21 octobre 2009
Un bonheur à l'envers
Je le sais bien, qu'il est radin. C'est mon chef, et il a ce travers - qui s'accentue - c'est vrai. Vous pestez de me voir amener une poche de croissants chauds, qu'il dévore avec cette concupiscence étrange du double bonheur de la gourmandise et de la gratuité.
Mon chef a un oursin dans la poche. C'est rigolo et tellement étrange ! Je continuerai à sacrifier quelques euros, pour embaumer parfois nos cafés de viennoiseries. Que voulez-vous, je sais combien il gagne, et combien sa femme gagne... Mon salaire est multiplié par quatre. Ou même par cinq.
Mais moi je n'ai pas mal de quelques euros dépensés en échange d'un café gourmand. C'est lui qui connaît cette étrange jouissance de ne pas donner. De se sentir riche sans aucun soupçon de culpabilité.
Chef à moi vole les sachets de sucre dans les bistrots. Depuis que je n'achète plus son kilo de sucre il est fier de remplir ses poches de ces petits tubes laissés sur une table. J'ai un peu honte, alors, mais il rit quand les autres se moquent avec mépris de lui.
Mon chef a chaud de sa main enfouie loin de la monnaie au fond de sa poche.
Il a chaud de ne rien offrir.
Comme un bonheur à l'envers.
30 septembre 2009
Générale d'opérette
Si j'étais vraiment raisonnable...
Ils sont tous là,
rangés si bêtement dans leur champ tiré au cordeau où se déroule une drôle de guerre.
Si j'étais vraiment responsable...
Je les prendrais à revers, eux qui se sont figés en rangées stupides si bien ordonnées.
Puis je les ferais parler.
Je les ficellerais sur un axe et les triturerais, les torturerais jusqu'à l'exsangue.
Je suis payée pour cela.
C'est mon métier, de les faire avouer.
Mais moi, je vois la misère et la violence tout autour d'eux, eux qui sont perdus dans un monde qui n'est pas le leur. Soldats de plomb dans une guerre qui n'est pas la leur, pas la mienne.
Je ne suis pas raisonnable, ni responsable...
Alors je joue avec eux, tant qu'ils ne savent rien de leur destin.
Je les dessine en
belles courbes à double axe, en pyramides inutiles, en diagrammes colorés qui parlent en couleurs de ce monde que je n'aime pas...
Ce monde de chiffres où je suis générale d'opérette.
29 août 2009
Anti-smack
Non, je ne me souviens pas vraiment quelles toilettes j'ai utilisées... Ni dans quels bureaux j'ai mis les pieds. Mais je suis ravie qu'en comité de direction exceptionnel une de mes qualités relationnelle ait été mise en avant et transmise à l'ensemble du personnel. C'est connu, je déteste embrasser les gens ; je dis "bonjour", cela me suffit... "Ne faites plus la bise pour saluer vos collègues" précise le mail...
J'ai LA grippe.
Branle-bas de combat. Bureau fermé pour une semaine, opération de décontamination... Et confinement pour moi. Symptôme atypique, j'ai l'oreille gauche rouge. Le téléphone, seul moyen de communication... Et trois recettes de décoctions diverses pour venir à bout de ma toux.
C'est bien la première fois que l'on parle autant de moi au boulot....
"Non.... si ! Elle a LA grippe... mon dieu mais elle a du contaminer tout le monde. Oh là là, vite, il faut faire des provisions, acheter des pâtes, de l'huile... au cas où...."
Quand je vais revenir je suppute une certaine distance avec mes collègues et un regard noir du chef cuistot à la cantine....
Faut-il que j'ai un vaporisateur d'eau de Javel pour rassurer la populace ?
De toute façon vous n'y échapperez pas... Son seul problème, à cette foutue grippe... c'est d'être plus contagieuse que les autres !
Bon, moi, cet hiver, je serai tranquille !
En attendant je confis dans mon confinement. Plus que quatre jours...
25 janvier 2008
Allergie gaussienne
J'ai tout bien lu. Et bien retenu cette sentence sur le dernier bouquin de Pennac :
"Statistiquement tout s'explique
Personnellement tout se complique"
A qui le dites-vous, cher Daniel ! Punaisé sur la porte de mon bureau. Voilà comment vous avez fini. Enfin, pas vous, vos mots.
