Eau vive

Je vous avais écrit quelques mots... vous souvenez-vous ?

06 octobre 2009

20 cm

Intestins grêle : j'avais peur que la couture ait été mal recousue, mais non !
Rectum ; confirmé ! Toute moulée, la crotte est passée.
Il : ce n'est peut-être pas la peine de le crier sur les toits...
Estomac ; ben si, parce que moi je n'en peux plus de la diète forcée depuis 4 jours. "Il faut attendre le reprise du transit" qu'ils disaient...
Il : comme je te comprends, Estomac, moi aussi je n'en peux plus de la diète. J'ai faim !
Cerveau : pas d'affolement, vous avez du sérum glucosé qui suffit tout à fait au bon fonctionnement des organes. La faim ,c'est psy-cho-lo-gique.
Il : je pense que le glucose a affaibli tes neurones, Cerveau, tu dis n'importe quoi : j'ai faim. Le sucre ça ne nourrit pas son homme. Je veux un cassoulet.
Neurones : c'est vrai qu'on se sent un peu faibles nous aussi, chef....
Cerveau : je ne vous ai rien demandé, vous, hop, au boulot !
Intestins grêle : un cassoulet ? Mon dieu-mon dieu-mon dieu... je me sens mal, soudainement. Dire que je me remets à peine de mon amputation.
Cerveau : ne sois pas inquiet, avant qu'on lui autorise autre chose que de la compote tu seras parfaitement cicatrisé ! Tu sais bien que le morceau qu'ils ont enlevé était en piteux état. C'est un mal nécessaire.
Intestins grêle : je n'ai même pas eu le temps de lui dire au revoir... Vous savez qu'ils l'ont emmené se faire dépiauter cm par cm en laboratoire ?
Ganglions ; nous aussi, hop, il en a profité pour enlever ceux qui étaient enflammés. C'est drôle de voir partir un bout de nous.
Intestins ; vous vous souvenez, quand il nous a mis en pleine lumière ? C'était bizarre ! Je ne sais pas comment les humains font pour supporter tout ce froid et ces couleurs aveuglantes.
Cerveau : c'est normal, ils cherchaient un crabe planqué au milieu.
Intestins grêle : un crabe ? Mais Il n'en mange pas !
Cerveau : pffff... j'oublie toujours le manque de culture courante des organes... C'est l'autre nom du cancer, le crabe.
Il : bon, ça va, pas la peine de crier sur tous les toits ce mot là. J'ai déjà le trouillomètre à zéro.
Intestins grêle : je suis sûr que non, je vous assure que c'était juste 20 cm d'abîmé, pas plus. Il m'en reste encore plus de 5 mètres, vous savez !
Il : bon, plus qu'à attendre le chirurgien. Je refuse que l'on vide mon bassin. Elle est là, la preuve. Je veux manger un vrai quelque chose ce soir. Pas un bouillon avec 4 yeux qui flottent dessus. Cerveau, j'ai la trouille. Mais j'ai faim.
Et je ne veux pas de crabe au menu.


15 septembre 2009

Ailleurs

Le mot a fait le tour de ma Bouche, ricoché dans ma Nuque, tamponné mon Cerveau, réactivé mes Neurones anémiques... Partir, n'importe où. Pour le simple but de partir avec une valise. Ou deux.

