.
Chez toi l'amour a mué.
Et j'en crève de ne même plus avoir ce cadeau merveilleux d'être, au moins, aimée autrement.
24 septembre 2009
J'veux pas
Non, ça ne se discute pas.
Je ne veux pas.
Pas non plus en ar-ti-cu-lant en bon français châtié..
J'veux pas qu'elle déprime pour un homme, que ma roue crève, et que les haricots verts soient trop cuits.
J'veux pas que le blanc jaunisse sur le mur, que mon foie agonise par manque d'excès, ni que les tomates se fripent.
J'veux pas me faire arracher les dents, que son prof soit dérangé, et que tu sois malade pour de vrai.
Je ne veux pas, te dis-je.
Même en te parlant gentiment.
J'veux pas qu'on me polisse le corps jusqu'à le dépolir, et des bestioles dans mon jardin.
J'veux pas avoir des ampoules aux pieds, et des champignons ailleurs que dans les sous-bois.
J'veux pas perdre mon pull si doux, un chef qui se la pète, ni que tu t'en ailles à l'hôpital.
Je ne veux vraiment pas. Non et non.
Même si je ne le dis pas.
J'veux pas que le monde soit fou, les klaxons dans la rue, les femmes qui ont peur.
J'veux pas oublier le goût de mes bonbons colorés, mes papiers d'identité et mes souvenirs d'enfant.
J'veux pas pleurer toute seule, la machine qui lave tout en rose et ma moto en panne.
J'veux pas, tu sais, j'veux pas te dire tout ça.
Si tu savais tout ce que je ne veux pas... si tu savais...
Tu m'offrirais quelques minutes de je veux dans tes bras ?
23 septembre 2009
Pardon mon ami,
je te demande pardon de reculer en pas de chat quand tu t'approches de moi. Cela t'a bien fait rire le jour où je me suis retrouvée acculée au mur de mon bureau. Il paraît que mes yeux ont reflété la panique. Tu m'as avoué que tu voulais juste savoir quelle était ma distance de sécurité, et tu l'as trouvée : 50 cm. Si cet espace en carapace se réduit mes pieds reculent. Mon corps se balance à la recherche de cet équilibre fragile qui t'empêchera de me toucher. Mesure donc la longueur de ton bras, tu verras que je me maintiens à une même distance ...
Tu tentes de me dire de ne pas avoir peur. Tu me vois vous embrasser quand nous nous retrouvons au-dehors et tu ne comprends pas pourquoi je ne suis plus la même quand nous partageons nos bonjours du matin, nos repas du midi au restaurant d'entreprise.
Vois-tu, mon ami, si je me laissais aller à t'embrasser tous les jours avec le bonheur que cela me procure, je sais combien cela me manquerait, après. Tu deviendrais mon seul baiser quotidien et cela m'est insupportable. Tout comme les chocolats que je refuse si je ne peux en prendre qu'un.
Ce n'est pas pareil quand nous nous retrouvons chez les uns, les autres.
J'aime les baisers sur vos joues, y appuyer mes lèvres et humer l'odeur chaude de l'amitié. J'aime poser ma main sur vos épaules, et laisser un instant ma nuque oublier de soutenir ma tête. J'aime me glisser quelques secondes dans vos bras en riant. Parce que je n'ai pas peur d'y glaner un brin de bonheur. Vous retrouver, c'est moissonner des baisers dorés comme les blés.
Et si tous les jours je devais me contenter d'un bonjour du bout des joues qui se touchent sans trop se toucher, comme il faut le faire, du bout de la peau, je détesterais cela.
Je n'embrasse pas. Je ne sais donner que des baisers.
11 septembre 2009
La bête
Elle ne me fait pas peur, et je n'écoute pas ceux qui conseillent de me méfier des bêtes blessées. Lèche tes plaies, rassure-toi de ces cicatrices que tu sais dans la chair, là, ces chairs profondes que nul ne voit.
Les mots te font peur ? Pourquoi, parce que tu les as déjà dit ? parce qu'ils t'ont fait souffrir ? Parce que tu ne sais plus ce qu'aimer veut dire ?
Alors, pour toujours, glisse-toi donc dans ce mépris, dans cette caricature du silence où les paroles sont si stériles qu'elles ne peuvent que mourir d'ennui.