La direction avec un grand D fait semblant de ne rien voir. Comme si j'étais une gamine à qui on tolère quelques jeux pipi-caca-boudin, pour éviter qu'elle ne parte avec un baluchon sur le dos et un certificat d'arrêt de travail pour cause de crise de scepticisme aigu. Ils tolèrent. Moi je me serais déjà fâchée, mais bon, ça doit être à cause de cette tendance à la fâcherie que je ne fais pas partie du staff. Entre autres. Parce que le politiquement correct, ça me... comment dire ? Comme un eczéma. Démangeaisons, prurit, frénésie. Ça m'irrite.
Et les stats, en ce moment, j'y suis allergique. Tenez, même ce brave Chateaubriand, dans ces mémoires d'outre-tombe (p'tain, j'adore ce titre) il parle de "nébuleux sophismes statistico-politico-moraux". Je suis sûre que ça le rendait malade lui aussi. D'abord de quoi est-il mort ? Hein ? Quelqu'un le sait ?
Ceci dit, c'est quand même un peu ennuyeux de saturer des stats, parce que j'en mange tous les jours. Du petit-déjeuner au café de fin d'après-midi. Et là... pff... allergie croisée avec du poliquement correct... ça a été monstrueux. Gonflement du visage avec rougeurs diffuses, voix éraillée, tremblements des doigts. J'ai cru que j'allais y passer. Puis ça m'a passé. Avec du chocolat. Et des cigarettes. En fin de compte je nourris mes doutes existentiels de cochonneries. Et ça marche. Je m'apaise. Digérées les stats, en deux coups de cacao. Et trois nuages de fumée.
Le seul truc, c'est que je n'ai plus envie d'aller bosser.
Donc je conge.
Donc je grêve.
Statistiquement ça s'explique. Le taux de ras-le-bol-ite est le rapport entre les heures vaquées rapportées aux heures travaillées, multiplié par 100.
Mais là où ça se complique, c'est que je frise le 20 % et, personnellement, je ne rêve que de 50 %. Et plus si affinités.
15 novembre 2007
Le germe de la fronde
Victoire ! J'ai enfin trouvé l'arme choc pour convaincre la direction de me laisser quitter ce poste que j'occupe depuis trois ans [trois ans, c'est long parfois, comme 30 minutes chez le dentiste, c'est très très long !]. Parce que...
Je ne veux plus d'équipe.
Je suis un mauvais chef d'équipe.
Je hais manager une équipe.
Les problème existentiels de mon équipe me gonflent.
Je sature de devoir faire comme ci avec diplomatie.
Le comme ça me convient davantage.
Plus d'équipe, merde !
Une seule échappatoire m'était apparue, au début ; saboter le boulot pour faire plonger les indicateurs dans un tsunami dévastateur. Il faudrait bien ça en réalité pour les faire bouger. Mais ils m'ont rétorqué que je n'avais pas assez mauvais esprit pour le faire. Soit, ils n'ont pas tort. Mais quand même... je pourrais, si je voulais...
Et puis j'ai pensé tomber malade pour de vrai. Mais le stress ne me fait perdre que quelques touffes de cheveux. Avec pistes d'atterrisage pour mouches hélicoptées sur mon crâne. Comme tracées au compas. Du plus bel effet... et cette foutue pelade ne pénalisait que moi. Eux se moquent comme de leur dernière râpe à fromage que j'ai la tête en trou de gruyère, du moment que les neurones s'activent.
Mes plaques d'eczéma ne les contrarièrent pas outre mesure, puisque je n'avais pas trépigné pour obtenir un grattoir à multi vitesses.
Bref je ne savais plus comment sortir de cette foutue impasse d'équipe à gérer.
Le travail, ça va... sauf qu'il y a quatre individus dont je dois réguler le débit de production afin de m'abreuver au mieux. Ru, torrent ou rivière, voire goutte à goutte, je ne sais pas réguler, et m'épuise à ouvrir ou fermer des vannes qui m'opposent une résistance tranquille. Merde de merde. Je veux juste des chiffres, moi ! Pas lutter pour les obtenir. [PS ; s'il y a un coach qui se sent d'humeur à me répondre, qu'il s'abstienne. La solution préconisée par un de ses collègue est tout aussi insupportable que la situation actuelle. Je n'ai jamais contrôlé le travail de mes 4 enfants, ce n'est pas pour le faire aujourd'hui avec 4 adultes].