Neurones ; dites, Elle, on n'est pas anémiés, nous ! Même que ça marche fort au boulot, je vous signale. Chef à vous l'a dit.
Globules rouges ; confirmé, pas d'anémie, on est opérationnels à 100%.
Elle ; c'est une autre anémie dont je parle. En quelques sorte une auto-anémie. Je suis asphyxiée de vivre confinée en moi. Il nous faut partir. Même de nous.
Cerveau ; ça devient compliqué... je ne sais pas comment je vais expliquer ça aux organes, moi !
Ego ; ben, on n'a pas besoin d'explication, on la suit.
Cerveau ; ah, le toutou à sa mémère a repris des forces à ce que j'entends...
Elle ; Cerveau, je te prie de ne plus employer ce terme.
Ego ; merci, oh je suis tellement content quand vous prenez ma défense (...)
Elle ; je parle du mot "mémère".
Pieds : on partira en voiture, hein ? Pas avec un sac à dos sur la route ? On s'inquiète, là !
Dos : pas question que je devienne le porteur de votre vie, je vous le dis tout de suite. Le nombre de fois où j'ai été tout contracturé parce que vous en aviez "plein le dos", comme ils disent.
Elle ; pas de panique, les organes, le départ est prévu pour dans 2 ans. En avion, en voiture, pas à pied. Partir, partir...
Cerveau ; pffff, ça va être du boulot en perspective, ça. Gérer tout ce fatras qu'il y a partout.
Neurones ; on va faire des heures sup, chef, vous pouvez compter sur nous.
Cerveau ; je ne parle pas de connexions, je pensais juste qu'il va falloir penser à des tas de démarches. Elle va me confier plein de listes de trucs à faire et à ne pas oublier.
Mémoire ; vous pouvez lui demander de manger un peu plus équilibré, histoire qu'on prenne des forces ?
Estomac ; oh oui, alors, il faut commencer par ça. Moi, je veux bien moins de café, plus de sucres lents...
Poumons ; et si Elle arrêtait de fumer, ce n'est pas une bonne idée, ça ? On aurait plein d'oxygène en plus !
Elle ; bon, on va se mettre d'accord avant que vous ne tiriez des plans sur la comète. Mon but ce n'est pas de vivre longtemps, mais tout simplement comme j'en ai envie. Et puis vous savez bien que je suis un peu chiendent, un  peu cornichon trempé dans l'acide. Ça conserve, même si le milieu ambiant est bizarre. Vous êtes partants pour me suivre ?

04 janvier 2009

21 jours et plus si affinités

Ego ; c'est grâce à moi qu'Elle va trouver le bonheur... c'est grâce à moi qu'Elle sera toute contente... c'est grâce à moi...
Oreilles ; c'est quoi cette crécelle ? Insupportable ! En plus, il chante... On est mal partis !
Ego ; vous pouvez médire, mesdames... c'est quand même grâce à moi que tout va arriver... la la la la lalère...
Oreilles ; mais enfin de quoi parles-tu ?
Elle ; la ferme Ego, je te préviens !
Ego ; et bien, si vous y mettez autant de bonne volonté dès le départ .. le premier qui vous adresse la parole va fuir en courant !
Cerveau ; pour une fois, je suis d'accord avec Ego.
Ego ; oh là là, j'suis content, j'suis content ! Vous avez entendu ce que le Chef a dit ? Il me soutient... la la la la lalère...
Elle ;  tout le monde se tait ! Et vous avez intérêt à ne pas profiter de mon sommeil pour ragoter, c'est compris ?
Yeux ; mais enfin, Elle, ça a l'air important ! Si vous voulez que nous soyons en phase avec vous il faut nous tenir au courant.. Je ne vois qu'une chose... il s'agit de ce que vous écrit hier soir. Avec Monsieur Ego. En petit comité, quoi ! Pas un seul mot sur nous... Rien que du genre :
"Alors, Ego, qu'est-ce que tu en penses, de moi ? Et je dois dire quoi ? Hein, Ego ? dis-moi "
Et autre du même style... pitoyable, si je peux me permettre !
Ego ; ne vous laissez pas faire, Elle, ils essayent de vous saper le moral ! Mais moi, j'y crois, vous allez trouver (...)
Yeux ; trouver quoi ? Si vous voulez qu'on vous aide il faut nous le dire... Enfin, à moins que vous n'ayez décidé de la jouer façon "je découvre en aveugle..."
Elle ; voilà. Je me suis inscrite sur un site de rencontre. Je sais, pas de commentaire, ce n'est pas la première fois. Mais j'espère bien tenir le coup plus que 21 jours cette fois. Et Ego m'a aidé à rédiger l'annonce. D'autres questions ? Bon. Je ne veux plus en entendre parler. C'est clair ?
Cerveau ; très clair. Tout les organes vous soutiennent, Elle, je tenais à vous le dire.
Ego ; et ce sera grâce à moi qu'Elle...
Elle ; la ferme, Ego !