Moi j'y crois. J'y crois toujours.
Mes plaies, je les aime. Comme autant de mots tracés dans mes chairs par des doigts aimés. Je les savoure, elles sont belles à ma mémoire, elles me rassurent, me rappellent que j'ai aimé. A en souffrir, à en mourir, j'ai aimé. C'est si beau, si vrai, d'aimer.
Écartelée entre hier et aujourd'hui j'ai tranché dans les chairs putrides.
Je suis là, debout.
Lionne efflanquée qui ne craint que de ne plus jamais aimer.
08 août 2009
Moi moi moi
Tu ne peux pas le savoir, mais je suis un monstre d'égoïsme en réalité.
Pendant ton appel, je n'ai pas pensé à toi. Oh non ! Ni à cette balade en Espagne que nous devions faire ensemble. Après tout si c'est pour avoir des averses sous les roues de nos motos, pas la peine d'aller si loin.
Et puis, j'entendais derrière ton accent argentin si gai que tu devais être drôlement soucieux. Après que ta medecine- woman t'ai présenté ton nouveau compagnon.
Alors j'ai bien tout camouflé de ma réalité. J'ai plaisanté. Juste un peu. Oui, tu as raison, moi aussi je me terre dans les silences pour gérer les soucis de ma vie. A ta place, moi aussi j'aurais dit que je ne voulais pas de visite. Et surtout pas la tienne.
Tu ne veux pas de ma visite. Coup de sécateur. Un peu émoussé, chantant comme ta voix. Ploc. Par terre.
Non, ici, je peux bien l'écrire, j'ai pensé à moi.
MOI, moi moi.
Toujours ce foutu Ego démesuré qui enflait de frustration. Moi moi moi. Que je n'irai avec toi nulle part ailleurs qu'aux frontières des routes sinueuses de nos départements, sur nos motos rigolotes. Je ne partagerai nos cafés matinaux qu'aux terrasses des bistrots.
Oui, je t'appelle ce soir pour savoir l'heure de la balade, demain. Quand je rentre, je n'oublie pas, même si c'est à minuit.
C'est vrai, tu dors mal depuis quelques temps, tu me l'as dit.
D'accord, demain nous irons nous balader. Et tu demanderas à des copains de venir. Comme ça, on rigolera, c'est vrai. C'est bien mieux que seulement à deux. On ne parlera de rien. Ou de tout. Tous ensemble.
Dis, je peux l'écrire ici en cachette, pas vrai ?
Pour toi, je délaissais cette bure que j'ai choisi de vêtir il y a quelques mois. Plus d'hommes, plus d'amants, plus de sentiments, plus de ces caresses qui ne sont que des gestes. Plus rien. Et je vis très bien ainsi. Dans une solitude profonde mais tellement apaisée.
Pour toi, je sentais sous ma peau palpiter un animal familier.
Demain nous devions manger ensemble, et je voulais te montrer le cintre où flotte une robe rêche et informe. Demain.
Nous irons en groupe, comme d'habitude. Et ce sera une super journée. Comme d'habitude.
Je ne te le dirai pas, tu as autre chose à penser qu'à poser ta main ma nuque.
J'ai les yeux plein de flotte maintenant. Et c'est sur moi que je pleure ! Ma bulle d'espoir ira crever de vide au fond d'un verre à la mousse amère.
As-tu déjà vu plus belle preuve d'égoïsme ?
Ton foutu cancer, j'aurais aimé qu'il ne te soit présenté que dans 10 jours. Et je t'aurais aimé quelques jours entiers.
D'abord, je n'aime pas tout ce qui vient de la mer.
Nous nous ressemblons un peu, c'est tellement vrai. Et tu vas tout gérer tout seul comme un grand. Je te fais confiance.
31 janvier 2009
A toi, Mandraxx
Tu m'as dit
- Ma mouette, j'aimerais bien que tu écrives sur l'amitié.
Tu m'appelles toujours ainsi, de blog en blog, restant fidèle à cet oiseau qui a rejoint d'autre rivages... Tu n'as pas précisé "notre" amitié, ce qui l'aurait tant réduite à être unique et égoïste.