Et voilà que j'ai trouvé ! Il suffit que ce soit eux qui ne veulent plus de moi ! Évident, non ?
Alors j'ai semé la mauvaise graine....
Les évaluations... après tout, c'est strictement individuel, une évaluation. J'y ai donc rajouté leurs résultats chiffrés. C'est bien le seul avantage de ce boulot, je peux chiffrer très exactement leur production individuelle. Fini de ne parler que du résultat du groupe... Un par un... Et là... ils rigolent moins. Avant c'était tranquille. On atteignait tous ensemble l'objectif, ou on le ratait tous ensemble. Fini. Lui ? à -20 points. Elle ? à +14 points.
Le germe de la fronde est semé.
Avec un peu de chance ils vont tous demander à partir. Et là le choix va être rapide à faire pour la direction. C'est moi, ou quatre personnes à remplacer !
Elle est pas belle la vie ?
Vive la manipulation ! [ je suis immonde et je m'en fous ].
18 octobre 2007
La vérité, toute la vérité
Bien, inutile de s'étendre en politesses, si vous avez souhaité me recevoir - à 14heures 15 très précisément - c'est pour parler de mon souhait de libérer mon poste actuel. Oui oui, je sais, c'est la seconde fois que je fais cette démarche. Qui dit "seconde" pré-suppose donc qu'il n'y en aura pas de troisième... Nous connaissons tous cette subtilité de langage dans notre métier ! Bien, donc voilà, je suis toute à vous !
Pourquoi je veux quitter ce poste que je n'occupe que depuis trois ans ? Alors que ma rigoureuse administration a décidé que je devais encore le tenir pour deux autres années ? "Durée optimum", j'aime beaucoup ce terme.
Je vois que vous n'avez pas été dupes ! Vous n'êtes pas au comité de direction pour rien, je vous le concède, et vous avez bien compris que c'est uniquement dans un souci de respecter un langage politiquement correct que j'ai inscrit sur le document, en lettres majuscules "Je souhaite un poste dans lequel je n'aurai plus d'équipe à gérer".
Bien bien, vous insistez donc connaître mes motivations réelles ?
Voici donc la vérité, toute la vérité.
Mon horoscope a été on ne peut plus clair.
Si je reste à ce poste je vais connaître sept ans de misère sexuelle.
C'était écrit noir sur blanc.
Je peux envisager de former mon successeur quand ?
22 août 2007
Retour sans détour
J'ai tout préparé ;
. la tenue de pluie
. la clé USB
. les impôts à photocopier
. le paquet de biscuit
. la tasse décapée
. Les bâtons d'engrais pour plantes rachitiques
Tout est là, bien rangé, dans la sacoche du vélo. Départ à 7 heures, pointage 15 minutes après.
La réponse est toute prête.
- Mes vacances ? formidables ! Merci, je suis parfaitement reposée.
J'ai aussi révisé la prière à faire pour éviter qu'ils ne veuillent me raconter les leurs. Je m'en fous de leur voyage, de leur famille, je m'en fous de leur météo, je m'en fous de tout. Je suis l'autiste du boulot, le seul problème étant qu'ils ne le savent pas.
Je gravirai les escaliers deux à deux
- Oui, j'ai toujours la forme, merci. Mais oui, c'est certain, un jour je ferai comme vous, je prendrai l'ascenseur.
Je m'arrêterai au premier, pour prendre les foutus listings qui m'attendent. Avant je respirerai longuement, silencieusement. Je passerai devant son bureau. Vide. Ne tournerai pas la tête, ne courberai pas la nuque. Non.
Et j'irai dans mon bureau, désactiver le message d'absence, écouter les messages sur le répondeur. Regarder mon écran où a été effacé le "dossier personnel" avant de partir. Le nettoyage a été parfait. Aucune trace, surtout aucune trace de lui. Sauf ce vide qui me donnera un uppercut au coeur. Le vide ? une trace ? Allons, esprit rationnel, ressaisis- toi, ce n'est que du rien. Rien.