 

16 décembre 2008

Les ragots d'Ego

Petit doigt, main droite : au secours je suis coincé ! Aidez moi...
Main gauche ; attends, j'y suis presque arrivée, je viens t'aider dès que c'est fini !
Cerveau : mais enfin, que se passe-t-il ici ? Vous dégagez des spasmes dans tous les sens !
Elle ; ce n'est rien, ce sont mes mitaines.
Main droite ; comment ça, "rien" ? Je suis coincée, j'ai le petit doigt complètement bloqué. Et le médium qui est collé au majeur dans cette foutue mitaine !  "Rien", c'est incroyable de vous entendre parler de nous comme ça. En plus il y a l'ongle d'index complètement cassé et il s'accroche à tous les fils des mitaines. Même que ça nous rentre sous les ongles, là où la peau est si fine et sensible. Déjà qu'on a mal commencé la saison...
Elle ; déjà des revendications ? On est en automne, je ne vais pas vous tartiner de ce truc gluant sous prétexte que mesdames les mains sont un peu rêches !
Mains ; Main droite, ça y est, j'ai dégagé tes doigts coincés, ça va mieux ? Quant à nos revendications...On n'est pas "un peu "rêches, on est toutes craquelées. Regardez, on saigne, là !
Elle ; saigner ! non mais, franchement, pour une banale éraflure vous y allez fort ! Des chochottes...
Plaquettes ; négatif, on a dû fabriquer de quoi colmater.
Mains ; merci, Plaquettes,  heureusement qu'il y en a pour prendre notre défense...
Ego ; et ben moi, je n'y m'y risquerais pas... si vous saviez tout ce que j'entends sur vous. Enfin... ce n'est pas joli joli...
Mains ; quoi ? Allez, déballe nous tes ragots, va donc jusqu'au bout, Ego, ça te changera...
Ego ; si vous étiez un peu plus attentives aux autres, vous verriez, quand ils vous regardent... Vous savez ce qu'ils disent ? "Regardez là, en train de poser". Oui, parfaitement, mesdames, vous posez. Toujours à faire des manières.  Vous vous croyez au théâtre !
Mains ; ohhhh, mais tu es odieux !
Ego ; j'observe, moi, je ne suis pas là pour vous faire plaisir, Mains,  juste pour l'aider, Elle...
Elle ; et tu crois que ça me fait plaisir de savoir que je "pose" ? Comme aide-de-vie, tu te poses là, toi ! Tu me sidères ! Allez, mes petites Mains poseuses, venez, je vais m'occuper de vous ! Lime à ongles, si si ! et même le polissoir... Et ce soir.... hein... qu'est ce que vous aurez ce soir ?
Mains ; de la crême d'amandes douces ? Noooon.... on défaille.... Ohhhh mon dieu on est au bord de s'évanouir de plaisir rien que d'y penser ! Elle, vous êtes un amour...
Ego ; c'est trop injuste, vraiment trop injuste ! Quelles manières ! Le mime Marceau réincarné en double... et bien, il ne manquait plus que ça !

14 mars 2008

Référence circulaire

Il était une fois un nerf très fin (...)

Nerf cubital ; c'est de moi dont Elle parle !
Cerveau ; révise donc tes cours de maternelle, vous êtes TOUS très fins. Elle écrit en rajoutant plein de mots inutiles, impossible de lui faire entendre raison...
Elle ; bon, je peux continuer ma note ou je la remplace par un cours de biologie pour faire plaisir à la machine pensante ? Oui, Cerveau, c'est à toi que je parle...
Cerveau ; vous êtes d'un susceptible, c'est pas croyable ! Allez-y, je me tais..

Bien, c'est donc l'histoire d'un nerf qui susurrait une (...)

Nerf ; Chef, ça veut dire quoi susurrer ? A l'école on m'a dit que mon rôle c'était juste de vous transmettre des informations, juste !
Cerveau ; tais-toi, tu n'as pas encore compris qu'elle divague ici ? Je t'expliquerai.

