Eau vive

Je vous avais écrit quelques mots... vous souvenez-vous ?

29 janvier 2010

Argile

Terre rouge, talc blanc
- mille-feuilles de sédiments -
Le temps m'engorge d'eau
- me noie -

Et me craquelle  dilate  façonne  sculpte moule cuit casse recolle broie, grave d'une pointe aiguë.
Je suis de glaise
-  moule du corps brûlant d'un amour trop étreint -
Mille-feuilles de sentiments gorgés d'heures humides.
Mon sexe, mes yeux.
Je suis de glaise.


17 septembre 2009

)

La lune
- virgule -
pupille de chat
silencieux

Au coin du ciel
- silence -
la lune
- soupir -


10 janvier 2008

La clé

Pas à vendre
pas à louer
pas à gérer

Pas à pas
... à ...
aimer
juste un peu
- pas trop -
- pas mal -

Pas à pas
... m'aimer ...
être à mes côtés
... mais ...
de loin, un peu
pas trop près

Pas à pas
te dis-je
... doucement ...
Je suis encore là
- derrière la porte -
tu es là
... et la clé...
aussi

28 novembre 2007

Rose, si rose

Avec tes toits fardés de poudre de riz glacée,
et ton le ciel maquillé de taffetas rose
tu es si belle, ma ville.
Ton fleuve soupire et se voile de brume froide
et sous le tapis glacé de feuilles endormies
ton canal se fige en tremblant sous le vent.
Tu me prends le coeur dans tes battements sourds
Tu me portes au loin,
sous ce dôme vert de gris où mon corps s'est écartelé pour donner la vie.
toulouse35

07 novembre 2007

Canal du Midi

Dans le glacis vert céladon
de tes eaux figées.
Dans l'ombre
tremblante de ton Autan
caressant les feuilles d'or.
Mes yeux, vitres dépolies par l'oubli,
mes yeux cherchent son ombre.

Il est midi dans ton nom,
il est minuit dans ma vie.
Et dans l'émail de tes reflets
ma douleur se fige.


26 septembre 2007

J'oublie

De heurts en silences, la porte s'est close,
et les lèvres blêmissent de mots poreux.
Sous les seins gonflés, voilés d'impudeur terne,
le désir se brise en écume molle.

J'oublie

D'espoirs en chuchotements, mes yeux se sont crevés.
et je poursuis, de galets en reflets de pierres de lune.
La voix diaphane verdit en rocailles,
bourgeons givrés de folies glaciales.

Et le désir, drapé de deuil, spirale froide et noire,
s'enfouit au sein d'une pensée amère.

J'oublie

20 septembre 2007

L'âme noire

L'enveloppe terne est là, scarifiée des traces anciennes. Et je suis nue. Mais l'écorchée qui s'apaisait de mots en baume n'entend plus qu'un silence épais. Je ne suis plus celle-là, aux soupirs chuintés, et elle me manque. J'aimais bien avoir mal de vivre, je crois que cela me maintenait vivante. Mais voilà, j'en ai perdu le sens. Une vie qui s'éteint en non-sens. Et la fumée douce s'évapore. J'ai peur, cela dure et perdure. Regarde mes plaies en crevasses.

Dépose moi sur le tapis,
mousse céladon

Je ne m'aime plus, et, quand je croise mon regard, je ne vois que l'étrangère. Pourquoi, dis-moi, pourquoi tournent-ils, lucioles folles, dans ma nuit ? Pourquoi allument-ils des étincelles grasses qui flottent dans leur iris ? Cela me révulse.

Frémis de ma voix rauque
- gravier -
étreins mon crâne
- doucement -
et brise le.

La broue a tatoué le fruit laiteux de mon âme et la coquille flotte le long du caniveau.

11 septembre 2007

Silences

Dans la boîte aux parois lisses
- le grain aigüe raye -
vaisseaux en zébrures rouges qui lacèrent le regard.

Et ce bruit
-
ce bruit qui cogne, cogne
-
cacophonie des mots
-
démons d'avant
-
avant le premier,
avant le dernier
mourants accrochés à la putréfaction de leurs chairs
choeurs chaotiques
oubliant la vie,
la vie si lisse et souple, si belle et douce, si pugnace et tenace, si proche et lointaine, la vie qui harcèle, la vie qui lacère
-
la vie vocifère
et se terre
au fond de la boîte
la boîte aux parois si lisses
si lisses
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29 juillet 2007

Tocsin

Sous les pins aux écorces craquantes
- qui s'en balancent -
sous le drap du ciel pastel
- aux quatre coins, bien tiré -
Sous le vent si léger que le sable en frémit à peine
...

Je compte
....
Inlassablement, infiniment.
Grain après grain, ermite repliée au fond d'elle-même.
Inlassablement, infiniment.
...
Dans l'effluve salée, parfumée de sève chaude,
perlant des troncs basculés
Dans les éclats de bulles grasses de l'écume,

Je compte.
...
Inlassablement, infiniment.
Les heures imprévisibles de l'oubli
les jours évaporés.
Sur ma main dépliée
les doigts
5 jours
5 nuits
étrange tocsin du temps en impair
- et passe -

Le cri de la foule dans le silence capital.
Pouce qui s'abaisse et me vrille dans l'arène de ton iris.
Demain je serai l'absente
- au poing serré -
Demain.
Laisse-moi hurler.

19 juillet 2007

Rouille

La lame émoussée cisaillait les silences en chuintements feutrés.

Les jours, les heures
tocsin lancinant
- -
- -
Bronze  qui vibre,
des minutes,
des secondes,
égrenées,
une à une.

Le temps en
bruissements spongieux,
en éclats de calcaire sec

Les lichens éparpillés décollaient leurs squames par delà le temps.

Décompte, recompte
qu'y peux-tu ?
les ciseaux rouillés déchirent
les dentelles
fines et belles

Inexorablement