L'autre réponse est apprise par coeur.
Au cas où un crétin, une crétine, ne puisse s'en empêcher ;
-Tu vas faire comment, pour le café, maintenant qu'il est parti ?
- Je me suis mise au chocolat.
Voilà. Point barre. Sans pleurer, sans avoir la voix qui s'enroue. Sans bavure.
Et la vie continuera.
La gomme ! J'ai oublié la gomme ! Qui a une gomme ? une spéciale, un douce, une vraie, une qui effacerait mon chagrin tatoué ?
S'il vous plaît, une gomme.
Pour demain.
J'ai peur.
J'ai mal.
09 juillet 2007
Monsieur le chef du personnel,
je vous remercie d'avoir bien voulu m'accorder cinq minutes de votre précieux temps. Il est vrai que c'est la troisième fois en peu de temps que vous assistez à mes échanges officiels, par voie hiérarchique, avec copie à qui de droit et bla et bla et bla. Sur des sujets qui me fâchent.
Hélas, mes mails sont de plus en plus concis, en une prose teintée d'un humour potache, bref mes correspondances sont de plus en plus... cinglantes. Et changent du fameux politiquement correct qui est de mise dans notre administration.
Pourquoi m'avoir demandé si le temps béni de mes vacances approchait ? Avez-vous peur que je n'explose, telle une cocotte-minute dégueulant sur votre moquette mes tableaux de variables, mes fax hors d'usage et ma calculette nouvellement fournie ?
Avouez le, Monsieur le chef du personnel et de ce matériel qui n'est pas qu'humain, je vous fais rire. Moi aussi, je vous le confirme. Le duel que nous nous livrons devient morceau d'anthologie. Et j'y ai déjà gagné un fax flambant neuf.
Aujourd'hui, j'ai déposé - soulevant au passage un nuage de feuillets- avec un de ces gestes brusques qui caractérisent mon humeur quand elle se chiffre en kilo-bar, j'ai donc jeté déposé sur votre bureau ma calculette, communément appelée "l'objet du délit". Celle qui m'a été fournie en remplacement de feu la précédente (paix à son âme).
Un bon kilo, non ? Et presque un format A4. Tellement pratique quand j'ai le téléphone coincé sous l'oreille, un document litigieux sous les yeux, un crayon dans la main, et la foutue calculette à gauche (ben oui, la prise est à gauche). Là, c'est une question de souplesse, mais j'y arrive.
Quant au fait qu'elle ne soit pas portative....mon équipe va adorer ce que vous me préconisez ! Vos conseils sont précieux, Monsieur le chef du personnel. Bien sûr ! dirait Maigret, il suffit que je leur fasse ouvrir la magique calculette informatique de Windows, suis-je bête ! et de m'assoir à leur clavier. Ils vont aimer, j'en suis sûre. Attendre debout que j'ai fini, ça va leur délasser les jambes. C'est tellement plus simple qu'une calculette, tellement. Et puis j'imprimerai aussi la page écran où il y a des chiffres litigieux, parce que la merveilleuse calculette informatique, elle n'aime pas rester collée à une page-écran. Mais bien sûr je peux cliquer 15 fois dessus, dans la barre des tâches... C'est tellement plus simple qu'une calculette normale, tellement...
Je l'ai bien remarqué, votre bouche s'est ouverte au même moment que vos yeux s'écarquillaient devant mon antique nouveau matériel. Je pense que vous n'aviez pas bien compris avant de la voir..... Non, vous avez résisté à la tentation de fou rire. Moi, j'ai bien ri quand on me l'a donnée, mon antiquité.
- Regardez, elle a 30 ans, et elle marche ! Si si, elle marche ! Je la branche... Vous avez bien une prise de libre? Écoutez le joli bruit ! C'est le moteur qui entraînait - à l'époque où il y en avait - le petit rouleau de papier où les opérations successives s'affichaient. Écoutez encore ! Grrrrrrrr ! À chaque touche appuyée. Grrrrrrr. J'arrête ? Soit.