(...) elle divague... j'ai bien entendu ? divague... pour moi qui parle  flou, c'est le bon mot. Tu vois, Cerveau, quand tu veux, toi aussi tu arrives à jouer avec les mots.

Yeux ; mais non, Elle, vous ne voyez flou que de près. C'est à cause de l'âge. Mais avec vos yeux de rechange on voit drôlement bien !
Cerveau ; à l'attention de tous les organes ! Elle écrit en ce moment. Juste des lettres tracées pour faire joli. Comme une récréation. Ce sont des images, mais dans sa tête uniquement, là où ce n'est plus de l'anatomie mais des pensées qui n'ont aucune utilité. Arrêtez de croire qu'elle parle de vous.
Conscience ; incroyable ! L'inutilité des pensées... et c'est ça qu'on laisse gouverner les corps !
Cerveau ; parce que tu crois que sans moi, ou plutôt qu'avec toi... le corps tiendrait debout ? Je suis 24 heures sur 24 attentif à tous les signaux pour que toi, Conscience de mes deux, tu puisses jouer à penser. Tu veux bien me dire à quoi tu sers ? Franchement, hein ! Trouve une seule chose indispensable ! Une seule !
Conscience ; relis Descartes, pauvre inculte. Je pense, donc je suis. Toi tu es, et  grâce à moi. Qui te donne la faculté de raisonner si ce n'est n'est la conscience de toi ?
Cerveau ; alors là, permets moi de bien rire ! Le premier tableur Excel de base appelle ça une "référence circulaire"...
Ego ; oui mais là, enfin, moi je suis quand même là...
Conscience ; oui, certes, mais tu es un état de moi, juste. La conscience d'Elle quand elle dit je.
Ego ; et voilà, ça recommence, on ne fait rien qu'à me dénigrer. J'existe ! Je veux exister !
Elle ; ça suffit ! Je voulais écrire, moi. Juste écrire, avec mes métaphores coutumières. Jouer avec le mot Nerf pour parler d'un air lancinant, qui vrille tout de sa douleur exquise, qui perfore la paix, qui... Bon, j'arrête. Je suis bien incapable d'écrire quoique ce soit aujourd'hui. Tout le monde se tait ! Je n'en peux plus de cette bande d'égotistes qui me constitue.
Conscience
; "référence circulaire"... tsss... Alors Cerveau, tu en penses quoi de cette note où elle dit qu'elle ne peut pas écrire ? Hein ? Enfin... si tu penses...


