Eau vive

Je vous avais écrit quelques mots... vous souvenez-vous ?

05 octobre 2009

Fardée

Mes doigts maquillaient l'outrage des chagrins d'une palette de mots choisis.
Penser, s'arrêter, dormir, rêver.
Et réaliser que je n'ai aucun plaisir à travestir en bulle irisée une histoire terne. Elle me pèse, comme ont pesé toutes ces aventures où j'ai entrebâillé les persiennes de mes espoirs. Ne voyant que le soleil, la chaleur exquise, la joie en éclats. Le merveilleux qui se conjugue à deux.
Je ne voulais voir que le beau, le chaud qui coule et brûle les peurs dans un grand feu de joie.
La petite voix qui parle en moi m'aide souvent à partir avant. Avant de me briser pour de vrai. Je devance l'inévitable, pressentant l'impasse.  En partant, de crainte de me tromper, j'offre quelques mots, comme une clé, que l'autre peut décider d'utiliser pour me retrouver. Mais la clé n'a pas servi.
La petite voix ne se trompait pas.
Alors j'ai ouvert grand les yeux, arraché ce voile opaque qui maquillait le vrai, brûlant ma rétine aux vapeurs d'un bonheur qui s'évaporait, tenté de comprendre quelle erreur me faisait désirer celui qui ne vibrait que de ma peau à caresser.
Ma peau.
Je hais ma peau velours, ma peau de soie, ma peau qu'un amant de passage avait proposé de découper en échantillons à tester pour que jamais je ne sois seule. Je hais mon apparence encore belle,  mes enfants responsables, mon jardin de curé, mon travail raisonnable.
Je hais cette image de femme fardée, moi qui ne voudrais que me délaver des outrages des amours défuntes.
Et vivre à en crever, sans crever de vivre.

Pour commenter la note

On est là, on pousse, on tire, on crie, on est enfermés, on voudrait bien sortir de la prison qu'on s'est construit.

Commenté par Rebert le 06 octobre 2009 à 16:37

c'est ici...