La phrase a trotté dans ma tête. Le mots sont de vraies petites graines vaillantes qui germent sans se soucier du terrain ! Je pensais à cela quand je l'ai vue ! La première violette de mon jardin.
C'est cela vois-tu, l'amitié. Une violette.
Elles résistent à tout, mes petites fleurs fidèles ;
à l'arrachement par poignées de ses stolons envahissants, comme ces relations, ces connaissances qui parfois nous volent tant de temps...
à la sécheresse, quand nous n'avons pas partagé de verre depuis bien longtemps
au gel, et nos cœurs crevassés se réchauffent au premier mot de l'autre
à l'absence d'engrais, dont la richesse l'indiffère.
Ma violette ne s'est jamais plaint que mon jardin soit "comme ci" ou "comme ça". Ce qu'elle y trouve lui convient. Elle aime ma terre d'amitié.
Tu comprends mieux, pour la violette ? Pourquoi ses pétales délicats m'ont fait sourire de tout mon cœur en pensant à cette question que tu me posais le matin même ? Elle ne le sait pas, ma violette fidèle, qu'elle me donne du bonheur au cœur de l'hiver.
Comme toi, au milieu de mes hivers.
Et quand tu me dis, après avoir réfléchi au sens de ce mot "amitié",
- Je t'aime, tu comprends ce que je veux dire ?
Je te comprends, car je t'offre moi aussi ces mots, je t'aime.
Aimer d'amitié, c'est avoir dans le cœur cette force fragile qui s'offre, par delà les saisons, en mots au parfum que l'on n'oublie jamais.
24 janvier 2009
Culbuto
Une nausée me berce, écoutant ta voix au tempo vacillant, aux accents douloureux. Tu me manques, tu me manques, tu me manques. Je ferme les yeux, mes souvenirs oscillant en un balancement imperceptible.
Douleur familière que j'avais presque oubliée... Comment être sourde à ce tempo qui enchaîne maintenant tes mots culbuto ?
Je l'ai connue cette ivresse lourde, qui entraîne le corps dans un déséquilibre pesant. Je m'en souviens, dans les cals rugueux qui parsèment encore mes chairs. Comment oublier ces instants ? Où mes muscles bandés sous la prééminence d'une pirouette légère, mes yeux rivés au point de chute à venir, quand je n'avais pour seul but que de cette fuite en cabriole, je retombais toujours, légère et nauséeuse, vers ce sol près de Toi.
Culbuto aimanté à Toi et Moi.
J'ai lutté de toutes mes forces contre ce déséquilibre qui m'empêchait d'avancer vers un autre demain. Je t'ai fui avec rage, avec violence, allant dans un chagrin qui me rivait à des lumens terrifiants. J'ai eu peur, eu mal. Le temps avait été mon chemin pour enfin savoir.
Je t'aimais encore, c'était ainsi, et ce le sera. Je suis revenue d'un pas chassé, le corps libéré de cette attache d'espoirs pesants, plus dangereuse que des chaînes, qui me maintenaient rivée à Toi. Les espoirs insensés et vains se sont dissous peu à peu, laissant un nouvel amour, léger et pur, naître pour Toi.
Toi, dont j'entends maintenant dans la voix cette douleur oscillante. Tu as mal de tes pensées sans cesse attachées à Moi. Ton cœur s'en balance, encore et encore, qui m'aime et s'enchaîne à mon absence. Ton cœur qui jamais ne prendra le mien par la main vers demain. C'est ainsi, petit scarabée. C'est ainsi. Je t'aime, et je l'accepte. Ta vie ne sera jamais près de Moi. Ni dans la joie ni dans les peurs. J'ai appris à vivre seule.
Quel chemin vas-tu devoir parcourir pour te libérer de Moi ? Vas-tu toi aussi me fuir avec violence, tranchant cet aimant qui nous retient ? J'accepterai toutes tes décisions, tout comme tu avais accepté les miennes. C'est aussi cela t'aimer.
24 décembre 2008
Immonde Patron
Bien sûr, tu ne l'avais pas lue, cette lettre qui t'était destinée. Et pourtant tu oses continuer à m'écrire., à faire sonner mon téléphone que je ne décroche pas.. au cas où... Au cas où quoi, Patron ? Que je sois seule et avec des hormones en détresse ?