12 février 2008

Penche-toi, Ego

Bras ; le premier qui dit que c'est super le printemps, je...
Ego ; c'est super le printemps ! et maintenant tu fais quoi, grincheux ? Tu me gifles ? Hi hi, je voudrais bien voir ça ! "Penche-toi, Ego, que je te flanque une claque".
Bras ;  c'est sûr, je ne peux pas, mais je peux me mettre à gonfler, à devenir engourdi, à avoir besoin d'une attelle...
Cerveau ; mais enfin, ça ne va pas de dire des trucs pareils ? ça pénaliserait tout le monde, ça ! D'accord Elle y est allé un peu fort hier, mais quand même, il faut apprendre à supporter.
Mélanine ; et bien moi je le dis aussi. "C'est super le printemps ! " Alors arrêtez de faire les chochottes, je me sens toute chose avec le soleil... j'adore... pas comme quand elle nous enferme dans son grille-pain...
Bras ; on voit que ce n'est pas toi qui a dû tenir le taille-haie. Madame Mélanine jouait à remonter en surface, à mettre du blush sur les pommettes... et nous, pendant ce temps (...)
Pommettes ; c'est vrai, ça, on est couleur brugnon ! Comme en juin, et pourtant c'est l'hiver il paraît ! Je te soutiens, Mélanine, on ne va pas laisser les grincheux nous gâcher le plaisir.
Peau ; vous êtes sacrément égoïstes, les filles, moi aussi je proteste. Je suis toute rayée de partout avec ce faux printemps. Regardez, regardez bien, les Mains, les avant-Bras, et là, hein ! là, juste sur le décolleté. Tout plein d'estafilades. C'est hor-ri-ble. Elle ne fait vraiment pas attention à nous.
Elle ; mais si, j'avais enfilé un haut qui couvrait bien toutes les zones, mais là... évidemment, quand on est en équilibre sur une échelle, avec ce foutu taille-haie à soulever, ça remonte.
Oreille interne : vous avez vu, Elle, j'ai drôlement assuré, pour l'équilibre, hein, pas vrai ?
Ego ; et voilà le fayot de service qui la ramène maintenant, j'aurai tout entendu, tout !
Elle ; tu as été parfaite, j'étais morte de trouille et je ne suis pas tombée une seule fois.
Cerveau ; oui, et il valait mieux, parce que ces engins électriques qui coupent les branches, je n'ose pas vous dire ce que ça fait sur une Main...
Mains ; mon dieu quelle horreur ! Nous étions malades de peur. Tétanisées sur la poignée.
Elle ; oh là là, que d'histoires vous faites ! Il y avait une double sécurité.
Cerveau ; oui, mais vous étiez à plat ventre sur le toit, la pointe des Pieds sur l'échelle, l'engin amputeur à bout de bras... Vous auriez eu du mal à lâcher quoi que ce soit, y compris la sécurité...
Mains ; je me sens mal, je crois que je vais m'évanouir...
Elle ; bon, je le reconnais, je n'étais pas très rassurée. D'ailleurs j'avais tout bien préparé. Le téléphone dans la poche, le dernier numéro composé à rappeler en un clic. Dans un flot de sang... bip bip bip... ne quittez pas, votre correspondant est en ligne... Bon, j'arrête, je sens que les Doigts blanchissent de peur. Écoutez, on a quand même réussi. C'est beau maintenant. Et qu'est-ce que ça sentait bon, ces petits bouts de sapinettes hachées !
Nez ; c'est vrai, je me suis régalé, tout plein de molécules rares, un vrai bonheur. Et même que j'ai fait de gros efforts pour ne pas éternuer, au cas où vous perdriez l'équilibre (...) 
Ego ; un fayot de plus, un... je n'y crois pas... si c'est le soleil de février qui leur fait ça...
Elle ; bon, on va fêter ça, d'accord ? Ce soir je vous passe de la bonne crème hydratante partout, un peu d'arnica sur les Bras avant, et double couche pour les Mains. Ego, je te ferai un gentil compliment rien que pour toi, parce que je te sens un peu jaloux, là...
Ego ; oooohhh, ben c'est que, quand même, il faut reconnaître que vous avez félicité tout le monde, mais moi...
Elle ; aller, penche toi que je te fasse une bise.
Ego ; mais je peux pas !
Bras ; bien fait pour toi, bien fait pour toi ! La la la la lè re !

