10 septembre 2009
Animale
J'aime ton corps animal et ta salive au goût de moi. J'aime enlacer ta nudité et entendre crépiter nos peaux frottées de désir.
J'aime tes poils.
Ils t'habillent d'un manteau où l'odeur de son corps reste secrètement. J'y enfouis mon visage et redeviens cet animal sauvage muselé partout ailleurs. Je te sniffe, te renifle, te respire pour ne rien oublier de ton parfum salé. J'aime tes poils aux couleurs qui se cendrent. J'aime les tourbillons que j'y dessine avec ma salive. J'aime ta peau qui parfois se dévoile, blanche et lisse, bordée de mousse douce.
J'aime ton sexe de soie rose.
Quand ma langue s'y dépose en écharpe, que mes doigts se glissent au creux de tes poils chauds et odorants... c'est à chaque fois ouvrir un cadeau secret sous son papier de soie.
J'aime tes odeurs, tes aisselles brûlantes, ton ventre moelleux.
J'aime tes genoux aux creux poplité qui battent doucement dans ma bouche.
J'aime tes mains et lécher leurs cals rugueux, savourer la peau transparente entre tes doigts à l'abandon.
J'aime ta bouche au palais arrondi et tes dents coupantes que je frôle. J'aime le filet de salive que je bois et glisser ma langue aux commissures humides de tes lèvres.
J'aime que tu me rendes animale en ta compagnie.
30 novembre 2008
Le pêcheur
De ses doigts harpons
dans les eaux chaudes et salées
le pêcheur fouillait la grotte secrète.
De ses doigts hameçon, déchirant le secret tissé de silences émus
en ondes troublées, l'écume emporta des écailles qui se ternissaient.
Tu ne seras jamais l'hôte de ma grotte chaude, pêcheur, tes mains en prémices, ne furent qu'un hameçon qui cherchait à m'empaler comme poisson à éventrer.
Il allait m'écouter quand je te disais ne pas aimer le poisson... peut-être te serais-tu fait pêcheur de papillon ?
15 juillet 2008
Brisure de verre
se rêve
(...)
en cristal dépoli
Mais les rêves sont éphémères, en bulles de savon irisées qui éclatent et s'évaporent à l'aube. Et le verre tranche les chairs faibles. Je suis celle qui ne sera jamais trop fragile dans les songes d'amants versatiles. Ombre de leur sexe arrogant, je fuis dans un éclat scintillant de sueur.
J'ai appris le feu qui me fond et la bouche qui souffle en mon âme la béance apaisante.
J'ai appris le coffret de velours épais où déposer ma fragilité. La clé gît au creux de mes nuits où nul ne m'entend murmurer au travers de persiennes étranges aux cils recourbés.
Amante en verre Duralex, je ne dévoile mon chant de cristal qu'aux souffleurs d'âme.
05 mars 2008
Pardon Serge...
Bien sûr, j'ai d'autres aventures
Et d'autres servitudes
Et d'autres que toi sont venus
Le sexe et les mains nus
Bien sûr !
Bien sûr j'ai oublié leur nom
Et lavé leurs affronts
Mais partagé leurs frissons.
{Refrain:}
Mais d'épisodes en aventures
De cul en cul, d’orgasmes en bref
Jamais encore, mon con le jure
Je n'ai pu aimer leurs corps…
De ces amants et même aimants
De sexe en sexe, de langue en bouche
Je n'ai pu vider ma mémoire
Je ne crois plus en rien
Bien sûr, de moi à moi, je mens
Depuis j'ai dit : " casse toi "
Et d'autres épris sont venus
Casser leurs dents sur ma nuque
Bien sûr !
Bien sûr pour trouver le repos
J'ai pourléché leur peau
Et ils ont même cru que….
{Refrain:}
Mais d'épisodes en aventures
De cul en cul, d’orgasmes en bref
Jamais encore, mon con le jure
Je n'ai pu aimer leurs corps…
De ces amants et même aimants
De sexe en sexe, de langue en bouche
Je n'ai pu vider ma mémoire
Je ne crois plus en rien.
Bien sûr, j'ai joué de leurs larmes
Et camouflé mes armes
Du bonjour au j’me casse
Toujours pour rien, toujours par jeu
Bien sûr !
Bien sûr, que je m’en veux
De ces mots dits pour toi seul
Bordel je t’aimais.
02 mars 2008
Panée
J'ai cédé à l'attrait vermillon de désirs crus.
J'ai concédé à mon instinct l'odeur veloutée de pêche de vigne.
J'ai subi le choc de ses mains effleurant la charpente de mes épaules. Dessinant ma taille de ses paumes, creusant le creux de mes reins d'un simple doigt impatient.
Et j'ai respiré si fort qu'une montgolfière a poussé entre dans mes poumons.
Mon sexe a battu la cadence en silence, d'un désir palpitant au creux de mes chairs gonflées.
J'attends.
Le corps tendu à tout rompre, faisant vaciller ces digues qui ont dix mille ans. Bâties à la sueur de mes plaisirs disparus, moellons alignés au niveau à bulle de tant de désirs factices.
J'attends.