Je suis seule, et cultive précieusement mon jardin d'amants rares et précieux. Toi ? Tu y massacrerais tout du haut de ton absolue suffisance. -Puisque tu dis m'aimer - cela devrait suffire pour que j'écarte mes cuisses. Oh non, bien sûr, tu n'écris pas ceci, tu enrobes le tout de siruposités fort policées ! Juste un mot sur ma sensualité. Imbécile ! Tu me blâmes de mon silence ? Tu oses insuffler que mon indépendance m'enferre dans une solitude creuse, puisque loin de toi ?
Patron, tu es le second cette semaine, a avoir semé en moi le grain de piment oiseau qui enflamme et rend fou. Le second. L'autre, il n'avait aucune visée sur moi. Juste un Pdg croisé au boulot. Un gros, gras et très important Pdg. Quand, après avoir quelque peu ri en ma compagnie [ mon dieu qu'elle est charmante, et avec de l'esprit ] il a déclamé son souci, repris de hochements de têtes par les autres membres du patronat à la tribune, son souci du manque de personnel. "Oh, bien sûr, il y a en a tant, à l'Anpe, mais aucun qui ne soit formé à notre spécialité. Vous comprenez ? "Je comprends, insolent patron. Que vos bénéfices et vos carnets de commandes qui vous protègent pour les cinq années à venir, malgré la crise, vous rend immonde. Que vous ne lèverez pas le petit doigt pour offrir une formation personnalisée à ces foutus chômeurs formés, mais pas assez. "Ah oui, pourquoi pas, nous allons y réfléchir". Il aura fallu qu'une main se pose sur mon coude, qu'une voix murmure à mon oreille "respire, respire", pour réaliser que j'étais blême, asphyxiée de rage muette.
Alors toi, Patron. Tais -toi ! Toi et lui, vous êtes bien du même monde, aveugle à l'autre.
Et que jamais plus tu n'oses reprocher à une femme seule, avec des enfants à charge et un salaire de cadre moyen, de ne pas t'avoir appelé, alors même que tu voyages dans le monde entier. Ton fric ne t'a pas permis d'apprendre la décence. Continue d'acheter ces maisons et ces appartements tous plus grands que mon logement. Continue à collectionner les voitures de luxe. Tu n'as pas compris que tout le monde ne vivait pas dans ton opulence indécente.
Tiens, tu veux savoir ? Si tu avais fait livrer des fleurs, au lieu de m'envoyer des mails vindicatifs sur mon silence... j'aurais peut-être accepté de dîner une dernière fois avec toi pour t'expliquer que mon sens de la vie est incompatible avec le tien.
20 septembre 2008
Mon mode d'emploi
Tu ne peux pas comprendre, bien sûr ! Pour toi, c'est si simple. Nous irons voir le soleil se lever, demain, sur cette mer étrange qui n'a pas d'odeur. Et c'est tout. Tu as calculé, il faudra partir à 5h30. Et j'adore cette heure où la nuit est encore noire, où le sommeil se fait violence, cette heure qui nous amènera vers la mer, si belle et encore grise, jusqu'à la lumière à venir. C'est simple, pas vrai ? Mais moi...
Si tu savais comme mes monologues sont bruyants ! Je ne m'aime pas, non, vraiment. Comment croire que tu puisses avoir envie de ma compagnie si peu aimable ? Alors je te bafouille que, bien sûr, ce n'est pas obligé. Que partir si tôt pour faire autant de route tous deux enfermés dans une voiture, que tu peux préférer dormir encore un peu... j'imagine combien cela doit être désagréable ces heures là, à ne partager qu'avec la compagnie que je suis... moi qui ne m'aime décidément pas...
Alors tu penses que je ne veux pas, mais que je n'ose pas l'avouer...Tu penses que c'est comme un caprice, moi qui te paraissais pourtant si heureuse de cette idée, avant. Avant que mes monologues ne m'assourdissent.
J'ai la haine de ces moments où ma stupidité m'entraîne. La haine de ces pensées solitaires qui gâchent le plus simple des moments. Demain, à 5h30, je t'attendrai. Et nous partirons. Je serai comme il faut, souriante, d'agréable companie... croyant désespérément que l'on ne peut m'aimer qu'ainsi.
Et si j'étais moi, pourrais-tu m'aimer ?