12 décembre 2007

Grain de sable

Paupières : quelqu'un peut regarder si il n'y a pas une saleté ? ça me brûle quand je bouge.
Index droit : j'arrive ! c'est dans quel oeil qu'il faut que j'opère ?
Paupières : les deux. Et ne fais pas le guignol, soit dé-li-cat. D'ailleurs attrape les loupes et le miroir grossissant avant. Elle n'y voit rien de près, j'ai pas envie qu'Elle nous le fasse façon massacre à la tronçonneuse alors que nous sommes si fines et fragiles...
Yeux : je me demande si Index est bien propre ...
Index droit : j'allais me passer au savon avant, non mais ! Je suis pro-pre. Pas désinfecté, mais propre. Vous êtes toujours un peu gnognottes quand il s'agit de vous toucher, vous !
Yeux : dis-donc, tu te souviens de ce que qui s'était passé quand tu avais pris une aiguille, pour le kyste ?
Index et Pouce droits : nous avions parfaitement réussi l'ouverture du kyste, monsieur, parfaitement !
Yeux : oui, et vous aviez nettoyé comment, après ?
Index droit : j'y suis pour rien, moi ! C'est pas moi le chef...
Cerveau : je vous rassure, sur ce coup Elle n'avait rien demandé à personne, et surtout pas à Leucocytes. Les pauvres, ils étaient tout tourneboulés. Vous savez très bien qu'Elle m'en fait (...)
Elle : dites, les organes, ça vous dérangerait de vous occuper de Paupières et d'arrêter de palabrer sur moi ? Promis je passe la tête sous l'eau après, avec Yeux grand ouverts.
Yeux : Aïe aïe aïe, je déteste ça ! C'est comme si je recevais un coup de Karcher ! S'il vous plaît soyez délicate, juste un filet d'eau suffira...
Cerveau ; vous savez qu'il existe un produit qui s'appelle sérum physiologique ? En mini-dosettes stériles ?
Elle : et puis quoi encore, c'est juste de quoi engraisser les industries pharmaceutiques. Bon, je rajouterai un peu de sel dans l'eau avant de vous rincer, ça ira ? Je deviens drôlement gentille, vous avez intérêt à ne pas l'oublier et à vous tenir à carreaux. Sinon...
Yeux : sinon quoi ?
Elle : tu as oublié ? ça m'étonne...
Yeux : Non ! Pas comme avant-avant quand même ... noooon !!! 
Mémoire : je fouille dans le "avant-avant"... ça remonte à il y a 30 ans, non ?
Yeux : je m'en souviens comme si c'était hier, moi...
Mémoire : j'ai trouvé ! le jus de citron ! j'ai mal pour toi....
Elle : j'étais fauchée, j'avais un citron sous la main... vous pensez bien que je n'ai pas oublié l'épisode... à pleurer de rire ... ou à rire jaune...  Mais c'est fini tout ça ! De l'eau salée maintenant. A qui on dit "merci" ? à qui ?
Cerveau : à personne, c'est le B-A BA de prendre soin de votre corps.
Ego : ne fais pas ta forte tête Cerveau, et dis lui merci, elle a besoin d'être rassurée !
Elle : ah tiens, un revenant, Monsieur Ego sort de sa planque ! Tu dormais ?
Ego ; je sens que je vais hiberner, moi, comme ça personne ne me dira plus de méchancetés...
Paupières : heu... quelqu'un peut s'occuper de nous ?

05 octobre 2007

Un mal bénin

Oreille droite ; c'est moi qui lui faisais mal pourtant !
Oreille gauche ; et c'est moi qui étais malade en réalité. C'est rigolo quand même. Sauf pour moi. Et lui. Tu crois qu'ils vont recommencer ?
Oreille droite : à te charcuter ? Non, ma belle, ne te fais pas de souci, on est entre de bonnes mains.
Mains ; d'accord avec vous, les siennes sont vraiment de vrais outils de pro ! Pas comme nous... maladroit comme il est, il arrive même à rater un clou sur le mur ! 
Oreilles ; oui, tu penses bien qu'on parlait de celles du toubib, on le voit faire, lui.... Il est super, hein ? Et drôlement efficace. Un petit coup de scalpel et il a décanillé le truc.
Elle ; le "truc"... ce que j'appelle la cochonnerie... ou la saloperie, suivant mon humeur. Dites, je sais bien que vous n'êtes pas dans mon corps, mais dans le sien... et pourtant... c'est tout comme. J'ai la trouille au ventre.
Oreilles ; écoutez, La Mère, s'il a dit qu'un contrôle dans six mois suffisait, c'est qu'il a jugé avoir fait son boulot.
Tympan gauche ; oui, pour sûr, je suis amputé d'un bon morceau, mais débarrassé du truc, c'est confirmé. Heureusement qu'il y a les gouttes, ça me fait un bien fou !
Lui ; bon, vous savez que je n'aime pas qu'on parle de ma maladie. Surtout avec Elle. Hier elle a eu une plaque d'exéma quand je lui ai dit... Elle prend sur elle de ne plus m'accompagner aux visites... parce que j'ai 18 ans... mais bon, Elle va refaire une pelade, j'en suis sûr... c'est la deuxième fois cette année qu'il y a un problème... Déjà qu'elle se fait un sang d'encre (...)
Globules rouges ; on va très bien, on est en pleine forme, hé !
Cerveau ; c'est une image, cessez de tout prendre au premier degré. Vous vous souvenez, un de ses pseudo, avec l'encre... Bon allez, on n'en parle plus. C'est du passé.
Elle ; oui, un passé au plus-que-parfait. Pas comme cette saloperie de merde qui attaque son oreille (...)
Lui ; maman, arrête. Je vais bien, il a tout enlevé. Dans six mois je fais le contrôle. C'est parce que je n'ai pas fini ma croissance.
Cartilage ; c'est vrai ! On pousse, on pousse !
Elle ; je sais, fils, c'est ta maladie. Et tu la gères vraiment bien. Mais bon, c'est dur, tu sais, c'est dur. Et je déteste te voir souffrir.
Lui ; je n'ai pas mal, je te le jure. Le toubib a même été surpris, mais bon il a fait ça après avoir avoir anesthésié l'oreille quand même. Au fait, m'man, la tumeur, je croyais qu'elle était bénigne ? 
Elle ; pourquoi tu me demandes ça ?
Lui ;  le chirurgien a dit "ça y est, je l'ai eu ce choléstéatome malin".
Elle ; les mots... un simple mot... malin....Oui, un mal, ça c'est sûr...  La tumeur est bénigne. Il voulait dire malin, comme  un diable. Qui s'infiltre partout. Bref c'est une saloperie. Je crois que j'utilise le bon mot.... Tu as pensé à mettre tes gouttes ?
Lui ; je le savais bien que tu craquerais et que tu me poserais la question ! Mais oui !