Cessez donc de contenir votre rire, je ne suis pas sur la scène d'un cabaret. Oui, je sais, c'est votre prédécesseur qui a voté les budgets. Oui, je sais, une calculette nor-ma-le a déjà été refusée à deux autres personnes. Mais moi, je vous donne 15 jours. Avant de lancer un mail à diffusion générale.
Avec un joli montage photo... de moi, votre dévouée responsable d'un job où je passe des journées à manier des chiffres (ça a son importance, merde), en robe chinoise, un boulier à la main, à mon bureau .
Je vous assure que je le fais.
C'est drôle, j'ai cru comprendre que vous me croyez.
Vous m'avez promis de chercher dans vos tiroirs, chez vous. Comme vous l'entendez. Mais je veux des piles neuves dedans. Vous êtes prévenu. Je refuse d'investir 10 € pour bosser dans des conditions normales. Même 1€ d'ailleurs.
28 juin 2007
J'suis pas un bon chef
Vous ne les lisez donc pas, mes mails appliqués à ne vous donner pourtant que l'essentiel ? Les notes expurgées du superflu sont encore trop touffues ? Vous estimez que devoir écrire des phrases en bon français, sans fautes d'orthographe, est trop vous demander ? Et que je veuille les corriger vous est offensant ? Vous naviguez sur les sites de voyages sans jamais planter votre ordi, et la météo est dans vos raccourcis. Mais vous ignorez tout de la dernière consigne que je vous ai transmise. Vous avez supprimé mon message, noyé dans les listes de blagues dont vous raffolez.
Je suis fatiguée de vous materner, vous absoudre, vous couvrir, vous (...) sacrément fatiguée.
Épuisée que vous puissiez trouver pénible d'apprendre à utiliser un fichier Excel en suivant un mode d'emploi détaillé pas à pas. Usée de vos plaintes sempiternelles pour une imprimante qui coince, de vos oublis de vous lever le matin alors qu'un formateur vient expressément pour vous. Lasse de ces erreurs d'étourderie redondantes qui me donnent deux heures de travail pour les récupérer. Et votre mine d'enfant contrit n'y change rien. Vous n'êtes plus un enfant. Je n'ai aucun moyen de vous punir, juste l'envie de vous dire - mais de me taire - que vous avez un salaire versé en contrepartie d'un travail que vous êtes censé faire. Ras le bol de tout cela. De vos certitudes que vous êtes inamovible, indéboulonnable. Moi aussi je le suis. Mais, quitte à travailler, je le fais au mieux. Je ne vous en demande pas tant, même moins. Mais au moins, ne soyez pas retranché dans votre affreux statut de fonctionnaire caricatural. Vous gérer me devient insupportable parfois.
Vous voulez que je vous dise ce que je pense de votre poste au travail ? Vous creusez le trou dans lequel on le glissera quand l'heure de votre retraite aura sonné. Comment osez-vous vous offusquer de ces mesures et dénier votre propre responsabilité ?
Je veux un poste à la photocopieuse.
Et plus d'équipe.
13 juin 2007
"Cocotte-minute"
ou
"Quand la pression monte"
Je fanfaronne, pétarade, exulte, vocifère, pétille.
Le cortex en transe, l'humeur ras la frange en pétard, le poignet vif sur la poignée des gaz, la bouche plus rapide que la prudence, les pensées en rond-point explosif.
Faut qu'ça saigne.
Tout à l'heure, convoquée par la Direction (poil au menton)
je maintiens mes positions (tion-tion)
Grande gueule certes, et jusqu'au bout.
Je refuse l'aumône de leur prime, c'est tout le monde ou personne.
Mon équipe, c'est à cinq qu'elle est au complet.
Point.
Tant pis pour eux si c'est compliqué
de me la retirer.
Jusqu'au boutiste je suis.
Et
et je n'ai pas voté pour lui.
Arbeit macht mir nicht frei.*
Quelqu'un a un bouchon anti-ébullition ? Une soupape pour humeur hargneuse ?
* le travail ne me rend pas libre,
Pour ne pas oublier que notre président a osé utiliser la phrase gravée sur les portes des camps de concentration
"Arbeit macht frei", "le travail rend libre".
Merde alors !