Avec pour compagnie le chant des oiseaux à l'aube vraie, une heure avant celle que les cristaux digitaux affichent stupidement. Et mon sexe avide d'être empli de plaisir se joue de fuir. Pour mieux jouir.
Son odeur et ses mains auraient donc suffi ? Lui, banal amateur de chair fraîche, et moi, acide amère qui se fait rouler dans la farine par deux mains expertes. Pile. Face. Je suis panée. Pour une vieille de dix mille ans le paradoxe me plaît.
04 janvier 2008
Extr'aime-moi
J'ai le corps concassé
de caresses trépassées,
et le sexe taillé à la hache.
Les hanches sculptées
de désirs que l'on cache.
Les sens tourneboulés
et le corps chamboulé.
Mon coeur, où es-tu ?
Chapeau pointu
turlututu
J'ai la taille enserrée
de mains empressées
et le ventre palpitant
de désirs d'amants.
Quel est ce parfum de soufre
extrême ?
21 décembre 2007
"Féminitude"
À 20 ans, c'était (...)
l'amour libre.
Libre dans le regard du Premier Homme, libre dans ces désirs qui ne se muselaient jamais... Et la pudeur qui n'avait pas encore tissé son voile imperceptible, et les nuits qui n'étaient jamais trop courtes.
Mais, à 20 ans, il me manquait... l'érotisme.
À 30 ans, c'était (...)
l'amour paisible.
Celui qui construit des vies, des murs, sous un toit de tendresse et de respect. Et le temps qui passe, auprès de l'Homme Aimé, qui permet de connaître le chemin du plaisir qui sera au rendez-vous, c'est presque certain, avec lui.
Mais, à 30 ans, il me manquait... l'impudeur.
À 40 ans, c'était (...)
l'amour ? plus jamais !
Et la féminité qui s'oublia dans la séparation, le rôle de mère qui absorba les désirs conscients d'être aussi et toujours une femme. Le temps passait. Peu à peu l'homme, cet inconnu, put grapiller le fruit qui mûrissait doucement.
Mais, à 40 ans, il me manquait... la plénitude.
À 50 ans, c'est (...)
l'amour amant, l'amour aimant
Et enfin, sans plus jamais laisser le désir d'enfant brouiller la carte des désirs, enfin redécouvrir de jouir libre, tellement libre, avec un homme, cet inconnu familier, cet inconnu apprivoisé.
Trente ans ont passé... pour vivre le corps à corps impudique, le coeur à coeur sensuel, le désir érotique, le plaisir libéré.
Trente ans pour que ma féminitude exalte la plénitude de mes désirs de femme.
...Merci à toi de ce livre offert
...merci pour ses annotations précieuses...
10 décembre 2007
Abandon
J'ai laissé mon corps flotter à la dérive de ta peau,
et mes remords s'y sont dissouts.
- tempo lancinant, battements irradiants, vivre, vivre et te désirer -
Et tes mains ont poli mes aspérités coupables.
Et ta bouche a volé le goût de ma honte.
Un amour décomposé et les mots d'Aragon
Un amour en terreau des sens interdits.
Mon désir qui se consume et la violence de tes mains qui me fouillent et creusent mon ventre.
Attends, attends-moi, et je te dépouillerai de ces silences qui t'oppressent,
je boirai ta honte jusqu'à la lie et attacherai ma peau à tes reins.
- mes courbes à tes hanches -
Attends-moi, nous jouirons de nos bouches emmêlées, de nos désirs superposés.
Mille-plaisirs, un à un, à goûter de ta langue.
Quand tu saisiras mes poignets pour me lier à tes mains impatientes
- enfin -
tu me prendras
toute entière abandonnée.
05 décembre 2007
Lune froide
26 novembre 2007
Un parfum de Madeleine
L'homme parlait. Ou plutôt s'agissait-il du discours ambitieux du responsable syndical et associatif, au charisme ambigu, qui semait autour de lui ses analyses impétueuses.
Et ses mains sur les courbes de la femme abandonnée.
Elle souriait, savourait les instants sereins, se contentant de grignoter de petits espaces de silences entre deux pressions de ses paumes chaudes. Elle l'écoutait, basculée dans l'immense fauteuil de cuir, prête à l'abandon du sommeil. Et elle avait soupiré.
Il avait alors glissé sa tête sur son ventre.
L'homme s'était tu.
Elle avait froncé les sourcils, attentive à la respiration qui s'était oppressée. Et avait senti la minuscule larme glisser sur sa taille, malgré son geste rapide pour l'essuyer.
La femme prit doucement sa tête dans ses mains, déposa ses lèvres sur le front plissé. Et sourit de le voir, enfin, ne plus dire, mais se dire.
Au détour d'un amour déchiré, au parfum d'un bonheur enfui...
L'homme avait retrouvé le goût de l'abandon, bercé des battements d'un coeur qui palpitait, au creux du renflement moelleux du ventre de la femme. Il tentait d'étouffer ses sanglots enfantins.
Sa bouche souriait et ses yeux rougis s'accrochaient à elle.
Il posa ses lèvres sur les siennes, déposa sa langue au creux de sa bouche et l'aima...