05 septembre 2007

La configuration du mâle

Clitoris ; elle n'arrête pas de parler de moi, vous entendez ? J'adore, ça me titille de partout partout.
Cerveau ; et bien calme-toi, parce que ce n'est pas de toi qu'elle parle, mais de la fonction clitoridienne en général. Pour son débat de ce soir.
Clitoris ; vous chipotez, chef, elle n'a qu'un clitoris, c'est moi. Et si elle veut en parler, elle va bien être obligée de partir de son expérience ! Donc de moi, hé hé !
Neurones ; ah non, justement ! Elle a demandé qu'on mette tes connexions nerveuses au repos le (...)
Clitoris ; noooon ! elle n'a pas le droit ! Je veux vivre librement ma vie !
Neurones ; que le temps du débat, ne te fais donc pas de souci.
Clitoris ; ouf, vous m'avez fait une de ces peurs !
Yeux ; et bien, si tu as peur pour ça, heureusement que tu n'as pas lu ses recherches sur l'excision, mon chéri....
Clitoris ; brrrr, quelle horreur ! J'en ai entendu parler, c'est horrible. Tout ça parce que les hommes trouvaient que je ressemblais à un pénis. Une malformation, quoi.... Et c'est pour ça qu'on me coupait... brrr, j'en ai la chair de poule.... Je suis bien plus joli et sensible qu'un simple pénis ! Et presque aussi grand...
Réseau nerveux clitoridien ; c'est confirmé. 11 cm en moyenne. Très très sensibles. Pas comme eux... tout est concentré dans le gland, les pauvres....
Clitoris ; que j'aime quand on parle de moi, j'aime j'aime j'aime....
Cerveau ; tu vas pas devenir comme Ego et tout ramener à toi !
Ego ; mais enfin, c'est incroyable ça ! Même quand je ne dis rien il faut que vous fassiez des remarques désagréables sur moi ! Laissez-moi vivre ma vie tranquillement et occupez-vous de votre armée, Monsieur le Commandant Suprême. Jusqu'à nouvel ordre je n'ai rien à voir avec vous. Heureusement d'ailleurs...
Cerveau ; tout a à voir avec moi, pauvre stupide, tu aurais mieux fait d'écouter un peu mieux les leçons pendant notre constitution utérine, ça (...)
Elle ; dites vous allez arrêter, je n'arrive plus à me concentrer sur mon exposé. Le côté féminin passe encore, mais alors la partie mâle... je galère, je galère.... Bon, qui peut me dire si le sperme passe par l'urètre ou l'uretère ? Impossible de me souvenir.
Cerveau ; ben, c'est à dire que... le sperme... c'est pas dans notre configuration, hein !
Elle ; décidément vous êtes des dilettantes. Bon, Wikipédia me sera plus utile que vous. Je commence à me demander si je vais être capable de co-animer ce débat, moi. "L'orgasme, point d'orgue du plaisir ? "... quelle idée j'ai eu de lancer le thème en rigolant... J'aurais mieux fait de me taire. Et de me contenter de faire des travaux pratiques, c'est sûr.

16 août 2007

Ego se fait enguirlander

Elle : viens ici Ego, et ne joue pas au martyr s'il te plaît. Il  va falloir que tu assumes maintenant.
Ego ; oui, je vous écoute. Je dois assumer quoi ?
Elle ; cesse cette ridicule position de "pauvre petite victime" immédiatement. Tu n'es qu'un manipulateur en réalité.
Ego ; un manipulateur ? moi ?
Elle ; écoute moi bien, la brique (...)
Ego ; voilà, vous recommencez à me traiter comme un vulgaire un jouet, et je serais un Lego de quelle couleur aujourd'hui ?
Elle ; décidément tu es un faux-cul de première !
Cul ; ne me comparez pas à cette entité, Elle, c'est insupportable ! Je suis votre fondement (...)
Elle : la ferme ! Tout le monde se tait !
Cerveau aux Organes ;écoutez-moi tous, et surtout n'intervenez pas ! Il va y avoir des décharges d'adrénaline, tenez-vous sur vos gardes; et que tout le monde se taise par pitié.
Ego ; je peux savoir sur quoi vous vous basez pour tenir des propos pareils ?
Elle ; j'ai eu une sacré crise de larmes tout l'heure (...)
Yeux   ; oui et même que (...) pardon, je me tais  (...)
Elle ; (...) et j'ai fini par réaliser que c'est à cause de toi que je pleurniche sur mon sort. Tu n'es qu'un Ego démesuré, un qui se planque pour faire le petit mais qui a un orgueil énorme en réalité.
Ego ; ah bon ? Expliquez-moi, je dois être stupide, en plus.
Elle ; je t'explique, je t'explique. En fin de compte, je pleurais sur qui ? Sur moi, pour changer. Sur moi ? mais pas vraiment en réalité, je pleurais sur toi, oui ! "le pauvre petit Ego tout petit petit et que personne ne l'aime, et qu'il ne mérite pas qu'on s'occupe de lui" et bla et bla et bla...
Ego ; et alors, en quoi est-ce que je mens ?
Elle ; tu ne mens pas, tu te prends tout simplement pour le centre du monde. Il faudrait donc que nous (oui, toi et moi) soyons fabuleux pour que l'on doive nous aimer ? Imbécile ! On ne vaut pas plus que les autres. Pas la moindre raison valable de me flanquer de telles crises de larmes. Si tu jouais ton rôle tu laisserais ton orgueil de côté et tu verrais que nous sommes des milliers comme ça. Et que nous ne valons guère mieux que les autres.
Ego ; oui, mais moi je suis obligé de me cantonner à vous, Elle, c'est ma place. Les autres, ça ne me regarde pas....
Elle ; ta place ? Et bien justement, reste y à ta place. Et ne gonfle pas comme une grenouille qui se croit plus grosse qu'un boeuf, tout en prenant une voix de chochotte.
Ego ; vous pensez ce que vous voulez, après tout c'est vous la chef. Moi je pense qu'on est vraiment chouette et qu'on mériterait  (...)
Elle ; et voilà, ça recommence ! Mets là en veilleuse, je te le redis, parce que ça va mal aller pour toi. On n'est pas plus chouette que d'autres et on n'a rien à revendiquer. Si personne n'a envie de faire un bout de chemin avec nous ça devrait au contraire te faire réfléchir au lieu de pleurnicher comme si on était la huitième merveille du monde.
Tiens, pour le coup, tu vas aller réfléchir tout seul dans ton coin aux sept vraies merveilles du monde. Tu reviendras avec les lieux, les dates et leur histoire. Pas avant.
Ego ; mais je n'ai pas accès à Internet (...)
Elle ; et en silence !